Joe Biden prêtera serment ce 20 janvier 2021 en tant que 46e président des États-Unis d'Amérique. Quel sera l’impact de son élection pour les entreprises belges ?


Priorité à la relance économique et à la lutte contre le coronavirus

Les affaires intérieures seront sans doute au centre des préoccupations du nouveau président. Les États-Unis sont en effet le pays industrialisé le plus durement touché par la crise du coronavirus. Endiguer cette pandémie sera sa priorité numéro un au début de son mandat, après quoi il se concentrera pleinement sur la reprise économique. Vu son expérience au poste de vice-président sous l'administration Obama, il est fort à parier que la politique de Biden présentera de nombreuses similitudes avec celle menée par l’ancien président en 2009. Un des éléments importants de cette stratégie consistera à stimuler l’économie et la création d’emplois aux États-Unis, tout en favorisant l'utilisation de composants et de services américains.

Europe

En matière de commerce international, la grande différence avec Donald Trump, en particulier dans les relations avec l'Europe, résidera dans l'attitude constructive des autorités américaines. Cela ne signifie pas pour autant que la situation sur le terrain changera radicalement du jour au lendemain. Néanmoins, une plus grande attention sera certainement accordée à la concertation et à la recherche de partenariats. Il est très peu probable que la confrontation USA-UE observée sous l’ère Trump se répète. Les droits de douane illégaux sur l'acier et l'aluminium appliqués aux produits européens seront probablement abrogés, mais on ne sait pas si et quand cela sera acté. De même, la probabilité que Biden quitte l'OMC ou l'OTAN est mince. Cependant, l'Europe devra chercher une solution concernant la loi sur les services numériques (Digital Services Act). Les conséquences de l'arrêt Schrems II, qui invalidait l'échange de données entre l'UE et les États-Unis, requièrent également une solution durable.

Agoria soutient ses membres dans leur développement international. Il est toujours possible de vous inscrire à nos formations « Douanes » et « Commerce international ». Par ailleurs, nos Clubs sont également toujours prêts à soutenir votre processus d'internationalisation en organisant des salons (en ligne) ou en réalisant des études de marché.

Chine

La nomination de l’avocate spécialisée dans le commerce international et d'origine taïwanaise Katherine Tai laisse présager que Biden ne compte pas éviter la confrontation avec la Chine. Cela signifie qu'il n'est pas exclu que des droits de douane supplémentaires soient appliqués aux biens produits en Chine. Les entreprises ont tout intérêt à réévaluer leurs chaînes de valeur pour éviter un impact négatif dans les années à venir. Accordez une attention particulière aux règles d'origine appliquées par les États-Unis si vous souhaitez y exporter vos produits. De cette manière, vous évitez non seulement de verser des droits de douane supplémentaires, mais aussi de devoir vous soumettre aux mesures de sauvegarde et règles antidumping actuelles et futures imposées par les Américains vis-à-vis des importations chinoises.

Nationalisme économique

Malgré l’élection de Joe Biden, il ne faut pas s’attendre à ce que la politique commerciale des États-Unis soit la même que celle menée par Bush Sr ou Clinton. Des voix s'élèvent tant chez les démocrates que chez les républicains pour un ralentissement de la course à la mondialisation. C’est surtout le comportement de la Chine au sein de l'OMC, où elle ne cesse de revendiquer son statut de pays en voie de développement et ne respecte pas les règles de l'économie de marché, qui suscite un vif ressentiment. Biden doit composer avec une opposition républicaine influencée par Trump et une coalition relativement ou très à gauche au sein de son propre parti démocrate qui ne tient pas non plus le libre-échange en haute estime. La création d'emplois aux États-Unis (« bringing jobs back to America ») et l'utilisation de biens produits aux États-Unis (« Buy American ») continueront, malgré les règles du commerce international, de faire partie de la politique économique américaine. Par ailleurs, la sécurité nationale, notamment dans le secteur numérique, est amenée à occuper une place de plus en plus importante. 

Faire des affaires aux États-Unis

Les États-Unis restent un marché particulièrement intéressant en raison des moyens financiers importants dont disposent les entreprises et consommateurs. Cependant, le pays est tout sauf un modèle du libre-échange. Pour exercer une activité aux États-Unis, vous devez absolument envisager de créer une succursale ou de nouer un partenariat solide avec des acteurs américains. La meilleure solution consiste à sceller ce partenariat dans un document juridiquement contraignant. Les frais juridiques sont élevés aux États-Unis, mais ils permettent généralement de réaliser des économies sur le long terme.

Des ambitions internationales

Agoria conseille à ses membres de développer leurs activités sur la scène internationale. Dans les années à venir, 90 % de la valeur ajoutée mondiale sera en effet créée en dehors de l'Union européenne. La Belgique, mais aussi l'Europe, sont des marchés trop restreints pour justifier certains investissements en R&D pourtant nécessaires pour devancer vos concurrents internationaux. En outre, toutes les études pertinentes montrent que les entreprises actives à l'échelle internationale sont plus à même de résister aux crises économiques. La productivité est également plus élevée dans ces entreprises.

Néanmoins, être actif à cette échelle nécessite d'être bien informé de ce qui se passe partout dans le monde. En effet, vos concurrents proviennent du monde entier. Agoria est à vos côtés en permanence et continuera à vous informer sur les relations avec les États-Unis, mais aussi sur les accords à venir avec, par exemple, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Mexique et le MERCOSUR. De plus, l'accord avec la Grande-Bretagne permet, moyennant certaines formalités douanières, de continuer à faire du commerce en franchise de droits après le Brexit. Pour en savoir plus, consultez notre FAQ sur le Brexit et demandez à nos experts un accompagnement personnalisé.

En bref 

Soyez au fait des règles du commerce international et utilisez-les à votre avantage. Examinez la meilleure façon d'asseoir votre présence aux États-Unis ou d'y protéger vos intérêts. Réfléchissez à la manière dont vous pouvez apporter plus de souplesse à votre chaîne d'approvisionnement et renforcer votre résilience. Diversifiez vos marchés et n'hésitez jamais à contacter Agoria dans cette démarche.