Usine digitale Lavetan : «Une feuille de route bien pensée avant de garder le rythme» | Agoria

Usine digitale Lavetan : «Une feuille de route bien pensée avant de garder le rythme»

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Publié le 14/07/21 par Geert Jacobs
Chaque jour, quelque 3 000 échantillons passent dans le laboratoire de recherche digitalisé et robotisé de Lavetan. Ce laboratoire de Turnhout existe depuis près d’un quart de siècle et a passé plus de la moitié de ce temps à miser sur le changement. Jan Robrechts, directeur du laboratoire : «Chaque micro-transformation décidée par la direction est une macro-transformation sur le lieu de travail.»
Basé à Turnhout, Lavetan traite des échantillons provenant des trois segments de l’industrie alimentaire : les animaux vivants, la transformation et la distribution. Le laboratoire a été créé en 1997 avant de commencer sa métamorphose pour devenir une usine digitale dix ans plus tard. Jan Robrechts, directeur du laboratoire : « Nos premières années ont été “artisanales” : nous nous organisions et travaillions avec notre petite équipe autour d’une table. »

Le déménagement dans de nouveaux locaux plus spacieux a donné le coup d’envoi de la révolution digitale de Lavetan : « Nous y avons mis en place une chaîne de valeur automatisée, de l’envoi de l’échantillon chez le client jusqu’à la facturation. Ce concept était bien établi depuis dix ans dans les grands environnements de production, mais clairement pas dans les laboratoires. »

Du cerveau au système

Même aujourd’hui, de nombreux laboratoires travaillent encore de manière plutôt progressive. Dans la chaîne de valeur de Lavetan, en revanche, la fin d’une étape du processus déclenche automatiquement la suivante. L’intelligence est donc encodée dans le système plutôt que dans la tête des collaborateurs. Ces derniers étaient en outre de plus en plus difficiles à trouver, souligne le directeur du laboratoire. 

« En fait, notre croissance s’est arrêtée à cause du manque de techniciens de laboratoire sur le marché du travail. Mais en intégrant autant que possible ce savoir-faire dans nos systèmes et nos processus, nous nous sommes ouverts à d’autres talents. Aujourd’hui, près de la moitié de nos collaborateurs n’ont plus besoin d’une formation de technicien de laboratoire. » 

« Notre croissance s’est arrêtée à cause du manque de techniciens de laboratoire. Mais en intégrant autant que possible ce savoir-faire dans nos systèmes et nos processus, nous nous sommes ouverts à d’autres talents. »

Travailler non pas plus dur, mais plus intelligemment

L’entreprise ne s’est pas limitée à la seule automatisation des processus. Il y a environ cinq ans, Lavetan a commencé à utiliser la robotisation, principalement pour assurer la continuité des activités 24h/24, 7j/7. Jan Robrechts : « Depuis environ deux ans maintenant, nous sommes dans ce que l’on appelle la “phase de transformation intelligente”. Travailler non pas plus dur, mais plus intelligemment : telle est désormais notre devise. »

« Plus précisément, nous fournissons à nos collaborateurs des informations pertinentes sur les processus via des tableaux de bord afin qu’ils disposent des éléments dont ils ont besoin pour renforcer en permanence notre efficacité, notre qualité et la satisfaction de nos clients. »

 

Le changement ne doit pas devenir disruptif

« La digitalisation et la robotisation ne sont donc utiles que si l’on comprend les processus. Et qui les connaît mieux que vos propres collaborateurs, vos clients et vos fournisseurs ? C’est pourquoi nous avons systématiquement fait appel à leur bon sens pour redéfinir nos processus. La transformation s’est ainsi immédiatement inscrite dans les gènes de notre organisation. »

Le directeur du laboratoire admet toutefois que le changement entraîne inéluctablement des frictions. « Se recycler ou se reconvertir, changer ses méthodes de travail, commettre des erreurs inévitables : le changement est toujours difficile au début. »

Il convient donc de miser sur un juste dosage. Jan Robrechts : « À cet effet, il faut se concentrer sur le département ou le segment concerné, tout en laissant le reste de l’équipe se reposer. Cette méthode permet d’éviter que le changement ne devienne trop disruptif. Il faut toujours se rappeler que chaque micro-transformation décidée par la direction est une macro-transformation sur le lieu de travail. »

« Se recycler ou se reconvertir, changer ses méthodes de travail, commettre des erreurs inévitables : le changement est toujours difficile au début. »

Pas d’autogestion sans intelligence

« L’un des défis de ces prochaines années s’inscrit parfaitement dans cette optique : comment construire une organisation digitale autour de nos collaborateurs tout en leur donnant une place durable au sein de celle-ci ? Cette question n’est pourtant pas nouvelle. Elle a déjà donné lieu, il y a dix ans, au lancement d’équipes autogérées. »

« Mais ce changement n’a pas duré : les collaborateurs se sentaient perdus, abandonnés à leur sort. Le concept a donc été mis de côté pendant des années. Ce n’est qu’il y a quelques années que nous lui avons prudemment redonné vie. »

« Rétrospectivement, nous sommes lancés beaucoup trop tôt. En pleine phase d’automatisation, les gens avaient tout simplement bien trop peu d’informations et de connaissances pour se gérer correctement. Aujourd’hui, l’autogestion commence à porter ses fruits et suscite une implication et une motivation accrues. »

« L’un des défis de ces prochaines années : comment construire une organisation digitale autour de nos collaborateurs ? »

Vision, objectif et rythme

La solution réside-t-elle dans une approche planifiée ? Jan Robrechts : « Tout à fait ! Il y a encore trop de démarches brouillonnes ici et là, sans vision claire ni objectif précis. Alors oui, une feuille de route bien pensée est indispensable pour mener à bien un parcours de transformation. »

« Il n’est d’ailleurs souvent pas possible de passer à l’étape suivante tant que la précédente n’est pas terminée. Un autre point est au moins aussi important que le plan lui-même : garder le rythme. Parce que le monde et les possibilités technologiques évoluent à la vitesse de l’éclair. »

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