Grande enquête sur l’utilisation du vélo sur le chemin du travail : le vélo électrique apporte un nouveau potentiel, mais aussi de nouveaux besoins

Dans le cadre de l’élection du ’Bike of the year’, une initiative commune Agoria – VAB, VAB a mené, en collaboration avec le programme de motivation Bike to Work [1] et Janssen Pharmaceutica [2], une enquête auprès de plus de 3500 travailleurs se rendant quotidiennement au travail à vélo. C’est la plus grande enquête menée à ce jour en Belgique auprès de salariés privilégiant le vélo pour se rendre au boulot. Les résultats de l’enquête sont clairs : l’avènement du vélo électrique et du speed pedelec [3] ont considérablement accru le potentiel de cyclistes. Si nous nous penchons sur la proportion de vélos électriques dans les déplacements domicile-lieu de travail, nous constatons qu’elle est déjà de 16%. Le speed pedelec compte moins d’adeptes pour ce même usage, en l’occurrence seulement 2%. Il ressort également de cette enquête que ces deux groupes de cyclistes ont des besoins spécifiques, comme la nécessité d’une meilleure infrastructure cyclable. Voici les principales conclusions de l’enquête :

Le vélo électrique stimule les salariés à se rendre au travail à vélo.

  • L’infrastructure cyclable revêt encore plus d’importance aux yeux des cyclistes électriques

  • Les sociétés ont aussi un important rôle à jouer si elles veulent inciter leur personnel à faire la navette à vélo

  • 1 cycliste sur 3 porte un casque quand il se rend au travail à vélo, contre plus de 9 sur 10 quand il s’agit d’une sortie sportive

  • L’aspect santé et les embouteillages sont les principales raisons invoquées pour justifier le choix du vélo pour se rendre au travail.

  • Même en cas de fortes pluies, 7 personnes sur 10 restent fidèles au vélo pour se rendre au travail  

1) Le vélo électrique stimule les travailleurs à se rendre au travail à vélo

a) Le vélo électrique est une raison importante de se rendre plus souvent au travail à vélo

Dans l’enquête, nous demandions quelles étaient les principales raisons de choisir le vélo pour se rendre au travail. 34% des personnes interrogées ont répondu que l’avènement du vélo électrique était une raison (très) importante. Cette proportion est évidemment plus élevée parmi les travailleurs qui sont passés au vélo électrique (93%) ou au speed pedelec (89%). Il ressort aussi de l’enquête que pour 6 salariés sur 10 qui font peu de vélo, le vélo électrique est un stimulant supplémentaire pour se rendra plus souvent au travail à vélo. Il apparaîtra plus loin dans le présent communiqué que l’aspect santé et les embouteillages sont les principales raisons pour se rendre plus souvent au travail à vélo.

Le vélo électrique connaît un réel succès, comme en témoigne le fait que 40% des salariés qui se rendent au travail à vélo envisagent de passer au vélo électrique : 3% projettent de le faire dans l’année, 5% dans les deux ans et 32% lorsqu’ils seront un peu plus âgés.

b) Le vélo électrique augmente sensiblement la distance potentielle du trajet entre le domicile et le lieu de travail

Si nous nous attardons sur la distance parcourue à vélo pour se rendre au travail, nous observons qu’elle a considérablement augmenté depuis l’arrivée du vélo électrique et du speed pedelec. Globalement, on constate que 56% des salariés qui effectuent la totalité du trajet à vélo habitent à moins de 10 km de leur lieu de travail. Ce qui veut dire que les 44% restants parcourent plus de 10 km à vélo.

D’après Bike to Work, chaque type de vélo a une portée accessible à tous, ce qui n’empêche pas certains cyclistes de parcourir des distances plus longues.

  • Vélo ordinaire – jusqu’à 7,5 km

  • Vélo électrique – jusqu’à 15 km 

  • Speed pedelec – jusqu’à 25 km 

Il ressort de l’enquête que la distance parcourue avec un vélo électrique et un vélo ordinaire est supérieure : 81% des travailleurs utilisant un vélo ordinaire parcourent jusqu’à 10 km pour rallier son lieu de travail, tandis que 88% des utilisateurs d’un vélo électrique parcourent jusqu’à 20 km. 1 sur 10 pédale même plus de 21 km. Le speed pedelec est souvent utilisé pour de plus longues distances : 45% des travailleurs utilisant un speed pedelec parcourent plus de 25 km pour se rendre au travail. Le speed pedelec est rarement (5%) utilisé pour des distances inférieures à 10 km.

Quelle est la distance parcourue par les travailleurs qui se rendent au travail exclusivement à vélo ?

 

≤ 5 km

6-10 km

11-15 km

16-20 km

21-25 km

>25 km

Vélo ordinaire

48%

33%

11%

5%

1%

2%

Vélo électrique

16%

32%

21%

19%

6%

6%

Speed pedelec

0%

5%

9%

17%

24%

45%

Général

29%

27%

16%

10%

7%

11%


c) Le vélo électrique (rapide) contribue à réduire le nombre de voitures sur le chemin du travail

Quand on analyse la façon dont les cyclistes se rendaient jadis au travail, on constate que ce sont surtout le vélo électrique et le speed pedelec qui ont convaincu les travailleurs d’abandonner la voiture au profit du vélo. 92% des travailleurs utilisant un speed pedelec pour se rendre au boulot faisaient le trajet en voiture avant. Même constat, mais dans une moindre mesure, pour les utilisateurs d’un vélo électrique (79%). Les transports publics aussi ont perdu des utilisateurs au profit du vélo. Sans doute à cause du fait que les transports en commun subissent eux aussi les embouteillages et que sur certaines lignes, on a atteint la capacité maximale. Autres raisons plausibles : la distance entre le domicile/le lieu de travail et l’arrêt de bus, tram, métro…, ainsi que la fréquence de passage des transports publics.

Quel mode de transport a été supplanté par le vélo ?

 

Voiture

Train

Transports public

Moto

Marche

Aucun (toujours à vélo)

Vélo ordinaire

62%

2%

8%

1%

2%

25%

Vélo électrique

79%

3%

7%

1%

1%

9%

Speed pedelec

92%

5%

2%

0%

0%

1%

 

L’avènement du vélo électrique a donc non seulement augmenté le nombre de cyclistes, mais aussi allongé la distance potentielle à parcourir à vélo.

2. L’infrastructure cyclable s’avère encore plus importante pour les vélos électriques

a) Pour leur sécurité, les cyclistes (électriques) ont encore plus besoin d’autoroutes cyclables et de pistes cyclables en site propre

Par notre enquête, nous avons également cherché à savoir en quoi consistait la route empruntée par les cyclistes pour se rendre au travail. La plupart du temps, ils circulent en agglomération sans aménagement cyclable particulier ou sur une bande cyclable accolée à la voie de circulation normale (55%). 44% empruntent une piste cyclable en site propre. 14% circulent sur des routes de campagne et 13% sur une autoroute cyclable (aussi appelée super piste cyclable ou piste cyclable à grande vitesse). Ce sont surtout les travailleurs résidant à plus de 16 km de leur lieu de travail, donc surtout les utilisateurs de vélos électriques et de speed pedelec, qui empruntent ces autoroutes cyclables.

En quoi consiste le chemin emprunté pour se rendre au travail ?

Souvent/Toujours

≤ 5 km

6-10 km

11-15 km

16-20 km

21-25 km

> 25 km

moyenne

Agglomération sans aménagement cyclable

60%

59%

50%

61%

53%

58%

55%

Bande cyclable jouxtant la route

51%

55%

53%

49%

53%

54%

55%

Piste cyclable en site propre

36%

49%

49%

38%

49%

39%

44%

Route de campagne

7%

14%

17%

20%

27%

24%

14%

Autoroute cyclable

5%

11%

15%

23%

21%

20%

13%

 

Lorsque nous interrogeons les participants sur leur degré de satisfaction quant à l’infrastructure cyclable en termes de confort et de qualité, nous constatons que ce sont les autoroutes cyclables rapides et les pistes cyclables en site propre qui ont la faveur des utilisateurs, comme en témoignent les scores ci-après.

Jugement en termes de qualité : je trouve ma piste cyclable (très) confortable

  1. Autoroute cyclable : 67%

  2. Piste cyclable en site propre : 51%

  3. Route de campagne : 47%

  4. Bande cyclable accolée à la route : 29%

  5. Agglomération sans aménagement cyclable : 26% 

    b) Les utilisateurs de vélos électriques demandent une infrastructure cyclable adaptée

Lorsque nous les interrogeons sur les principaux motifs d’irritation rencontrés sur le chemin du travail, on observe des grandes disparités en fonction du type de vélo utilisé. Les navetteurs se déplaçant avec un vélo électrique ou un speed pedelec se plaignent davantage de l’infrastructure cyclable et du comportement des automobilistes que les travailleurs utilisant un vélo ordinaire pour se rendre au boulot. La densité de trafic semble moins gêner les cyclistes se déplaçant avec un speed pedelec.

Quels sont les principaux motifs d’énervement sur le chemin du travail ?

 

En général

Vélo ordinaire

Vélo électrique

Speed pedelec

  1. comportement des automobilistes

59%

57%

55%

61%

  1. mauvais état des pistes cyclables

54%

48%

61%

65%

  1. densité du trafic

42%

44%

41%

22%

  1. trop de passages pour piétons

27%

24%

29%

34%

  1. étroitesse des pistes cyclables

27%

24%

32%

42%

  1. manque d’éclairage des pistes cyclables

29%

22%

39%

52%

 

Il ressort donc clairement de l’enquête que les salariés se rendant au boulot à vélo ont besoin d’une infrastructure cyclable adaptée et qu’on manque de pistes cyclables en site propre et d’autoroutes cyclables, mais aussi que les aménagements cyclables devraient être mieux entretenus (61% des cyclistes électriques se plaignent du mauvais état des pistes cyclables).

3. Les entreprises ont un rôle important à jouer pour inciter leurs salariés à venir travailler à vélo

L’enquête posait aussi la question de savoir ce que l’employeur pouvait faire pour stimuler l’utilisation du vélo. Nous avons posé la question uniquement aux travailleurs qui ne se rendent que très sporadiquement au travail à vélo.

Le top 5 des mesures qui inciteraient une utilisation plus fréquente du vélo :

  1. Une indemnité de déplacement maximale : 85% estiment que ce serait un (très) bon stimulant

  2. Des douches au travail : 73%

  3. Une assistance vélo gratuite : 68%

  4. Un parking à vélo correct sur le lieu de travail : 68%

  5. Le vélo électrique : 59%

  6. Un vélo de société : 48%

Pour 6 travailleurs sur 10 qui n’utilisent que rarement le vélo, un vélo électrique serait un stimulant de plus pour se rendre plus souvent au travail à vélo. 60% de ces salariés habitent à une distance de 11 à 25 km de leur lieu de travail et pourraient donc parfaitement utiliser un vélo électrique ou un speed pedelec. 16% d’entre eux habitent à moins de 10 km du travail.

Un vélo de société convaincrait 1 travailleur sur 2 à se rendre plus souvent au travail à vélo

Si l’employeur mettait un vélo à la disposition du travailleur, 48% d’entre eux qui ne viennent travailler qu’une à deux fois par mois ou par an à vélo seraient disposés à le faire plus souvent. Sur la façon dont l’employeur devrait mettre ce vélo à la disposition de ses travailleurs, les avis sont partagés. 30% estiment que l’employeur devrait intervenir dans une partie des frais, tandis que 25% privilégieraient la formule d’un achat groupé.

Trouvez-vous que votre employeur doit intervenir dans l’achat d’un vélo ?

Non, j’achète mon vélo moi-même

28%

Oui, mon employeur devrait financer mon vélo intégralement

17%

Oui, mon employeur devrait intervenir partiellement dans l’achat

30%

Oui, via une formule d’achat groupé, l’employeur pourrait proposer des vélos à meilleur prix

25%

 

4. 1 cycliste sur 3 se rendant au travail à vélo porte un casque, contre 9 sur 10 dans le cas de sorties sportives.

Les personnes interrogées ont reconnu porter plus souvent un casque dans le cas d’une rando sportive que pour se rendre au travail. Ils ne sont que 36% à accepter d’en porter un sur le chemin du travail, contre 95% en cas de sortie sportive.

Dans quelle mesure portons-nous un casque ?

 

Souvent / Toujours

Sorties sportives à vélo

95%

Chemin du travail

36%

Balades récréatives à vélo

22%

Déplacements quotidiens (ex. courses)

8%

 

VAB n’est toutefois pas partisane d’imposer le port du casque, car 28% des travailleurs se rendant au travail à vélo avouent que dans ce cas, ils réduiraient ou renonceraient au vélo.

Dans quelle mesure l’obligation de porter un casque influencerait-elle l’emprunt du vélo pour se rendre au travail ?

Aucun impact

72%

Je roulerais moins à vélo

16%

Je roulerais nettement moins à vélo

9%

Je renoncerais au vélo

3%

 

5. L’aspect santé et les embouteillages sont les principales motivations pour se rendre au travail à vélo

Même si l’indemnité vélo encourage les travailleurs à venir travailler à vélo, ce n’est pas la principale motivation. Les travailleurs privilégiant le vélo invoquent surtout la santé et l’envie de faire du sport/de l’exercice physique. 90% des personnes interrogées avouent se sentir en meilleure forme depuis qu’ils se rendent au travail à vélo. La récente amélioration des infrastructures cyclables apparaît aussi comme un facteur motivant, de même que les embouteillages qui paralysent les automobiles et les transports publics. L’arrivée du vélo électrique a également influencé la décision des travailleurs qui se rendent désormais au boulot avec un vélo électrique (93%) ou un speed pedelec. Pour eux aussi, l’aspect santé reste important. Les utilisateurs d’un speed pedelec sont plus nombreux à reconnaître l’importance de l’incitant financier. Cela s’explique par le fait qu’ils parcourent une distance nettement supérieure. Actuellement, l’indemnité vélo n’est pas exonérée d’impôts ni de contributions sociales. Il est urgent qu’elle le devienne.

Pourquoi privilégier le vélo pour se rendre au travail ? Raisons importantes à très importantes :

 

En général

Vélo ordinaire

Vélo électrique

Speed pedelec

1. l’aspect santé

82%

82%

80%

75%

2. pour des raisons sportives

78%

75%

75%

79%

3. embouteillages (voiture, transports publics)

68%

69%

69%

71%

4. amélioration de l’infrastructure cyclable

67%

62%

75%

82%

5. indemnité vélo

56%

50%

65%

86%

6. changement de situation (privé/professionnel)

40%

44%

39%

29%

7. manque de ponctualité des transports publics

35%

39%

35%

29%

8. l’avènement du vélo électrique

34%

10%

93%

89%

 
6. Même en cas de fortes pluies, 7 personnes sur 10 restent fidèles au vélo pour se rendre au travail

Il ressort de l’enquête que 67% des personnes se rendant au travail à vélo ne modifie pas ses habitudes en cas de pluie. 63% s’équipent spécifiquement (tenue imperméable, éclairage supplémentaire, etc.) tandis que 4% retardent simplement le moment de se mettre en route. Parmi les travailleurs empruntant un vélo ordinaire pour se rendre au boulot, ils sont même 72% à maintenir cette habitude.

En cas de très fortes pluies, 1 sur 4 prend quand même la voiture. Il s’agit surtout des travailleurs utilisant un speed pedelec, et donc ceux qui parcourent la plus grande distance. Ce qui est frappant, c’est qu’en pareil cas, les gens ont tendance à se rabattre sur la voiture. 1 sur 10 seulement opte pour les transports publics.

Que faites-vous en cas de fortes pluies ?

 

Je pars quand même à vélo (avec une tenue imperméable)

Je prends la voiture

Je retarde mon départ mais pars quand même à vélo

J’emprunte les transports publics

Autre

 

Vélo ordinaire

67%

19%

5%

6%

3%

Vélo électrique

54%

29%

3%

8%

5%

Speed pedelec

60%

31%

0%

7%

2%

Général

63%

23%

4%

7%

4%

 


[1] Bike to Work est une initiative de la Fietsersbond qui depuis 2009 soutient les employeurs belges qui veulent inciter leur personnel à emprunter plus souvent le vélo. L’initiative compte actuellement plus de 35.000 travailleurs enregistrés et 250 employeurs participants. Plus d’infos sur www.biketowork.be

[2] Janssen Pharmaceutica est une des premières entreprises en Flandre à avoir adopté un plan de transport personnel. Le plan a été élaboré au début des années 90 et est opérationnel depuis 1995. La politique en matière de vélo fait partie intégrante du plan de transport depuis le tout début.

[3] Vélo électrique rapide où le soutien électrique continue au-delà de 25 km/h. En continuant à pédaler, il est possible d’atteindre une vitesse de 45 km/h.