L’un des thèmes récurrents de nombreux livres et articles est le leadership, un ‘concept’ qu’il est quasiment impossible de définir. Si vous demandez aux gens ce qu’est le leadership, ils ne sauront probablement pas vous répondre. Si vous leur demandez par contre ce qu’il n’est pas, vous obtiendrez des centaines d’exemples et d’illustrations.


La période estivale est le moment idéal pour lire les livres qui se sont accumulés dans un coin depuis septembre de l’année précédente. Nous avons le plaisir de partager avec vous quelques idées et faits intéressants. En espérant qu’ils vous inspirent également !

Qu’est-ce qui fait de quelqu’un un bon leader ? Le fait qu’il vous donne envie de vous consacrer à vos tâches ou de relever des défis avec enthousiasme ? Qu’est-ce qui fait que vous pouvez exprimer aisément vos pensées, que vous osez suggérer de folles idées et que vous en retirez du crédit ?

Selon Simon Sinek, la clé se situe sur le plan sociologique, au niveau de la confiance. L’évolution et la survie des plus aptes ont été telles que nous faisons confiance aux personnes qui nous protégeront contre les dangers extérieurs. Lorsque nous nous sentons en sécurité au sein d’une organisation (ou d’un groupe social), nous allons naturellement collaborer : nous combinons compétences et talents pour surmonter le danger et saisir des opportunités. Un leader n’est donc pas une personne désignée, mais celle qui, grâce à la confiance que le groupe lui accorde, parvient le mieux à le protéger du monde extérieur. Or, dans le monde de l’entreprise, il ne s’agit plus de prédateurs, mais bien de rejet, d’intimidation, d’arbitraire, d’évaluations de performances, etc. Un leader n’est digne de confiance que lorsqu’il peut assurer cette sécurité, tout en se montrant cohérent et correct. En d’autres termes, lorsqu’il fait ce qu’il dit. « Les grands leaders ne sacrifient jamais les gens pour sauver les chiffres. Ils sacrifient les chiffres pour sauver les gens. » Simon Sinek

 

Le leadership n’est pas une fonction

Bien plus qu’une fonction ou un titre, le leadership en tant que tel est avant tout un choix. Un collaborateur se trouvant au dernier échelon d’une multinationale peut faire davantage preuve de leadership, en veillant sur les collègues qui l’entourent, que le CEO dans sa tour d’ivoire, qui compte les têtes et traite les personnes comme des ressources, plutôt que comme des êtres humains.

Mais un CEO peut aussi être un leader. Bob Chapman, de Barry-Wehmiller, l’a très bien démontré en choisissant, lors de la crise de 2008 (baisse de 30% du volume de vente), une autre voie que le licenciement collectif afin d’économiser 10 millions de dollars. Il a décidé de ne licencier personne, mais bien d’obliger chacun à prendre quatre semaines de congés non payés. Les collaborateurs pouvaient les prendre au moment de leur choix et en plusieurs fois s’ils le souhaitaient. Sa communication a été aussi simple que brillante, et engageante de surcroît : « Il est préférable de souffrir tous un peu plutôt que quelqu’un ait à souffrir beaucoup. » Au final, il a même économisé 20 millions de dollars, notamment parce que les collaborateurs ont échangé ces congés entre eux.

Les trois dimensions du leadership

Lors d’un congrès, d’une conférence ou d’un séminaire, vous rencontrez de nombreux dirigeants. Mais généralement très peu de leaders. Le leadership se caractérise par trois dimensions : l’identité, le rôle et le style.

Identité

Mon identité est-elle horizontale ou verticale ? Suis-je une personne humble, qui partage, coache, donne de l’espace ou une personne qui règle, solutionne, décide, coordonne ? Et surtout : quel est mon penchant naturel ?

Rôle

Quelles sont les tâches que j’aime m’attribuer ou que j’assume au sein de l’organisation ? Attention : les facteurs contextuels pouvoir – vouloir détermineront le leadership. Vous concentrez-vous davantage sur la tâche, les valeurs, le contexte, l’équipe ou le changement ? Ou vous attribuez-vous spontanément plusieurs rôles ? Généralement, les rôles sont répartis au sein d’une organisation.

Style

Enfin, le style détermine également la manière dont vous exercez votre leadership. Mon leadership est-il directif ou transactionnel, habilitant ou transformationnel ? Est-ce que j’opte plutôt pour le laissez-faire ou un style de leadership intimidant ?

Cette combinaison, ainsi que la structure de l’organisation et les membres de l’équipe, aboutissent ou non à un cocktail réussi. Par ailleurs, la mesure dans laquelle les objectifs et moyens sont répartis et l’impact que peuvent avoir les collaborateurs constituent également d’importants facteurs dans la réussite d’un leadership.

La confiance dans un contexte hiérarchique

Tous les contextes organisationnels ou organisations ne permettent pas de partager largement le leadership. Parfois, une hiérarchie est simplement mieux adaptée. Pour tirer le meilleur de vos collaborateurs, vous devez, en tant que supérieur, appliquer les principes de liberté, responsabilité et confiance. Or, il s’agit souvent d’un subtil exercice d’équilibre, car il est influencé par des convictions personnelles ou les attentes d’(un membre d’)une équipe, ce qui n’est pas toujours évident dans le contexte d’une structure hiérarchique (rigide).

En tant que leader, vous pouvez donner à une personne de votre équipe une certaine marge de manœuvre et des responsabilités, dans le cadre d’un dispositif d’essai ou d’un projet par exemple, mais le fait de gagner ainsi sa confiance dépendra de la manière dont vous assurerez entre-temps le suivi et dont vous conclurez. Les modalités et la fréquence convenues du suivi jouent également un rôle à cet égard. En tant que leader, accorder votre confiance ‘à l’avance’ à votre équipe constitue peut-être le principal défi. C’est un peu comme postuler : sans expérience ou références, mais avec l’assurance que vous pourrez réaliser et faire accepter par les membres de votre équipe vos promesses de leadership.

En conclusion, le leadership a déjà fait couler beaucoup d’encre et de salive, mais reste toujours du sur mesure, en fonction de l’organisation, de l’équipe ou du leader. Si vous butez cependant sur ce concept ou s’il vous échappe totalement, faites-le nous savoir.

Travailler sur le leadership dans votre organisation? Notre expert Robrecht Janssens peut vous accompagner. Contactez-le!