2016 : encore une année difficile pour les machines agricoles | Agoria

2016 : encore une année difficile pour les machines agricoles

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Publié le 12/10/16 par Nathalie Nicolas

Après la baisse enregistrée en 2015, les ventes devraient poursuivre leur recul en 2016

L’industrie européenne du machinisme agricole traverse à nouveau une année difficile. Après avoir reculé l’an dernier, de nombreux marchés européens ont enregistré une nouvelle baisse durant les six premiers mois de 2016.  

La grande majorité des marchés du réseau CEMA (Belgique, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni) ont fait face à une diminution des ventes de machines agricoles au cours du premier semestre de 2016. L’on s’attend à présent à ce que les marchés poursuivent leur repli durant le second semestre, allant jusqu’à -9%, comme en Allemagne. L’Espagne fait office d’exception notable puisque le marché espagnol devrait afficher une croissance de 9,5% en 2016. Le marché français se porte plutôt bien également jusqu’ici (+7%), mais l’on s’attend à ce que la situation se gâte au cours du second semestre, avec un déclin de 2%.

Cette tendance à la baisse se précise pour tous les principaux types de machines, à l’exception des pulvérisateurs.

Pour l’ensemble des pays européens, les ventes de tracteurs ont reculé de 5,5% au premier semestre de 2016 par rapport à la première moitié de 2015. Ce recul s’explique par une baisse de la demande de tracteurs de 50 à 250 chevaux. Les principaux acheteurs de tracteurs de cette puissance sont les agriculteurs, lesquels se trouvent actuellement dans une situation précaire en raison du faible prix des productions agricoles et du lait. Ces difficultés pourraient en outre s’accentuer étant donné les résultats mitigés des récoltes de blé dans de nombreux pays européens et l’offre mondiale toujours abondante. Pour les tracteurs de moins de 50 chevaux, la demande reste stable, tandis que la demande de tracteurs plus puissants enregistre même une augmentation.

La France (+16.1%), l’Espagne (+10.7%) et la Belgique (+5%) sont les trois seuls pays du CEMA qui enregistrent jusqu’ici une hausse de la demande. L’Autriche (-3.8%), le Danemark (-10.3%), l’Allemagne (-9.7%), l’Italie (-4.4%), les Pays-Bas (-7.7%) et le Royaume-Uni (-8.5%), ont quant à eux connu une baisse des ventes durant les premiers mois de 2016. Les experts économiques du CEMA s’attendent à ce que les ventes totales de tracteurs au sein des pays susmentionnés reculent d’environ 3,3% sur l’ensemble de l’année 2016.

Pour ce qui est des autres types de machines, le marché de la moissonneuse-batteuse est en baisse dans l’ensemble des pays du CEMA, enregistrant une diminution globale de 8,3%. C’est en Belgique que ce recul est le moins marqué, avec -4%. À l’opposé, les Pays-Bas connaissent la plus forte baisse, soit -28%. Du côté des récolteuses-hacheuses, l’on s’attend à un repli de la demande globale de 12% en 2016. Les marchés belge et espagnol sont les seuls qui devraient enregistrer une augmentation des ventes, tandis que les autres marchés devraient connaître un déclin de 10 à 20%.

L’on observe également un recul de 8,6% sur le marché européen de la faucheuse. Cette tendance vaut pour la plupart des marchés et atteint même les -14% en Allemagne. La France et l’Italie, où le marché demeure stable, font figure d’exception, de même que l’Espagne qui enregistre même une progression des ventes de faucheuses. Le marché de la ramasseuse-presse recule lui aussi de 8,6%. Hormis l’Espagne, où le marché reste stable, l’ensemble des marchés ont décliné, avec des taux atteignant les -16,7% en Italie.

Le seul marché qui devrait afficher une certaine stabilité est celui des pulvérisateurs. Une fois encore, le marché espagnol est le seul à connaître une augmentation en Europe. Les autres marchés restent, au mieux, stables.

Le climat d’affaires actuel se reflète également dans le Baromètre mensuel du CEMA 

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, qui a atteint un niveau historiquement bas au mois d’août (voir image ci-dessous). Les prévisions sont certes plus favorables, mais l’on part d’un niveau historiquement très bas. La grande majorité des participants à l’enquête s’attendent à une baisse de leur chiffre d’affaires sur de nombreux marchés européens importants. L’Allemagne, la Pologne et l’Autriche occupent toujours le bas du classement. Le Royaume-Uni s’est quelque peu redressé après le choc initial causé par le Brexit et semble à présent se stabiliser juste au-dessus de ces pays. Le marché français a quant à lui fortement chuté, atteignant à présent le faible niveau de ces pays. La situation pourrait en outre se prolonger dans la mesure où les besoins en investissements du point de vue de l’utilisateur final sont aujourd’hui estimés à un niveau aussi faible que celui de l’Allemagne. Le marché italien connaît lui aussi un équilibre précaire et un faible niveau de confiance.

Le seul pays à sortir la tête hors de l’eau est l’Espagne. Là-bas, les bons résultats des récoltes ainsi que les prix favorables des porcs et des cultures spéciales semblent compenser le contexte politique incertain, faisant de l’Espagne le seul marché sur lequel la majorité des participants à l’enquête s’attendent à une progression de leur chiffre d’affaires. Le maintien de la tendance à la hausse au sein des pays de la CEI et la reprise en Roumanie s’annoncent également durables, d’autant que ces marchés sont de nouveau considérés comme étant ceux qui présentent les besoins en investissements les plus élevés.

En tant qu’enquête mensuelle adressée à l’ensemble de l’industrie européenne du machinisme agricole et couvrant les principales catégories de produits, le Baromètre du CEMA offre un aperçu fidèle du climat d’affaires, reposant sur le sentiment actuel dominant sur les marchés et l’évolution attendue du chiffre d’affaires au cours des 6 prochains mois.

Agoria est membre du CEMA.

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