Une relance du numérique plutôt qu'un énième livre blanc | Agoria

Une relance du numérique plutôt qu'un énième livre blanc

Publié le 07/05/14

Le 25 mai n’est pas une date butoir mais pour Elio Di Rupo, Kris Peeters, Bart De Wever, Charles Michel et tant d’autres, une opportunité de relance du numérique dans notre pays. Il n’est plus à démontrer l’impact important des technologies de l’information et de la communication (TIC) sur l’économie. De nombreuses études, dont celles de l’OCDE, établissent le lien positif entre les investissements dans les TIC et la productivité du travail. Et le dernier « Networked Readiness Index » publié par le Forum économique mondial plaçant la Belgique à la 27e place – soit dit en passant trois places de moins qu’en 2013 et cinq places de moins qu'en 2012 – décrivait à souhait le chemin encore à parcourir. Qui plus est, au niveau européen, l'économie numérique pourrait faire progresser le PIB d'au moins 4 % d'ici 2020. Et si on faisait du numérique une véritable priorité plutôt que l’énième livre blanc ?

Les TIC n’ont jusqu’à présent pas fait partie d’une réelle vision politique alors que les investissements dans ces technologies comptent pour 50 % de la croissance de la productivité dans notre économie. Rares sont les réalisations ambitieuses d’e-gouvernement. Les pouvoirs publics travaillent surtout à des améliorations et des adaptations de projets d’informatisation lancés préalablement. Même s’il est compréhensible que l’administration veille à faire des économies, ceci prend aujourd’hui largement le dessus sur le développement de nouveaux projets intelligents, durables et innovants. Il y a lieu d’investir de manière plus judicieuse tout en créant une plus-value pour une e-société reposant sur une utilisation efficace du numérique. Près de 100.000 employés du secteur TIC peuvent y contribuer. Inutile de réinventer la roue au sein des pouvoirs publics ou asbl TIC.

Mais l’impulsion vers une relance du numérique ne s’arrête pas là. Croissance et nouveaux emplois peuvent être créés grâce à une stratégie pour le développement de nouvelles technologies. Si le Conseil européen s’est livré à une déclaration en octobre 2013 pour reconnaître le caractère stratégique des technologies du cloud computing et du big data, il est temps de montrer l’exemple en réalisant au sein des autorités publiques des avancées significatives vers l’informatique en nuage et la gestion efficace des données.

D’autre part, il est important de soutenir les initiatives au travers d’une stimulation à l’innovation qui incitent les entreprises belges à intégrer les nouvelles technologies. Celles-ci doivent voir le jour sur des réseaux de télécommunication de nouvelle génération qui nécessiteront une collaboration entre tous les acteurs, opérateurs et pouvoirs publics. C’est le concours fructueux du politique qui permettra de développer de nouvelles branches d’activité et d’accroître la compétitivité belge.

Parallèlement, il reste un déficit structurel entre l’offre et la demande en personnel qualifié en TIC. Ainsi, plus de 11.000 postes vacants avaient été identifiés fin de l’année 2012. Il existe bien des tas d’initiatives communautaires et régionales qui tendent à promouvoir les professions TIC auprès des jeunes, mais elles apparaissent plus comme étant des projets pilotes qu’une grande offensive pour endiguer le manque d’experts digitaux. Il est temps d’intégrer dans les écoles l’apprentissage des nouvelles technologies non seulement au niveau de son usage, mais aussi du développement de son savoir.

Grâce aux TIC, une croissance améliorée et davantage d’emplois peuvent être réalisés. Les prochains gouvernements passeront-ils à côté de cette aubaine après le 25 mai ?

 

Baudouin Corlùy

Director Agoria ICT

 

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