La viabilité de vos partenaires commerciaux a-t-elle également un impact sur votre entreprise ? Comment se relèvent-ils de la crise actuelle ? | Agoria

La viabilité de vos partenaires commerciaux a-t-elle également un impact sur votre entreprise ? Comment se relèvent-ils de la crise actuelle ?

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Publié le 29/04/21 par William Schoofs
Une crise est toujours suivie d’une reprise ou relance. C’est ce qui se produit actuellement, suite à la crise du coronavirus. Mais en cette période d'incertitude et d'observations contradictoires, de nombreuses questions se posent quant à la viabilité, les liquidités et la solvabilité des entreprises belges. Nous vous faisons part de notre point de vue concernant certaines de ces questions.

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Agoria Financial Services publie une série de quatre articles sur la situation économique et ses conséquences pour les entreprises. Dans le premier article nous vous donnions un aperçu général de l'environnement économique actuel et des prévisions. Dans ce deuxième article, nous verrons comment la viabilité de votre entreprise et de vos partenaires commerciaux constitue un risque pour votre entreprise. Dans l’article suivant, nous examinerons de plus près la manière dont vous pouvez vous prémunir contre une vague imminente de problèmes de paiement des clients et un tsunami attendu de faillites. Le dernier article montrera que les investissements dans la digitalisation des processus financiers d'une entreprise constituent un atout dans les situations financières incertaines.

La « viabilité » est-elle l’élément essentiel pour une reprise réussie ?

La pandémie a provoqué un choc inattendu et exceptionnel à différents niveaux. Une troisième vague et le confinement partiel qui en découle viennent interférer dans la reprise pour de nombreuses entreprises, entraînant une nouvelle baisse de l'activité économique et un épuisement supplémentaire des liquidités.

L’impact a pu être réduit grâce aux mesures de soutien des pouvoirs publics notamment. Mais nous ne devons pas nous laisser aveugler. Les réserves de liquidités constituées par les organisations saines fondent comme neige au soleil et beaucoup d’entreprises ont procédé à des augmentations de capital. Bon nombre d’entre elles sont soumises à des pressions croissantes pour réduire leurs dettes pendant la période de reprise. Les autorités continueront à soutenir les entreprises saines ou viables dans une certaine mesure.

Mais ces mesures de soutien nous placent actuellement sous une « cloche » protectrice. Une sorte de dôme imaginaire, comme dans la série télévisée de science-fiction Under the Dome, sous lequel nous sommes protégés d'un scénario apocalyptique et dont nous essayons de nous échapper, les conséquences pouvant être dramatiques si nous ne nous préparons pas correctement.Pour éviter la « zombification », des crédits ne devraient en outre être accordés qu'à des entreprises viables, et en particulier à celles rencontrant des problèmes de liquidité.

Mais qu’entend-on exactement par « viabilité » ? Cette notion peut-elle être simplement déduite du cumul « liquidités + solvabilité » ?

Combien de liquidités une entreprise doit-elle conserver ?

La trésorerie (le solde disponible après paiement de tous les coûts d'exploitation, dettes financières et impôts) constitue le principal indicateur. Si le solde de trésorerie diminue, l'entreprise se trouve dans une situation d'épuisement des liquidités. En cas de solde de trésorerie négatif, il est question d’un déficit de caisse ou d’un besoin de financement supplémentaire.

Les sources de liquidités pouvant être prises en compte dans le calcul de vos liquidités sont la trésorerie et les actifs liquides tels que les placements à terme et les lignes de crédit disponibles. Lorsqu’une entreprise a une très grande certitude en ce qui concerne le flux de trésorerie d'exploitation, il est envisageable de l'inclure en tout ou en partie.

Si une entreprise dispose des liquidités nécessaires pour faire face à ses obligations financières pendant les 18 prochains mois, ces liquidités sont très bonnes. Pour une période comprise entre 12 et 18 mois, les liquidités peuvent être qualifiées de bonnes. Des liquidités couvrant une période de 6 à 12 mois sont acceptables. Si les liquidités permettent de tenir 3 à 6 mois, on parle d’un manque de liquidités et des liquidités couvrant une période de moins de 3 mois sont considérées comme critiques.

Les liquidités représentent donc la mesure dans laquelle une entreprise peut faire face à ses obligations financières à court terme. Les banques, les assureurs-crédit et les agences de notation utilisent ces règles ou d’autres similaires pour évaluer les liquidités d'une entreprise.

Comment une entreprise peut-elle renforcer ses liquidités ?

Il existe différentes solutions permettant à une entreprise de renforcer ses liquidités. Cela peut notamment se faire par le biais d'instruments financiers tels que des crédits supplémentaires ou un contrat d'affacturage. La mise en place d’une gestion centralisée de la trésorerie entre les différentes sociétés d'un groupe peut également renforcer les liquidités, les positions de trésorerie non utilisées au sein du groupe étant centralisées. Outre les instruments financiers, une entreprise peut aussi prendre des mesures opérationnelles telles que la réduction des stocks et la renégociation des délais de paiement avec les fournisseurs et clients. Il peut en outre être utile de vérifier quels fournisseurs proposent une solution d'affacturage inversé.

En tant que membre d'Agoria, vous pouvez toujours contacter nos experts en services financiers pour obtenir des conseils de première ligne (financialservices@agoria.be).

Sur le site web d’Agoria, vous pouvez également revisionner nos webcasts proposant des conseils pratiques pour renforcer les liquidité de votre entreprise et vous assister lors des négociations de crédit avec votre banque.

Quand une entreprise est-elle « solvable » ?

Une entreprise est solvable lorsque le rapport entre les dettes et les actifs est inférieur ou égal à 1. Cela signifie que l'entreprise est en mesure de faire face, à terme, à toutes ses obligations financières. Dans le cas contraire, cela veut dire que les fonds propres ont été entièrement utilisés pour compenser les pertes cumulées. Par conséquent, si une entreprise connaît un déficit de caisse pendant une longue période et que ses liquidités sont sous pression, cela risque d'entraîner une augmentation des dettes et une réduction des capitaux propres à plus long terme. Ce qui était un problème de liquidité se transforme alors en un problème de solvabilité.

Les quatre seuils ou ratios de solvabilité suivants (fonds propres divisés par le total des actifs) sont souvent utilisés : (source : Graydon) :

  • Une entreprise dont la solvabilité est d'au moins 25% est solvable.
  • Une entreprise dont la solvabilité se situe entre 15 et 25 % est vulnérable.
  • Une entreprise dont la solvabilité se situe entre 0 et 15 % est très vulnérable.
  • Une entreprise dont la solvabilité est négative est virtuellement en faillite.

Dans des circonstances normales, une entreprise dont la solvabilité est saine ne devrait pas avoir de problèmes de liquidités. En effet, pourquoi une banque n'accorderait-elle pas de crédit aux entreprises dont la solvabilité est bonne ? Les banques sont aujourd’hui soumises à une énorme pression car elles s'attendent à une avalanche de faillites. Les dossiers de crédit sont dès lors évalués de manière beaucoup plus critique qu'avant la crise. Récemment, des dossiers de crédit sains ont également été refusés par les banques. Par conséquent, des entreprises saines (solvables) peuvent elles aussi connaître des problèmes en raison d'un manque de liquidités.

Dans cette analyse de la BNB entre la première et la deuxième vague, vous trouverez plus d'informations sur l'évaluation des problèmes de liquidités et de solvabilité rencontrés par les entreprises belges.

Où en êtes-vous aujourd’hui ? Comment pouvez-vous agir de manière proactive en tant qu'entrepreneur ?

Surveillez de près la solvabilité et les liquidités et réagissez de manière proactive :

  • Évaluez les liquidités actuelles de l'entreprise ;
  • Dans la mesure du possible, prévoyez les flux de trésorerie futurs ;
  • Intégrez une certaine sensibilité et des scénarios ;
  • Optimisez le fonds de roulement ;
  • Analysez les risques et mettez en œuvre des procédures et des solutions ;
  • Assurez un suivi mensuel ou trimestriel des flux de trésorerie.

Pour plus de détails, veuillez consulter notre webcast sur la gestion de la trésorerie.

Évaluez la qualité de crédit de vos clients et partenaires commerciaux

Il est important qu'en plus de connaître votre propre situation, vous sachiez également quel est l'impact de la crise sur vos principaux clients et partenaires commerciaux et comment cela peut affecter directement ou indirectement votre entreprise.

Un éventuel problème de liquidités et de solvabilité pourrait conduire à une faillite qui ne profiterait à aucun des deux partenaires. Même si les données sur les faillites n'indiquent pas (encore) un tsunami, n'attendez pas pour identifier les risques auxquels vous êtes exposé. Contactez vos principaux partenaires commerciaux pour avoir avec eux une discussion transparente, vérifiez leur situation financière dans la mesure du possible (pour autant que des chiffres récents soient disponibles), suivez leurs scores de crédit, renseignez-vous auprès d'autres entreprises collaborant avec vos partenaires commerciaux... en d'autres termes, déterminez où se situent les risques.

Plus vous en saurez, mieux vous pourrez évaluer les risques et vous préparer à prendre les bonnes décisions. Il est pénible pour une entreprise de devoir procéder à des dépréciations de créances clients, d'autant plus qu'il s'agit de problèmes parfaitement maîtrisables. Une entreprise doit connaître à tout moment le niveau de risque de crédit de son portefeuille de clients et doit gérer et assurer ce risque de manière proactive, le cas échéant.

Pour passer au crible vos partenaires commerciaux, Agoria a constitué un package avantageux en collaboration avec Graydon. Vous trouverez de plus amples informations à ce sujet en suivant ce lien.

Entamez une discussion avec vos principaux partenaires commerciaux et votre/vos banque(s) de manière proactive et en temps opportun

Votre banque et vos partenaires commerciaux vont eux aussi très probablement analyser votre situation. Vos partenaires commerciaux disposent des mêmes possibilités pour passer au crible votre entreprise. Votre banque, en revanche, vous examinera sous un angle différent. Les banques surveillent la qualité de crédit et la rentabilité de leurs clients et leur attribuent un score de crédit basé sur un modèle de notation interne.

Discutez avec votre banquier et demandez-lui comment il évalue le risque que présente votre entreprise et quels critères et ratios sont les plus pertinents ; incluez-les également dans vos rapports mensuels ou trimestriels. Vous pourrez ainsi consulter votre banquier de manière proactive.

Pour plus de détails, veuillez consulter notre webcast sur les relations bancaires.

Dans l’article suivant, nous examinerons de plus près la manière dont vous pouvez vous prémunir contre une vague imminente de problèmes de paiement et un tsunami attendu de faillites. Si vous avez des questions, vous pouvez les transmettre à Agoria Financial Services à l’adresse suivante : financialservices@agoria.be.


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