Zenobē lève plus d'un milliard d'euros pour des systèmes de stockage sur batteries et l'électrification du secteur des transports

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Publié le 05/10/23
C’est en 1826 que naît Zénobe Gramme, l'inventeur de la dynamo. Plus tard, l'ingénieur belge s'installe en Angleterre, où il électrifie des phares pour la navigation maritime. Une aventure qui a finalement donné naissance en 2017 à Zenobē, qui électrifie non pas des phares mais le secteur des transports. Zenobē le fait avec des batteries (de seconde vie) - et grâce à un apport financier de plus d'un milliard d'euros.

Qui et quoi ?

 

Zenobē, entreprise britannique à l'origine, conçoit, finance, construit et exploite des systèmes de stockage sur batteries. Elle aide également les entreprises de transport à électrifier leur flotte. L’établissement belge a été créé à Saint-Nicolas fin 2021 et compte désormais sept collaborateurs. 

Pourquoi un bravo?

En septembre 2023, KKR et Infracapital ont investi respectivement 693 et 312 millions d'euros dans Zenobē. L'investissement permettra à Zenobē d'intensifier ses activités de stockage sur batteries et d'accélérer l'électrification du secteur des transports (bus/voitures de tourisme/camions/navires).

 

Spécialiste du stockage sur batteries à l'échelle du réseau   

En 2017, Steven Meersman, Nicholas Beatty et James Basden fondent Zenobē. « Nous voulions d'abord stocker de l'énergie renouvelable », explique Steven. « Le Royaume-Uni a été un pionnier dans la production d'énergie éolienne et solaire et constitue donc le point de départ idéal pour notre entreprise. Toutefois, la stabilité du réseau a posé problème : le nombre limité de connexions au réseau avec les pays voisins rend le partage de l'énergie difficile. Pour faire face aux pics de consommation du réseau, nous avons développé notre propre centrale électrique sur batteries. »

Comment ça marche ?  
Une centrale électrique sur batteries est un système de stockage à grande échelle qui sert de tampon pour le réseau électrique. Les batteries sont reliées entre elles et connectées au réseau. Lorsque l'énergie éolienne ou solaire est excédentaire, les batteries stockent cette énergie. En cas de manque d’électricité sur le réseau, elles réinjectent de l'énergie dans le réseau. 

Électrification du secteur des transports 

Lors  des premiers projets de financement, Steven et ses associés sont entrés en contact avec une compagnie de bus écossaise. Cette compagnie n’est finalement pas devenue un investisseur, mais c'est ainsi que Zenobē est entré en contact avec le secteur des transports. « L'électrification de ce secteur nous semblait tout sauf évidente », explique Steven. « Concrètement, un site où 15 camions électriques sont chargés consomme autant d'énergie que l'Empire State Building et ses plus de 100 étages. Le réseau électrique n'est pas équipé pour cela. Pour faire face au risque lié à la recharge, nous avons commencé à installer des batteries dans les bus et les camions. C'est ainsi que nous avons transposé notre expérience des projets de batteries à grande échelle au secteur des transports. »

Une batterie, une seconde vie et trois applications 

Les batteries des autobus et des camions électriques perdent environ 20 à 30 % de leur puissance au bout de quatre à sept ans. Steven : « Cette situation est problématique pour les véhicules : elle les empêche de parcourir le nombre maximum de kilomètres. Mais ce n’est pas pour autant que la batterie doit être mise au rebut.  Nous donnons donc une seconde vie aux batteries, en les maintenant en service pendant au moins 20 ans. C'est important parce que la réutilisation demeure bien meilleure que le recyclage

Nous donnons une seconde vie aux batteries : la réutilisation demeure bien meilleure que le recyclage.

Steven Meersman, co-fondateur de Zenobē

 

Les batteries de seconde vie, enveloppées dans des conteneurs maritimes, peuvent être déployées de trois manières différentes :

  1. Comme batteries dans une centrale électrique. 
  2. Sur place pour renforcer le réseau. La batterie sert alors de tampon. Cela a notamment permis d'alimenter le plateau de The Crown et de recharger les bus de transport du festival de Glastonbury. Zenobē et Zuidnatie ont également été les premiers en Belgique à tester  l'alimentation électrique à quai pour les bateaux maritimes.
  3. Dans des entreprises pour fournir de l'énergie renouvelable même la nuit. L'énergie autoproduite est stockée dans la batterie pendant la journée et peut être utilisée pour, par exemple, recharger les chariots élévateurs la nuit. 

 

Réduire le risque d'investissement grâce au modèle « as-a-Service »

L'électrification d'une flotte d'entreprise est coûteuse : un bus ou un camion électrique coûte facilement 2 à 3 fois plus que la variante diesel. Cela représente un risque d'investissement pour de nombreuses entreprises. Steven : « Avec notre modèle as-a-Service, nous déchargeons les entreprises de ce souci du début à la fin. Moyennant une redevance mensuelle, nous finançons et gérons des solutions de recharge, y compris l'achat de nouveaux véhicules et le remplacement des batteries. Au niveau mondial, nous soutenons déjà plus de 1.000 bus, camions et véhicules commerciaux électriques. »

Grâce à notre connaissance des batteries, à la seconde vie que nous leur donnons et à nos actionnaires, nous pouvons financer des véhicules électriques sur 10 à 16 ans.

Steven Meersman, co-fondateur de  Zenobē

 

Rendre l'électrification financièrement abordable 

Zenobē a déjà levé plus de 980 millions d'euros de financement par actions depuis sa création. Ce dernier investissement permettra à l'entreprise d'accélérer l'électrification de parcs automobiles et de maximiser l'utilisation des énergies renouvelables

L’année prochaine, l’accent sera mis en Belgique sur l’électrification des transports publics. L'entreprise souhaite également commercialiser quelques centaines de bus et placer des dizaines de batteries dans des centrales électriques ou sur site. En outre, Zenobē continue d'aider les entreprises de logistique à stocker l'énergie solaire et à électrifier leur flotte.

Les batteries peuvent avoir deux, trois ou même quatre vies. C’est ainsi que nous pourrons verdir d'autres secteurs à l'avenir.

Steven Meersman, co-fondateur de Zenobē

 

Verdir d’autres secteurs 

« Nos piles de seconde vie joueront également un rôle dans d'autres secteurs », souligne Steven. « Les batteries peuvent avoir deux, mais aussi trois ou même quatre vies. C'est ce qui rend l'investissement si important et pertinent : nous devons électrifier notre réseau de transport le plus rapidement possible, afin que les batteries puissent rendre d'autres secteurs plus écologiques dans quelques années. » 

En savoir plus sur cette entreprise ? Découvrez les projets en cours, les services et le réalisations de Zenobē.

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