Agoria concernant le péage urbain à Bruxelles : « La facture économique sans doute plus lourde que le bénéfice » | Agoria

Agoria concernant le péage urbain à Bruxelles : « La facture économique sans doute plus lourde que le bénéfice »

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Publié le 04/12/20 par René Konings
Agoria attire l’attention sur la facture économique et sociale que représentera un éventuel péage bruxellois pour les entreprises bruxelloises. Agoria est favorable à une taxe kilométrique intelligente budgétairement neutre, mais appliquée à l’ensemble du territoire. « Les barrières de péage mettent en péril les entreprises bruxelloises qui occupent des travailleurs provenant des trois régions », explique René Konings, responsable d'Agoria Bruxelles. « Ce péage va en effet accroître les coûts pour les employeurs bruxellois et vont rendre les emplois dans la capitale moins attractifs. Nous risquons ainsi de faire fuire des entreprises de Bruxelles.»

Agoria demande dès lors au gouvernement bruxellois de peser correctement les coûts et avantages et de tenir compte des entreprises bruxelloises dans la structure tarifaire. La Fédération reste favorable à une taxe kilométrique intelligente qui tienne compte du lieu et du moment du déplacement et qui soit introduite d’une manière budgétairement neutre dans toutes les régions en remplacement des taxes de circulation existantes.

 

Un système de péage bruxellois sera compensé pour les habitants de cette région par la suppression de la taxe régionale de circulation, mais ceci ne s’appliquera pas aux Flamands et aux Wallons qui viennent travailler à Bruxelles. « Un tel système entraînerait donc des traitements fiscaux différents pour les travailleurs des entreprises bruxelloises. Les travailleurs qui verront leur facture augmenter tenteront de récupérer cette augmentation auprès de leur employeur bruxellois, ce qui entraînera un désavantage fiscal par rapport aux entreprises situées en Flandre et en Wallonie. Ce péage peut également dissuader les talents d’autres régions d’envisager d’occuper un poste dans une entreprise bruxelloise. L’employeur bruxellois devra donc étudier les options qui se présentent à lui et envisager une délocalisation, » souligne René Konings. 

René Konings attire également l’attention sur le fait que les clients et fournisseurs des différentes régions sont imbriqués les uns dans les autres. Si les déplacements entre les régions deviennent plus onéreux, il ne vaudra plus la peine de faire de tels déplacements pour de nombreux citoyens et entrepreneurs. Bruxelles risque donc d’être coupée de son hinterland économique. « La facture économique et sociale des délocalisations ou la rupture des réseaux logistiques risquent alors de peser plus lourd dans la balance que les recettes que pourra générer un péage bruxellois. » 

« Il est nécessaire que Bruxelles accorde son violon avec les autres régions et il convient d’éviter les différences de traitement fiscal trop importantes entre les habitants et entreprises de notre pays. La mobilité des personnes et marchandises ne s’arrête en effet pas aux frontières des régions. »

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