Pourquoi punir un bon élève ? | Agoria

Pourquoi punir un bon élève ?

Publié le 09/07/15 par Patrick Van den Bossche

Le rapport environnemental de la fédération de l'industrie technologique wallonne, récemment publié, indique que les entreprises poursuivent leurs efforts en matière de respect de l'environnement. Une situation qui se traduit par des émissions de polluants de nouveau à la baisse. Mais la marge de progression au cours des prochaines années est limitée, les frais allant de pair avec des réductions supplémentaires des émissions étant de plus en plus importants. Il devient donc encore plus primordial de mener une politique favorable à l'industrie et de tirer les bénéfices environnementaux là où ils peuvent être obtenus de manière économiquement rentable : dans le secteur des transports et directement auprès des ménages.

Les efforts consentis par l'industrie technologique doivent donner écho à une politique globale en matière d'environnement prévoyant d'importantes réductions de coûts. Malheureusement, on n'en trouve aucune trace sur le terrain.

Au contraire : la récente décision du Gouvernement wallon consistant à augmenter à très court terme les taxes sur la gestion des déchets (suppression du facteur 0,7) va dans le sens complètement opposé. L'impact financier sur les entreprises du secteur technologique est important. Tout cela pour un bénéfice très réduit pour l'environnement. À l'heure actuelle, la Wallonie figure pourtant dans le haut du classement européen en matière de recyclage et n'envoie que peu de déchets en CET.

A côté de cette mesure budgétaire, la Wallonie envisage également d'augmenter la fiscalité dans le domaine de l'eau. Le taux de l'unité de charge polluante a été augmenté de 45% et il est prévu l'introduction d'un nouveau facteur de taxation lié à l'écotoxicité, dont l'impact financier n'a pas été chiffré. Agoria ne cesse d'insister sur l'importance, pour nos entreprises, de retrouver une position concurrentielle sur le marché. La priorité devrait être de réduire les coûts de la politique environnementale globale !

D'un autre côté, la Commission européenne se penche à nouveau sur l'économie circulaire en menant actuellement une consultation sur ce thème afin de continuer à donner forme à son initiative en la matière. L'économie circulaire est synonyme de défis, mais aussi de nombreuses opportunités pour l'industrie technologique. Les entreprises peuvent en effet créer davantage de valeur ajoutée en intégrant les concepts novateurs de l'économie circulaire dans de nouveaux modèles d'entreprise et ce, tout en ayant un impact positif sur l'environnement. Les résultats du rapport environnemental montrent clairement que beaucoup d'entreprises technologiques prennent déjà des initiatives en ce sens. Voilà pourquoi Agoria participera à cette consultation et suivra ce thème de près afin de générer des opportunités pour l'industrie technologique. Notons que l'économie circulaire a aussi le vent en poupe au niveau fédéral et au sein de nos différentes régions. Malheureusement, cela contraste fortement avec l’augmentation des différentes taxes environnementales. Chose encore plus inadmissible : les normes imposées, encore plus strictes, compliquent souvent la réutilisation et le recyclage, allant parfois jusqu'à l'empêcher entièrement. Au vu de tout ceci, Agoria estime qu'il est urgent de mener une politique intégrée tenant compte des opportunités plutôt que d'appliquer une politique répressive accompagnée de taxes plus élevées.

Nous en arrivons à la conclusion que le très bon rapport environnemental de l'industrie technologique n'est manifestement pas récompensé. Les entreprises sont constamment mises sous pression, doivent faire face à des coûts environnementaux en hausse et répondre à des normes plus sévères, sans pour autant voir la moindre amélioration dans la réduction proposée pour l'ensemble de la facture environnementale. Le bénéfice pour l'environnement est d'ordinaire marginal. Et pour bien des entreprises, c'est une gifle par rapport à leurs progrès et à leurs excellents résultats au niveau européen. Selon Agoria, il faut mettre un terme à cette situation et infléchir le handicap salarial actuel pour répondre à la législation environnementale, taxes y compris. D'autant plus qu'à nos yeux, c'est tout à fait possible sans qu'il y ait la moindre répercussion négative sur l’environnement.

Le centre d'expertise Environnement

Pour consulter le bilan complet de la fédération de l’industrie technologique en Wallonie, cliquez ici.

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