Coronalert remporte l’e-Gov & Smart City Awards | Agoria

Coronalert remporte l’e-Gov & Smart City Awards

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Publié le 04/12/20 par Bart Meert
L'application Coronalert a remporté la 17ème édition des Agoria e-gov Awards. Avec ce prix, Agoria entend saluer les gouvernements qui ont recours aux projets et initiatives numériques pour améliorer leurs services à la population et aux entreprises. La cérémonie de remise des prix a eu lieu virtuellement pour la première fois. Autre première : les « Agoria Smart City Awards » ont été ajoutés à la cérémonie de remise des prix. Le grand gagnant dans cette catégorie est la Ville de Roulers, avec son projet "Stratégie et connaissances en matière de données comme base pour des services plus efficaces et des développements politiques à long terme".

Agoria a également décerné des prix pour la convivialité, la rentabilité, l'innovation, la coopération et la durabilité. Ces derniers ont été attribués respectivement à la zone des pompiers d'Anvers (projet "INA Intervention App", catégorie "convivialité »), le fonds de secours pour les allocations de chômage (projet "RPA bots contre le coronavirus : le versement d'indemnités de chômage temporaires", catégorie "Rentabilité"), le gouvernement flamand, Département de l'agriculture et de la pêche (projet "Déploiement de GEOAI pour la détection des cultures et l'interprétation automatique des photographies aériennes", catégorie "Innovation"), le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et de l'environnement (projet "Paloma", catégorie "Collaboration") et la ville de Gand (projet " Gestion de l'espace public à Gand (BORG)", catégorie "Durabilité"). 

Tendances : L'automatisation des processus robotisés devient une réalité

De nouvelles tendances et technologies étaient mises en avant parmi les nombreux projets présentés. C’est l’une des raisons pour lesquelles Agoria a fait appel à maintes reprises au gouvernement pour qu'il tire parti du potentiel du cloud computing, du big data, de la géo ainsi que des appels à projets liés à l'intelligence artificielle.

Cette année, plusieurs des projets soumis ont été réalisés pour répondre directement aux défis de la crise sanitaire. Les applications permettant de traiter les dossiers de demandes de primes plus rapidement et plus efficacement en sont un parfait exemple. Plusieurs de ces projets ont également reçu une nomination. En outre, il y a une nette percée de projets utilisant des technologies telles que l'intelligence artificielle, le cloud computing et la géotechnologie. Fait remarquable : l'utilisation grandissante de robots RPA pour automatiser les tâches administratives. VLAIO a d’ailleurs conçu une application RPA pour payer automatiquement la prime de nuisance corona. Une initiative qui mérite d'être suivie car le RPA garantit un service beaucoup plus rapide à un coût bien moindre. 

La Belgique se doit de remonter dans le classement européen

Selon le Digital Economy & Society Index (DESI) que l'Europe établit chaque année, la Belgique pointe à la 9ème place du classement. Bien que notre score en valeur absolue ait progressé par rapport à 2019, notre pays conserve une position inchangée dans le classement, notamment en raison du fait que d'autres pays font davantage de progrès. Un investissement accru dans l'e-gouvernement peut donc certainement aider la Belgique à faire mieux dans ce classement européen où notre gouvernement aspire à se hisser parmi les cinq premiers.

Investir dans les solutions numériques constitue une énorme opportunité pour les pouvoirs publics : elles permettent de travailler plus efficacement et d'offrir de meilleurs services aux citoyens, aux entreprises et aux organismes publics. En ce sens, Agoria conseille de faire un usage optimal du plan de relance européen. 

Dans le cadre de ce plan, une Facilité pour la reprise et de résilience sera financée par un prêt de la Commission européenne s'élevant à 672,5 milliards d'euros. La Belgique se verrait ainsi attribuer environ 5,1 milliards d'euros sur la base d'un plan à soumettre avant la fin avril 2021. Outre les projets d'investissement, ce plan devrait également inclure des réformes structurelles. Agoria soutient que le plan belge devrait principalement stimuler le climat et la transition numérique en Belgique. C'est une condition préalable à une évaluation positive du plan national par la Commission. Après tout, il a également été supposé qu'un minimum de 37% de ces 5,1 milliards d'euros doit être affecté à la transition verte et un minimum de 20% à la transition numérique. Si nous faisons cela correctement, notre pays devrait pouvoir retrouver une place parmi le Top 5 de l'indice DESI d'ici 2025.

Aperçu des lauréats des eGov & Smart City Awards

Meilleur projet e-gov

  • Projet : Coronalert
  • Lauréat : Sciensano

Fin septembre 2020, Coronalert a pu compter sur un très bon accueil en tant que mesure supplémentaire tant attendue dans la lutte contre le coronavirus. Après seulement une semaine, plus de 10 % de tous les utilisateurs belges de smartphones avaient déjà installé Coronalert. L'application vise à briser plus rapidement la chaîne des nouvelles infections, en permettant aux citoyens de s'avertir mutuellement de manière anonyme en cas de confirmation d'une infection Covid. Il s'agit d'un complément important au traçage existant des contacts, en particulier dans les situations où des personnes se rencontrent sans se connaître personnellement, par exemple dans les transports publics ou lors du shopping. 

Le projet a obtenu de bons scores pour de nombreux critères, avec des nominations dans les catégories rentabilité, innovation et collaboration. De plus, cette application a également un mérite sociétal dans le sens où elle aide à contenir la pandémie, afin que la société et l'économie puissent se rétablir. En ce qui concerne la collaboration, nous constatons que les autorités, le monde académique et les entreprises ont uni leurs forces et obtenu, entretemps, l’adhésion de plus de deux millions de personnes. À noter également l’aspect innovation qui se manifeste en termes de technologie utilisée et de respect de la vie privée. 

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Meilleur projet Smart City

  • Projet : Stratégie et intelligence en matière de données  comme base pour une prestation de services plus efficace et des développements politiques à long terme
  • Lauréat : Ville de Roulers

Grâce à une stratégie globale en matière de données et d'intelligence opérationnelle, mise en œuvre au cours des trois dernières années, la ville de Roulers acquiert une vue d’ensemble détaillée des services fournis à ses citoyens. Grâce à cette stratégie, les différentes équipes de la ville peuvent mieux collaborer et adapter en permanence leurs services, réduire les délais, augmenter l'efficacité, etc. sur la base d'informations objectives. 

Pour atteindre ces objectifs, différents tableaux de bord d'intelligence opérationnelle ont été développés. La ville mise également sur l'utilisation d’informations géographiques et sur le plan technologique, elle exploite les possibilités offertes par l'apprentissage automatique. Elle sait ainsi parfaitement comment les demandent circulent au sein de l'organisation, quels sont les délais d'exécution, comment les notifications sont diffusées sur le territoire, etc. En procédant de la sorte, la ville de Roulers est devenue une organisation guidée par les données au service de la population.

Catégorie 'Convivialité'

  • Projet : App d'intervention INA
  • Lauréat : Zone de pompiers d'Anvers

Les pompiers opèrent dans un contexte aux défis multiples, le fait de disposer des bonnes informations et d’une bonne communication jouant souvent un rôle déterminant. Les pompiers d'Anvers avaient besoin d'une application mobile leur permettant de consulter rapidement toutes les informations pertinentes (emplacement des unités, procédures, localisation des bouches d’incendie,...) et de communiquer facilement. Comme chaque minute compte, il importait également que les bonnes informations puissent être consultées avec un minimum d'interactions et que l'application offre de préférence également la bonne information automatiquement en fonction de l'incident. De plus, ces informations cruciales devaient être disponibles hors ligne également. Le projet a été lancé en avril 2019. 

En termes d'expérience utilisateur, une grande attention a été accordée aux similitudes avec les applications de chat connues de tous, ce qui a eu un effet bénéfique sur la vitesse d'adoption. Une grande attention a également été accordée à l'automatisation. Par exemple, en fonction des informations disponibles sur l'incident, des informations pertinentes sont également proposées, comme l’affichage automatique de la carte des bouches d'incendie en cas d'incendie. En cas d'incident impliquant une substance dangereuse (une fuite d'hydrogène, par ex.), la fiche correspondante de la substance dangereuse est partagée dans le canal de discussion par un chatbot. 

L'application offre également de grands gains d'efficacité en termes d'administration et de rapportage. Elle a été développée selon le principe agile : après chaque cycle de développement, les fonctionnalités nouvellement développées ont été testées de manière approfondie et un retour d'information a été donné. Après une première phase pilote au début de cette année, l'application a été déployée avec succès au cours du mois de juillet de cette année.

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Catégorie 'Rentabilité'

  • Projet : RPA bots contre le coronavirus : paiement des allocations de chômage temporaire
  • Lauréat : Caisse auxiliaire de paiements des allocations de chômage

Les entreprises en difficulté peuvent mettre des travailleurs en chômage temporaire. Le travailleur reçoit alors une allocation. La Caisse auxiliaire de paiements des allocations de chômage (CAPAC) contrôle le dossier lors de chaque demande et procède ensuite au paiement. En raison de la crise du coronavirus, depuis mars, plus de 120.000 employeurs ont introduit un dossier de chômage temporaire auprès de la CAPAC, ce qui représente plus d’1 million de travailleurs. Les collaborateurs de la CAPAC ont subi de ce fait une pression sans précédent. Le paiement à temps des allocations était compromis, ce qui faisait courir un risque considérable aux familles vulnérables vivant dans la pauvreté. Dans des circonstances normales, la CAPAC contrôle les dossiers avant de procéder au paiement de l’allocation. 

Ne plus contrôler les dossiers pour gagner du temps ne constituait pas une option. C’eût été une porte grande ouverte à la fraude, avec un impact à long terme sur la sécurité sociale. C’est la raison pour laquelle des RPA bots ont été utilisés en tant que collaborateurs virtuels pour effectuer les paiements, de sorte que les collaborateurs de la CAPAC puissent continuer à contrôler les dossiers. La Robotic Process Automation (RPA) est une technologie permettant d'automatiser les processus opérationnels routiniers afin de réduire la charge de travail des travailleurs. Le développement a été lancé le 18 mai et le 27 mai, les premiers RPA bots passaient à l’action. Depuis le 1er juin, dix "collaborateurs virtuels" ont été déployés pour effectuer les paiements. Grâce à cette solution très rapide, des centaines de milliers de familles ont pu recevoir leurs allocations à temps.

Categérie 'Innovation'

  • Projet : Déploiement de la GEOAI pour la détection des cultures et l'interprétation automatique des photographies aériennes
  • Lauréat : Gouvernement flamand, Département Agriculture et Pêche

Le paiement correct des subventions agricoles européennes constitue un processus important pour le Département Agriculture et Pêche du Gouvernement flamand. Depuis l'année dernière, ce service utilise la détection automatique des cultures pour l'ensemble du territoire flamand. Cela permet d'éviter de nombreux contrôles sur place, qui prennent beaucoup de temps, tant pour le service que pour l'agriculteur. Outre la culture correcte, la superficie des champs doit également être connue très précisément. L'intelligence artificielle est utilisée pour vérifier les déclarations des agriculteurs afin que, par exemple, les serres et les vergers soient automatiquement enregistrés sur la base de photographies aériennes. 

Les surfaces pavées, pistes équestres et terrains de football, par exemple, sont également numérisés automatiquement, étant  donné qu’ils n'ont certainement jamais leur place dans les parcelles à affectation agricole. Pour ce faire, on utilise la constellation de satellites Sentinel 2 de l’ESA, qui fournit des nouvelles photos pour l’ensemble de la Flandre tous les 5 jours. Le fait que de photos optiques soient inutilisables par temps nuageux pose problème. C’est pourquoi les données Sentinel 2 sont combinées à des données Sentinel 1, un satellite RADAR qui n’est pas influencé par les nuages. Ces données sont beaucoup plus difficiles à interpréter, mais grâce à l’utilisation d’un réseau neural MLP (Multi Layer Perception), on obtient quand même une détection précise et fiable.

Catégorie 'Collaboration'

  • Projet : Paloma
  • Lauréat : SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement

En moyenne, 40.000 voyageurs arrivent en Belgique chaque jour pendant la période des vacances. Dans le cadre de la crise du coronavirus, les voyageurs doivent pouvoir fournir aisément des informations sur leur séjour, de sorte qu’il soit possible d’opter de manière précise pour des tests, le traçage et l’isolement. Le service Saniport assure l’inspection sanitaire des avions et navires en provenance des zones à risque. En cas de soupçon d’une maladie infectieuse à bord, il utilisait jusqu’il y a peu un formulaire papier pour leur traçage : le Passenger Locator Form (PLF). 

Étant donné qu’en raison du coronavirus, tous les voyageurs doivent le remplir après avoir séjourné plus de 48 heures à l’étranger, un formulaire internet a été développé à la demande du Comité interfédéral Testing & Tracing (CIF). Les voyageurs doivent le remplir deux jours avant leur retour en Belgique. Toutes les dix secondes, ces informations sont transmises à l'application de back-office PALOMA (Passenger Locator Management), développée par le SPF Santé publique. Sur la base de critères, tels que le code couleur d'un pays, les médecins chargés de la lutte contre les maladies infectieuses des Communautés évaluent par lots les personnes qui doivent être testées, même si elles ne présentent aucun symptôme. Ces citoyens reçoivent un SMS avec leur code PCR et un certificat de quarantaine. Le service de suivi des contacts contrôle ensuite s’ils se font bien tester.

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Catégorie 'Durabilité'

  • Projet :  Gestion de l'espace public à Gand (BORG)
  • Lauréat : Ville de Gand

Gand est une ville centrale qui est fréquentée chaque jour par un demi-million de personnes (habitants, étudiants, navetteurs, touristes, ...). Ces utilisateurs veulent pouvoir vivre dans la ville de manière agréable et confortable et se déplacer avec le moins de désagréments possible. Or, dans un même temps, il est nécessaire de rénover et d'entretenir les rues, parcs et places en se concentrant sur l'avenir. Cela occasionne des désagréments, mais grâce à une politique équilibrée en matière de planification et de permis, il est possible de limiter ceux-ci. Dans cette politique, l’attention nécessaire est accordée à l’utilisation publique (travaux de voirie, intervention des entreprises d’utilité publique,...) et privée (transformations, terrasses, événements,...) de l’espace public. Une politique de réduction des nuisances est importante pour la durabilité économique, sociale et écologique et a un impact important sur la qualité de vie dans la ville. 

Le trajet BORG, qui consiste en plusieurs projets de digitalisation intégrés, permet le passage du papier à un fonctionnement digital. Annuellement, ceci représente 20.000 permis, d’innombrables avis et 20.000 bons de travail, tous sur papier. Ce projet permet d’économiser 5 tonnes de papier par an. Des photos peuvent également être directement envoyées à des contrôleurs pour éviter un contrôle sur place. Cela permet d’économiser annuellement quelque 40.000 km de déplacements, ce qui revient à une réduction de 6 tonnes d’émissions de CO². Le développement IT se concentre en outre sur une réutilisation maximale. Les outils peuvent être réutilisés facilement par d’autres services et partenaires de la ville devant effectuer des missions sur le terrain ou des tâches qui ont une influence sur le domaine public. Cette réutilisation garantit des investissements moindres lors de projets futurs. De plus, un traitement plus rapide des permis et des déclarations de dommages ainsi qu’un entretien plus proactif assurent une plus grande satisfaction client dans le chef des citoyens.

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