Deltaray est une start-up qui a été fondée l'année dernière dans le but d'introduire une technologie de rupture pour la production de masse de pièces critiques. Outre la recherche de nouveaux clients et investisseurs, l'entreprise doit actuellement relever un certain nombre d'autres défis. Quel impact le coronavirus a-t-il eu sur cette entreprise jusqu'à présent ? Voyez l'interview de Walter Nackaerts, co-fondateur de Deltaray, et membre Transport & Mobility Club d'Agoria.


Bonjour, Walter. Merci de vous être libéré ce matin pour prendre un café virtuel en ma compagnie. Tout d’abord, pouvez-vous expliquer ce qu’est Deltaray et quel rôle vous y jouez ?

Deltaray est une start-up que nous avons fondée l’année dernière. Nous allons introduire une technologie de rupture sur le marché de la production en série de pièces critiques. Nous proposons une nouvelle solution pour l’inspection en ligne grâce à l’imagerie 3D à rayons X. C’est une technologie qui permet aux fabricants d’inspecter la qualité de leurs produits dans les moindres détails et d’automatiser le processus d’inspection en ligne de la qualité. 

Et vous êtes l’un des cofondateurs, si je ne me trompe pas ?

Effectivement.

Pouvez-vous expliquer comment fonctionne votre technologie plus en détail ?

L’assurance qualité est un must pour tous les fabricants de pièces critiques. Par conséquent, ils doivent inspecter les marchandises. Les technologies utilisées aujourd’hui ne permettent pas d’effectuer une inspection automatisée à 100 %. Notre technologie permettra une inspection à 100% sans faire de compromis au niveau de la vitesse ou de la précision. Cela permettra aux entreprises d’effectuer un contrôle de la qualité intégral et de disposer de données complètes sur tout ce qu’elles produisent.

Jusqu’à présent, quel a été l’impact du coronavirus sur votre entreprise ?

Par où commencer ? Naturellement, l’impact est considérable. Premièrement, nous sommes une nouvelle entreprise, nous avons donc besoin de nous faire une place sur le marché et d’attirer de nouveaux clients. Cela est bien entendu devenu impossible à cause du coronavirus. D’autant plus que nous voulons tout d’abord nous concentrer sur le marché européen. Les retards sont généralisés, de sorte que notre entonnoir de vente ne se développe pas comme nous le souhaiterions, ce qui ne réjouit pas non plus nos investisseurs. Tout est donc lié. 

Apercevez-vous la lumière au bout du tunnel ?

Il va sans dire que nous n’attendons pas les bras croisés, mais que nous élaborons des plans alternatifs. Par exemple, les salons internationaux auxquels nous souhaitions participer, à savoir le salon Control en mai à Stuttgart et l’Automotive Testing Expo en juin, également à Stuttgart, ont tous deux été annulés cette année. Il nous faut trouver des alternatives en participant à des foires virtuelles comme le salon Industry 4.0, qui se tiendra en juin.   Nous menons des campagnes de télémarketing, nous organisons une journée portes ouvertes et nous participons autant que possible aux initiatives pertinentes qui sont lancées un peu partout. Malheureusement, impossible de comparer tout cela à un salon international comme Control qui accueille 10 000 visiteurs en quelques jours.

Votre projet de mise sur le marché peut donc accuser un certain retard en raison de la crise du coronavirus. Mais continuez-vous à aller de l’avant en termes de développement technologique ?

Oui, le COVID-19 nous laisse un peu plus de temps pour peaufiner certaines choses et pour faire les derniers préparatifs. Mais en fin de compte, il est clair que le COVID-19 est loin d’être bénéfique pour nous.

Outre la recherche de nouveaux clients et le travail de sensibilisation, quels autres défis vous attendent à l’heure actuelle ?

Ils touchent principalement à deux aspects : la vente et les investissements. Nous recherchons de nouveaux investisseurs. Inutile de préciser que l’humeur des investisseurs n’est pas au beau fixe pour le moment. Le cap reste donc inchangé, seule la vitesse de croisière a diminué. 

Revenons-en à votre technologie. Est-elle réellement inédite ?

À notre connaissance, aucune alternative comparable n’existe aujourd’hui sur le marché. C’est pourquoi nous la qualifions de technologie de rupture. C’est de l’imagerie 3D à rayons X.  Les technologies actuellement disponibles répondent toutes à une partie des besoins du client, mais pas à la totalité. Grâce à notre technologie, vous pouvez inspecter simultanément l’intérieur et l’extérieur d’une pièce en temps réel, une réelle innovation sur le marché. Et cela à grande vitesse. Le CT-scan,  ou tomographie, est une technologie comparable : elle offre en substance les mêmes fonctionnalités, mais est beaucoup moins rapide.

Vu cette vitesse élevée, l’automobile représente probablement un marché important ?

Effectivement. L’automobile est l’un des secteurs que nous visons plus particulièrement. Outre l’automobile, nous nous intéressons également au secteur médical, à l’impression 3D et à l’assemblage de pièces critiques. 

En résumé, vous poursuivez le développement de votre technologie comme avant le coronavirus et vous adaptez votre business development grâce à des initiatives numériques. Nous espérons qu’Agoria pourra vous donner un petit coup de pouce en faisant connaître vos activités.

Tout soutien, quel qu’il soit, est le bienvenu. Nous allons maintenant nous concentrer sur notre journée portes ouvertes en juin. Ensuite, le premier selon international pertinent pour notre domaine d’activités est le MSV à Brno, en République tchèque, mais ce n’est qu’en octobre. Sans oublier bien sûr nos initiatives numériques.

Merci pour cet entretien, Walter. C’était très intéressant d’entendre comment vous faites face à la situation actuelle.