L'entreprise membre AVR a récemment remporté le prix ICT/Digital Project of the Year de Datanews dans la catégorie des plus petits projets. Nous avons eu l'occasion de nous entretenir avec Koen Uyttenhove, IoT Manager chez AVR, sur la nature exacte de ce projet.


AVR est un acteur international dans le secteur agricole. L'entreprise a de nombreuses années d'expérience dans la construction d'arracheuses et de planteuses de pommes de terre et de matériel de manutention. Comme tous les secteurs, celui de l'agriculture est confronté à des défis pouvant être relevés grâce à la numérisation. AVR mise beaucoup sur celle-ci pour pouvoir apporter une valeur ajoutée à ses clients (fournisseurs, distributeurs et entrepreneurs).  

Koen Uyttenhove est IOT Manager chez AVR. Il s'agit d'une nouvelle fonction au sein de l'entreprise, consistant à lancer et encadrer des projets dans le domaine de l'agriculture (et des machines agricoles) intelligente(s) et basés sur des données issues de machines et de capteurs.

Pourriez-vous nous expliquer en quoi consiste précisément AVR Connect ?

AVR Connect est en fait la dénomination commune utilisée pour désigner toutes les applications numériques dans lesquelles nous utilisons des données issues de nos machines sur le terrain. Il s'agit d'une plateforme logicielle dans laquelle nous visualisons des données provenant de toutes sortes de capteurs présents sur les machines AVR. À partir de ces données, nous constituons des informations nous permettant d'aider nos clients.

Les données relatives à la récolte sont par exemple collectées et affichées sur une carte détaillée afin que le cultivateur puisse connaître très précisément les rendements sur son terrain. Il peut ensuite utiliser cette carte pour fertiliser ou pulvériser davantage à l'avenir.

Toutes sortes de données relatives à la machine, comme la puissance et la consommation du moteur, sont également enregistrées. Ces données en disent long sur les conditions de travail et peuvent aider les distributeurs lors de l'examen de la machine ou les cultivateurs lors de l'analyse d'un problème.

Par ailleurs, la machine est constamment suivie par GPS, ce qui s'avère très utile pour la gestion de la flotte et permet aux entrepreneurs d'établir plus précisément leurs factures.

Il existe encore de nombreuses autres possibilités, mais ces exemples illustrent déjà bien ce que nous faisons. Ces applications sont très utiles en soi, mais c'est surtout leur combinaison qui apporte une énorme plus-value.

Nous souhaitons en outre partager ces données, qui sont la propriété du cultivateur, avec d'autres acteurs de la chaîne afin d'améliorer certains processus.

Ces fonctionnalités sont-elles déjà proposées dans l'équipement standard de vos machines ?

Actuellement, ces applications sont encore en phase de test chez un certain nombre de clients d'AVR. Elles sont installées sur les machines de quelques cultivateurs afin que nous puissions encore acquérir de l'expérience et vérifier si elles peuvent répondre à nos attentes. Nous souhaitons également impliquer les clients dans le futur développement d'AVR CONNECT.

Les premières réactions sont en tout cas très positives et nous sommes impatients de mettre cela en production et de développer d'autres choses encore.

De quelle manière tout cela crée-t-il de la valeur ajoutée ?

L'intérêt de ces applications est qu'elles apportent de la valeur à différents niveaux. Les cultivateurs peuvent optimiser leur rendement et réduire leurs coûts car ils sont en mesure de fertiliser et de pulvériser de manière très ciblée. Grâce à la disponibilité des données de la machine, les distributeurs peuvent quant à eux optimiser leur service et solutionner très rapidement un éventuel problème. Pour nous, il est extrêmement utile d'analyser l'utilisation des machines afin de pouvoir détecter rapidement les défauts et d'améliorer encore le développement de nos produits à l'avenir.

Quelles ont été les principales difficultés liées au développement de ce projet ?

Le plus difficile a été de transposer le tout du laboratoire de test au champ. Dans un laboratoire, tout fonctionne dans un environnement propre et contrôlé, mais lorsque nous passons à une machine sur le terrain, de nombreux problèmes se posent. Les cultivateurs travaillent de toute façon dans des conditions humides et boueuses, mais les machines sont également exposées aux intempéries. Les systèmes que nous développons doivent donc être suffisamment robustes pour résister eux aussi aux conditions les plus difficiles.

Par ailleurs, les cultivateurs sont toujours partagés quant à l'utilisation de données. Certaines entreprises les ont déjà exploitées dans le passé. Nous voulons faire comprendre aux producteurs que les données qu'ils génèrent ont une certaine valeur pour les autres acteurs de la chaîne des pommes de terre. Cette valeur doit leur revenir d'une manière ou d'une autre. Dans ce cadre, nous entreprenons des actions par le biais d'une communication claire, mais cette sensibilisation nécessitera encore un peu de temps.

Pourquoi pensez-vous que le prix vous a été décerné ?

Notre projet réunit deux mondes qui, directement, n'ont pas grand-chose en commun. Lorsque vous pensez à des pommes de terre, les TIC et le cloud ne sont pas la première chose qui vous vient à l'esprit.

Notre projet rapproche le monde numérique de l'agriculture, ce qui sera indispensable à l'avenir pour que le secteur reste concurrentiel par rapport à d'autres pays et puisse dans le même temps subvenir à nos propres besoins. Je pense que c'est cela qui a convaincu le jury. L'agriculture (et certainement la culture des pommes de terre) demeure très importante en Belgique. Historiquement, il s'agit d'un domaine dans lequel nous disposons d'une grande expertise et d'un secteur que nous devons conserver et continuer à développer.

Dans le cadre de ce projet, les derniers développements du monde de l'IOT (communication, cloud, edge computing) sont utilisés.