Process Equipment-as-a-Service dans l’industrie alimentaire et des boissons : modèle d’entreprise révolutionnaire ou simple effet de mode ? | Agoria

Process Equipment-as-a-Service dans l’industrie alimentaire et des boissons : modèle d’entreprise révolutionnaire ou simple effet de mode ?

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Publié le 10/06/21
Le 27 mai dernier, le Food & Beverage Technology Club d'Agoria organisait une séance d'information pour promouvoir le modèle PEaS dans le secteur de l'alimentation et des boissons et présenter les possibilités qu'il offre lorsqu'il est intégré à vos modèles de développement commercial sur mesure. Au programme, des études de cas de TetraPak, Koolmill Engineering Ltd (Royaume-Uni), Energy Partners (Afrique du Sud) et Econocom !

Illustration du contexte du « en tant que service » par Jürgen Tanghe de Studio Dott

Jürgen Tanghe de Studio Dott était le premier à prendre la parole afin de situer ce modèle dans un contexte plus général. En quoi consiste exactement le modèle « en tant que service » ? Et à quels éléments une entreprise doit-elle prêter attention avant de l’adopter ? « Par le passé, nous proposions des produits ainsi que, dans une moindre mesure, quelques services supplémentaires, tels que les réparations, la fourniture de pièces détachées et la maintenance prédictive, entre autres. Toutefois, nous assistons aujourd'hui à l'émergence du modèle des “produits en tant que service”, qui substitue une approche fondée sur les résultats à cette ancienne combinaison de produits et de services. Cela signifie que vous ne vous contentez pas de laisser les clients acheter un produit et l'utiliser, mais que vous leur proposez une solution intégrale. »

« Dans l'industrie de l'alimentation et des boissons, le modèle de l’équipement de transformation en tant que service (PEaS) en est encore à ses balbutiements. Il existe un retour sur investissement potentiel pour les entreprises, mais il est important d'être conscient du paradoxe de servitisation : “Consentir à des investissements substantiels dans l'extension des activités de services conduit à une augmentation de l'offre de services et des coûts, mais ne génère pas le rendement correspondant escompté.” Avant de songer à opter pour ce modèle, les fabricants de la transformation doivent être conscients de certains aspects essentiels, tels que les mécanismes de fixation des prix, la propriété et l'accès aux données, les responsabilités des parties prenantes, le financement et, par-dessus tout, la valeur pour le client. Le produit en tant que service peut se solder par un échec lorsque les entreprises sont animées par une stratégie de génération de revenus et ne parviennent pas à apporter la solution appropriée en termes de valeur pour le client. »

« Il est important d'écouter le client, d'identifier ses problèmes et de réfléchir à la façon dont vous pouvez y remédier avec votre offre. »

 Cas no 1 : Ron Dekeersmaker & Anders Andren —Tetra Pak —Connecter l'industrie alimentaire —Ouvrir la voie aux solutions de service 

Pour continuer à pouvoir répondre aux demandes changeantes des consommateurs, les producteurs doivent être capables de s'adapter en permanence et rapidement. Tetra Pak offre une grande flexibilité en termes de format et de capacités des produits. Don Dekeersmaker : « Nos clients nous font part de leurs désirs et, par conséquent, notre service consiste non seulement à proposer l'équipement dont ils ont besoin, mais aussi à disposer de l'expertise nécessaire (dans nos centres de développement de produits) et à réaliser des essais (dans nos centres de tests techniques). Une fois ces essais terminés, nous pourrons leur envoyer l'équipement nécessaire pour lancer la production. »

Cependant, cela ne s'arrête pas là. Tetra propose également différents types de services de maintenance pour assurer le bon fonctionnement de l'équipement. Cela ne se limite pas à la maintenance des équipements, car il faut également tenir compte des coûts de maintenance prévisibles : le client connaît le coût de l'équipement sur une période donnée. Nous avons également commencé à proposer Tetra Pack Secure, un service dont le rendement repose sur les résultats et dans le cadre duquel nous prenons en charge tous les éléments de leur activité. Quel est le coût optimal pour faire tourner l'ensemble de l'usine et comment pouvons-nous sécuriser la production, garantir les coûts et pousser l'offre de services encore plus loin ? »

Cas no 2 : Alex Anderson — Koolmill — La digitalisation d'une industrie mondiale obsolète va changer la façon dont le monde est nourri.

Koolmill Engineering Ltd propose des solutions d'usinage du riz. Chaque année, 667 millions de sacs de riz ne passeront pas du champ à l’assiette. Cela représente suffisamment de riz pour nourrir 600 millions de personnes pendant un an. Chaque sac non consommé entraîne le gaspillage de 250 000 litres d'eau.

Alex Anderson : « Nous sommes convaincus qu'en créant des solutions numériques et des systèmes d'automatisation modulables et en les mettant à la disposition des producteurs, nous pouvons contribuer à un avenir plus durable. Pour nous, l'automatisation est synonyme de création de valeur. La COVID-19 a imposé des changements rapides et pourrait accélérer l'adoption de l'automatisation et de l'IA. La création de valeur passe par l'optimisation : recueillir des données, les analyser et utiliser les résultats de l'analyse en temps réel. Nous pouvons certes obtenir des résultats en réduisant les coûts, mais nous pouvons aussi nous inscrire dans une autre démarche et créer davantage de valeur. C'est pourquoi nous défions la norme : nous faisons en sorte que le producteur ne se concentre non plus sur la réduction des coûts, mais plutôt sur la création de valeur. »

« Nous nous sommes associés à Siemens pour collecter les données des fournisseurs, les données environnementales et les niveaux d'humidité avant de les regrouper dans un tableau de bord. Grâce à ces données, nous pouvons voir certaines tendances apparaître et faire preuve de proactivité dans notre gestion. Cela permet de minimiser la perte de nourriture et de valeur. Nous étudierons également ces données pour identifier les mécanismes à l'origine des pannes et envoyer des avertissements aux opérateurs pour éviter que cela ne se produise à l'avenir. De cette manière, nous nous éloignons d'une relation client-fournisseur pour nous rapprocher d'une relation basée sur la collaboration et la confiance. »

Cas no 3 : Le cas de Dr. Oetker, par Dawie Kriel, Energy Partner RSA

Dr. Oetker, qui produit et importe des aliments surgelés, a récemment modernisé ses installations de production et de stockage, notamment en installant une toute nouvelle unité de réfrigération à l'ammoniac à trois étages. En s’appuyant sur le modèle de refroidissement externalisé de leur fournisseur Energy Partners, la succursale sud-africaine de Dr. Oetker a pu satisfaire ses besoins de refroidissement grâce à des équipements frigorifiques à haute efficacité énergétique fonctionnant avec le réfrigérant naturel qu'est l'ammoniac, et ce sans avoir à investir dans la technologie elle-même ni à se soucier de son entretien et de son fonctionnement ultérieur. 

Dawie Kriel, Energy Partner RSA : « Notre première collaboration avec Dr. Oetker remonte à 2018. À l'époque, ils construisaient un site pour leurs nouvelles lignes de production et étaient à la recherche des solutions de réfrigérations les plus efficaces pour ce site. Energy Partners Refrigeration a proposé à Dr. Oetker un contrat de refroidissement en tant que service pour l'installation, l'exploitation et la maintenance du système de refroidissement de ce nouveau site. »

« Étant donné que le refroidissement en tant que service fait passer notre relation avec le client du statut de contractant à celui de partenaire, nous pouvons grandir avec lui et mieux comprendre ses besoins quotidiens à mesure qu'ils évoluent et que l'entreprise se développe. Nous pouvons donc adapter notre système pour répondre à ces besoins et, au fil du temps, améliorer son efficacité. »

Cas no 4 : Le modèle PEaS n’est pas seulement un modèle de leasing, par Christian Levie, Econocom

Econocom est le premier maître d'œuvre numérique en Europe. L'entreprise coordonne l'ensemble de la chaîne commerciale d'un projet numérique et en assume la pleine responsabilité. Ils conçoivent et mettent en œuvre une technologie numérique qui est véritablement au service des clients et crée une valeur durable. En se basant sur l'utilisation réelle de leurs clients, ils cherchent toujours à anticiper la prochaine étape et à placer le numérique responsable au cœur de leurs activités.

« Notre modèle “en tant que service” présente également de nombreux avantages pour le client », souligne Christian Levie. Cela leur permet d'avoir l'esprit tranquille. Il s'agit d'une solution robuste, flexible et évolutive. Nous garantissons également l'excellence opérationnelle par le biais de mesures et d'améliorations continues. Les coûts sont prévisibles (pas de pics et de creux, pas de surprises). »

La contribution d'Agoria : le projet européen « Efficacité en tant que service »

En guise de conclusion, Mira Tayah, représentante d'Agoria, a présenté le projet EaaS (Efficacité en tant que service), qui vise à développer et à mettre en œuvre le modèle de servitisation afin d'accélérer l'adoption de solutions à haut rendement énergétique par les PME belges, néerlandaises et espagnoles. Agoria est à la tête du projet en Belgique.

« Nous constatons trop souvent que les entreprises sont confrontées à différentes priorités d'investissement qui se font concurrence et que l'efficacité énergétique ne figure pas en tête de liste dans la mesure où elle ne fait pas partie de leur activité principale. Des coûts initiaux plus élevés associés à un manque de confiance dans les performances des technologies à haut rendement énergétique sont autant d'obstacles supplémentaires à l'investissement dans ces technologies. Avec l'efficacité en tant que service, beaucoup de ces barrières sont levées car le fournisseur fournit un service au client plutôt que de lui vendre un équipement. L'EaaS est un partenariat stratégique qui profite à tous et permet aux clients de bénéficier d'une meilleure disponibilité des équipements, d'une externalisation complète des services et d'un accès à des équipements haut de gamme, tandis que les fournisseurs bénéficient quant à eux d'un accès à de nouveaux marchés, de nouvelles sources de revenus continus et prévisibles et d'une relation renforcée avec leurs clients. »

Agoria et ses partenaires de consortium ANESE, BASE et Innoenergy agiront en tant que facilitateurs pour les entreprises qui souhaitent adopter et mettre en œuvre le modèle commercial « efficacité en tant que service ». À cette fin, ils développent une boîte à outils EaaS comprenant un contrat EaaS, un outil de modélisation des prix et des lignes directrices pour le suivi, le rapportage et la vérification des économies d'énergie. Ils inviteront les entreprises participantes à prendre part à des activités de renforcement des capacités, à des formations et à des événements de mise en relation afin de constituer une réserve de projets EaaS.

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Si vous souhaitez en savoir plus sur l'équipement de transformation en tant que service (PEaS) dans l'industrie alimentaire et des boissons, nous vous invitons à prendre contact avec François de Hemptinne (Francois.dehemptinne@agoria.be

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