Smart Cities : comment financer les projets et quel rôle les entreprises peuvent-elles jouer ? | Agoria

Smart Cities : comment financer les projets et quel rôle les entreprises peuvent-elles jouer ?

Publié le 05/02/14

Lors du récent Smart City Forum 2014 d’Agoria, outre les villes elles-mêmes (voir article apparenté), des représentants de l’Europe et du monde des entreprises ont également partagé de nombreux conseils et points de vue intéressants sur la transition vers la ville intelligente de demain.

"Le thème des Smart Cities figure en bonne place à l’agenda politique de l’UE", a souligné la députée européenne Kathleen Van Brempt : "Une transition est indispensable, car d’ici 2050, 400 millions de personnes vivant en Europe quitteront la campagne pour les villes. Alors qu’à peine 3 % de la population vivait en ville au début des années 1900, ce taux sera de 80 % en 2050. Les villes se doivent donc d’apporter des réponses aux défis engendrés par ces bouleversements démographiques. Elles doivent miser sur une utilisation efficace de l’espace et des énergies renouvelables, et prévoir des solutions technologiques pour la mobilité."

Comment financer les projets Smart City ?

Georg Houben (Commission européenne) et François Franssen (Belfius) ont expliqué les possibilités de financement pour la réalisation de tels projets.

François Franssen, Belfius : "Il y a de nombreux instruments disponibles pour financer les projets Smart City. Pour chaque projet, il convient d’examiner lequel est le plus approprié. Une possibilité typique consiste en la combinaison de subsides et d’une ou plusieurs formes de financement à long terme (emprunts, préfinancement, ESCO, leasing…)."

Georg Houben, Commission européenne : "Dans le cadre d’Horizon 2020, l’Europe prévoit un budget de 1.384,5 millions d’euros pour le subventionnement de projets dans le domaine des Smart Cities et de l’énergie. Une enveloppe de 50 milliards d’euros est par ailleurs prévue pour le développement urbain dans le cadre de la politique de cohésion, mettant notamment l’accent sur les énergies renouvelables dans un contexte urbain.

Nous partons du principe que la technologie est disponible et qu’il s’agit maintenant de l’intégrer, ce qui nécessite une collaboration optimale entre l’industrie et les villes. Il faut des réseaux au sein desquels des personnes ayant de l’expérience dans les concepts Smart City se réunissent et échangent leurs expériences. C’est pourquoi la Commission entend subsidier trois à quatre projets phares afin de tisser des liens entre les villes et de favoriser la réalisation de villes intelligentes, grâce à des projets intégrant énergie, transport et TIC."

Et le rôle de l’industrie ?

André Bouffioux, Siemens : "Une Smart City combine harmonieusement transports, énergie, gestion des déchets et confort de vie. Chaque solution étant inextricablement liée à l’autre. Par exemple : le réseau énergétique intelligent communiquera avec les bâtiments intelligents de la ville en inversement. L’interconnectivité de la solution est importante. Les TI doivent relier les différents éléments entre eux. L’expertise des intégrateurs est essentielle à cet égard."

Roger Kesteloot, De Lijn : "La multimodalité combinant tant le transport privé que public est une caractéristique d’une ville intelligente. Les correspondances entre ces différentes formes de transport s’y déroulent parfaitement. Beaucoup d’expériences sont en cours, comme la réalisation de lignes de tram express entre les villes, le déploiement d’une infrastructure intelligente, par exemple la recharge rapide des bus électriques, le métro automatique, le transport personnel rapide aux aéroports, etc. Les entreprises innovent aussi beaucoup dans le domaine des périphériques : Smart Card, planificateur de trajet et données en temps réel, dérangements inclus. Lorsque des contrats de licence sont conclus avec des organisations qui souhaitent utiliser les données ouvertes, il n’y a pas de problème pour ouvrir les données."

Peter Van den Heede, ABB : "Si la technologie permet beaucoup de choses, celles-ci doivent se faire en concertation avec les habitants et les pouvoirs publics. Mettre en avant des technologies en tant qu’entreprise, cela ne marche plus. D’autre part, il ne faut pas non plus que les autorités privilégient une technologie en particulier ; par exemple, pour la recharge rapide des bus électriques, diverses technologies sont en phase expérimentale. L’innovation ne porte ses fruits que lorsqu’on laisse jouer la concurrence."

Luc Toorens, 1Spatial : "La collaboration entre villes et entreprises permet à de belles applications de voir le jour. À Liège, par exemple, c’est parti du constat que les données brassées par le Département de l’Urbanisme couvrent presque toutes les thématiques gérées par la Ville. Et de là est née l’idée de créer une Cellule Cartographie qui puisse fédérer toutes ces données avec un système unique. Au moyen de ce portail cartographique, les agents ont directement accès aux informations générales ou particulières telles que les propriétés de la Ville, les circuits de nettoyage des voiries, un atlas des commerces, la localisation des permis d’urbanisme ou des permis de location, etc.

Regardez les photos !

Découvrez ici toutes les photos du Smart City Forum 2014. Lors de cet événement, la ville de Courtrai s’est vu décerner le Smart City Award d’Agoria et Belfius, pour son projet "Shop & Go" sélectionné par un jury indépendant.

Article apparenté

L’organisation du Smart City Forum 2014 a été possible grâce au soutien des partenaires suivants : 

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