Budget - Agoria voit “de bonnes intentions, mais une mise en oeuvre qui laisse à désirer” | Agoria

Budget - Agoria voit “de bonnes intentions, mais une mise en oeuvre qui laisse à désirer”

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Publié le 12/10/21 par Frederik Meulewaeter
Dans son accord budgétaire, le gouvernement fédéral s’attaque aux bonnes thématiques, mais les mesures de mise en oeuvre ne sont pas assez élaborées. Tel est l'avis d'Agoria, la fédération sectorielle de l’industrie technologique.

"L'ambition et le point de départ du budget et de la déclaration de politique générale - à savoir que d'ici 2030, au moins huit travailleurs sur dix âgés de 20 à 64 ans aient un emploi – sont une bonne chose et nous partageons cet objectif. Le secteur technologique lui-même est confronté à une pénurie de talents sur le marché du travail. Aujourd'hui, nous comptons 15.860 postes vacants qui ne trouvent pas preneurs”, déclare Bart Steukers, CEO d'Agoria.

Activation : premiers pas prudents vers la "troisième voie"

Selon la fédération des entreprises technologiques, une série de mesures de l'accord budgétaire représentent ‘les premiers pas’ vers l'activation, entre autres, des malades de longue durée. "Alors que la dette publique augmente, il existe une 'troisième voie', entre la réduction des dépenses publiques et les éventuelles augmentations d'impôts, à savoir : “chaque pourcent de taux d’emploi gagné rapporte 2 milliards d'euros, selon les calculs du centre d'études d’Agoria", déclare Bart Steukers. Par exemple, les mesures mettant l’accent sur les professions connaissant un goulot d'étranglement et celles concernant la "mobilité interrégionale des chômeurs" vont dans le bon sens. 

“Entre-temps, la pénurie sur le marché du travail est un défi bien plus important pour nous que la crise du Covid. Passer de 7 sur 10 à 8 sur 10 en matière de travail semble un petit effort, mais c'est un pas de géant quand on sait que 667.478 Belges supplémentaires auront un emploi. Tout le monde parle toujours du nombre de demandeurs d'emploi, mais cela ne représente que 4 % de la population en âge de travailler", déclare Bart Steukers.

Selon Agoria, le gouvernement a donc raison de formuler des mesures dans le budget pour ceux qui ne travaillent pas et ne cherchent pas de travail, ce qu'on appelle la population inactive. "Après tout, cela concerne 26 % de la population. Ces personnes sont souvent des malades de longue durée, des handicapés du travail, des préretraités, etc. Agoria soutient donc l'activation des malades de longue durée via des processus de réinsertion. Agoria apprécie fortement le compte d'apprentissage et l'orientation vers le retour au travail des personnes handicapées sur la base de la responsabilisation de la personne, et avec l’aide de la caisse d'assurance maladie et de l'employeur.

Avec certaines des mesures actuelles, le gouvernement peut motiver davantage les gens à vouloir travailler. C'est bon et nécessaire, tant pour le développement de ces personnes, la montagne de travail dans les entreprises et les chiffres du budget", dit Bart Steukers.

Agoria est également satisfait de l’augmentation de l’écart entre le travail et l'inactivité. La fédération soutient les mesures qui devraient encourager les personnes à suivre une formation pour une profession connaissant un goulot d'étranglement. Selon Agoria, les chômeurs de longue durée qui commencent à travailler dans une profession à risque sont autorisés à combiner temporairement une partie de leur allocation de chômage avec leur emploi.

Formation de 5 jours : mauvaise réponse à la bonne question

En revanche, Agoria ne voit pas d’un très bon oeil les cinq jours de formation individuelle par an pour les employés. Bart Steukers : "C'est une mesure que je ne comprends pas très bien. C'est une très bonne chose que l'on accorde plus d'attention à l'apprentissage tout au long de la vie, mais c'est une mauvaise réponse à la bonne question. La question est de savoir comment nous pouvons aider davantage de personnes à poursuivre leurs études. La réponse n'est pas de le faire de manière traditionnelle avec plus de jours fixes par an. C'est dépassé. Il existe déjà une offre très importante de formations qui ne sont pas suffisamment suivies. C'est un problème de volonté, pas de possibilités.”

"La formation peut et doit être aujourd'hui personnalisée, pour certains travailleurs de terrain, pour d'autres via les nouvelles technologies interactives et les vidéos sur mesure. Il est également urgent d'identifier les compétences de tous les travailleurs, tant celles dont vous disposez actuellement que celles dont vous aurez besoin dans quelques années. Dans les entreprises technologiques, nous constatons que cela fonctionne. Le 'DigiSkills Passport' indique déjà les compétences numériques des employés", déclare Bart Steukers.

Le fait que l'indemnité de départ soit utilisée pour la formation a été un point de discorde pour Agoria.

Vers un marché du travail plus flexible

Agoria se réjouit du fait que des règles plus souples autour de l’e-commerce, pour le travail de nuit et de soir entre autres, soient en cours d'élaboration mais regrette que la question soit soumise à la concertation sociale. En outre, Bart Steukers s'interroge sur la possibilité d'exercer la semaine de 38 heures sur une semaine de quatre jours. « Cela conduira peu de personnes à un nouvel emploi. Je ne comprends vraiment pas cela, car cela ne changera pas grand-chose", déclare Bart Steukers.

La fédération sectorielle de l’industrie technologique s'interroge, par ailleurs, sur le fait que les PME ne soient pas concernées par la suppression de l’obligation de certificat médical pour les absences d’un seul jour. "Cela ressemble à une discrimination entre grandes et petites entreprises", estime Bart Steukers.

Le secteur technologique veut créer 40.000 emplois supplémentaires au cours des dix prochaines années

Agoria souligne que le secteur technologique - qui est le plus grand secteur du pays - apportera également sa propre contribution. Par exemple, en dix ans, de début 2021 à fin 2030, le secteur technologique veut créer un total de 40.000 emplois supplémentaires, soit 16 par jour ouvrable. Ces emplois supplémentaires s'ajoutent aux remplacements des personnes qui changent d'emploi ou partent à la retraite. Agoria part en effet de l'hypothèse que le secteur peut maintenir ou renforcer sa position concurrentielle. Le marché du travail devrait également permettre une mobilité ascendante grâce à la formation permanente de tous les employés. Dans les mois à venir, Agoria se concentrera également davantage sur le 'DigiSkills Passport', qui fait partie du programme Be The Change d'Agoria sur l'avenir du marché du travail.

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