Bart Steukers (Agoria) : « La hausse des coûts de l'énergie se poursuit pour les entreprises »

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Bart Steukers
Publié le 15/03/22
Grâce à une limitation de la hausse des coûts salariaux d’ici la fin de l’année, les entreprises belges ne profiteront que de manière limitée de l’impact positif de la réduction des factures énergétiques . C'est ce que déclare Bart Steukers, CEO de la fédération technologique Agoria, alors que le gouvernement fédéral vient de présenter son accord sur les prix de l'énergie.

« Parallèlement à l’économie annuelle de 300 euros pour une famille moyenne, des mesures doivent maintenant également être mises en place rapidement pour les entreprises. Ces deux volets ne sont pas séparés, l'un n'exclut pas l'autre, et on ne peut pas parler d'intérêts contradictoires, car le consommateur est généralement aussi un travailleur. Les emplois ne peuvent être créés et préservés que si la rentabilité et la compétitivité des entreprises sont assurées. Ainsi, la Belgique doit participer activement à l'élaboration du cadre temporaire européen pour les aides d'État face à la crise, tandis que la concertation prévue autour de la loi de 96 doit être engagée. »

Cadre temporaire européen pour les aides d'État face à la crise 

Bart Steukers : « Je suis satisfait que les entreprises affectées par la guerre en Ukraine puissent bénéficier d'une prolongation du chômage temporaire jusqu'au 30 juin. À court terme, l'augmentation considérable des coûts de production des entreprises technologiques belges ne semble pas près de s'atténuer. C'est pourquoi je demande aux responsables politiques belges de contribuer à l'élaboration du Cadre temporaire européen pour les aides d'État face à la crise et d'examiner la façon dont il est possible de soutenir au maximum les PME et les grandes entreprises belges face aux coûts supplémentaires qu'elles doivent supporter en raison de la hausse exceptionnelle des prix du gaz et de l'électricité. Les lignes directrices claires que l'Europe élabore à cet égard devraient pouvoir renforcer les conditions de concurrence avec nos pays voisins. »

Handicap salarial : une concertation s'impose autour de la loi de 96

Bart Steukers affirme que les mesures annoncées visent à sauvegarder le pouvoir d'achat des consommateurs et estime qu'elles n'auront qu'un effet limité sur l'indexation automatique des salaires de 0,7 % maximum, ou de 0,9 % si le chèque énergie pour le mazout est inclus dans l'index comme le demande Agoria. Cela alors que les coûts supplémentaires pour une entreprise lambda grimpent en flèche en raison de l'impact de la crise ukrainienne, de l'augmentation des prix de l'énergie, de la hausse du prix des matériaux et de l'inflation croissante. Il s'agit là d'une combinaison de facteurs inédite qui, selon Agoria, pèse encore davantage sur la résilience des entreprises.

« Aujourd’hui, nous assistons déjà clairement à un dérapage des coûts salariaux en raison des énormes indexations. En outre, il est plus que probable que ce dérapage soit tel qu'il ne sera pas possible de la corriger en renonçant à une augmentation réelle des salaires en 2023-2024. En application de la loi relative à la promotion de l'emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité, mieux connue sous le nom de loi de 96, nous demandons au gouvernement de ne pas attendre que la situation se détériore davantage, mais d'entamer immédiatement les concertations prévues pour rectifier le tir », conclut le CEO. 
 

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