Éric Lepine : les 7 travaux du CECE | Agoria

Éric Lepine : les 7 travaux du CECE

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Publié le 15/10/15 par Nathalie Nicolas

En décembre, le mandat d’Éric Lepine (Caterpillar) en tant que président du CECE Committee for European Construction Equipment (www.cece.eu) –

touchera à sa fin. Pas facile de résumer en quelques lignes deux ans de travail pour défendre les intérêts du secteur au niveau européen et mondial. Éric Lepine fait tout de même pour nous un bilan des dossiers qu’il a traités durant ces deux années mais aussi des défis majeurs qui se présentent au secteur.

La priorité en termes de développement ? Les nouvelles technologies…

« Nous n’avons pas d’autre choix que de prendre le train de la numérisation. C’était d’ailleurs le thème du congrès "Smart regulations for smart machines" qui a eu lieu à Bruxelles le 24 septembre. Depuis une dizaine d’années, les entreprises ont beaucoup investi dans la gestion de la problématique des émissions (voir plus bas). Aujourd’hui, elles peuvent à nouveau investir dans l’amélioration de leurs produits à la satisfaction des clients, et cela passera par les nouvelles technologies : par exemple avec le développement de machines connectées, qui peuvent interagir entre elles et fournir des informations aux opérateurs, ou de véhicules hybrides et électriques. »

… et le retour à la croissance

« Actuellement, il faut redresser au plus vite les marchés qui vont moins bien, comme la France, et entretenir ceux qui vont mieux, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays scandinaves. Les marchés du sud (Italie, Espagne) reprennent après une longue période de dépression. Hors Europe, à part l’Amérique du Nord, les marchés sont en récession ou en croissance très réduite pour diverses raisons (prix du pétrole, prix des minerais d’extraction…). Cette situation crée une surcapacité au niveau mondial. Le secteur suit aussi de près le Plan d'investissement pour l'Europe (Plan Juncker) qui devrait stimuler les investissements, notamment dans le secteur de la construction. »

Le "gros" dossier : la réglementation sur les émissions des moteurs diesel

« Une directive sur la régulation des émissions des véhicules diesel est en cours de révision et va passer au Conseil d’ici la fin de l’année. Le CECE a énormément travaillé pour faire entendre la voix du secteur. Nous souhaitons, d’une part, l’allongement de la période de transition pour la mise aux normes des machines et, d’autre part, une provision acceptable pour les moteurs de remplacement. Après avoir investi, pendant 10 ans, près de 80 % de leur budget R&D pour pouvoir livrer les premières machines conformes en 2019/20, les entreprises vont à nouveau investir dans le développement de produits. »

Avec Éric Lepine, le CECE a augmenté sa capacité de lobbying et de communication, ce qui a conduit à une meilleure visibilité pour le secteur au niveau européen et pour les questions sur lesquelles CECE travaille. « La collaboration avec Agoria – dont Caterpillar est une entreprise membre et la position géographique de la fédération, proche des instances européennes, a constitué un élément-clé dans ce travail. 

Favoriser l’harmonisation des réglementations

« Comme corollaire, l’harmonisation des réglementations avec les autres continents hautement régulés est un autre défi majeur pour nos entreprises. Une législation complétement harmonisée au niveau sécurité, bruit, émissions, visibilité… coûterait moins cher aux fabricants et réglerait les problèmes liés à la surveillance du marché. »

Y compris pour la sécurité routière

« Le secteur plaide également pour une harmonisation européenne des règles relatives à la circulation de nos machines sur les routes. C’est une charge non négligeable pour les fabricants, mais aussi pour les utilisateurs, d’adapter et faire homologuer chaque type de véhicule (hauteur des phares, rétroviseurs, freins…), en particulier pour les machines sur pneus qui sont justement faites pour voyager sans devoir être chargées sur un camion. »

Mettre en place une surveillance des marchés réellement efficace

« Sur certains marchés (Afrique, Moyen-Orient…), les machines sont nettement moins régulées, et fabriquées à moindre coût. Pour nos membres, la surveillance des marchés est donc un élément-clé. C’est un problème d’autant plus complexe que le marché de la seconde main de nos produits est très développé. »

« Le contrôle des frontières étant difficile à mettre en œuvre, le CECE et Agoria ont décidé de prendre les choses en main en fournissant aux services douaniers des outils pratiques et faciles à utiliser. Les experts du CECE ont réalisé des brochures reprenant les principaux points de contrôle, et ce pour différents types de machines. Agoria a ensuite été très active pour sensibiliser toute la chaîne concernée : importateurs, distributeurs, autorités belges, assureurs, etc. C’est un bel exemple de collaboration entre un comité européen et une fédération nationale. »

Favoriser le libre-échange

« Un autre grand thème du CECE : promouvoir le libre-échange et favoriser une concurrence loyale. En tant qu’organisation regroupant des entreprises internationales, nous sommes opposés aux protections de marchés. Nous soutenons donc le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TIPP). En effet, nos marchés étant mondiaux, plus nous pourrons accéder facilement aux marchés étrangers, plus les normes et les réglementations seront harmonisées, plus nous pourrons bénéficier d’économies d’échelle. »

Agoria suit les principaux dossiers européens qui concernent ses secteurs. La fédération est membre d’une cinquantaine de comités industriels européens dont le rôle est de représenter et défendre les positions des différents secteurs auprès des instances européennes. Grâce à ce réseau, la fédération a ainsi une bonne vue sur l’élaboration de la réglementation européenne, et ce dès les premières discussions.

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