Rendre les produits intelligents est l’une des tendances majeures de la digitalisation : les produits ne "gardent" plus pour eux les données qu’ils génèrent, mais les rendent désormais disponibles pour d’autres applications. Lors de la Foire d’Hanovre, en avril dernier, de nombreuses entreprises ont présenté leurs solutions IoT. C'est le cas d'une société de fabrication d'épandeuses "intelligentes".


Auparavant, de nombreux produits - intelligents ou non - existaient pour ne remplir qu'une seule fonction spécifique. Les valeurs mesurées par des capteurs, par exemple, étaient transmises à une unité centrale de traitement. Celle-ci traitait les instructions nécessaires, faisait ce qu’elle avait à faire et, en général, cela s'arrêtait là.

Aujourd’hui, les produits ne "gardent" plus pour eux les données qu’ils génèrent mais les rendent disponibles pour d’autres applications. Ils peuvent aussi utiliser ces données pour effectuer des opérations qui nécessitaient à l'époque d'être centralisées. Ainsi, peu à peu, les instruments et appareils deviennent aussi plus intelligents. On parle également d'edge computing.

Les données récoltées étaient et sont encore peu exploitées. Elles restent stockées localement sur l’appareil et, avec le temps, deviennent obsolètes. Toutefois, les nouveaux moyens de communication, par le biais du wifi mais aussi via le réseau de téléphonie mobile (4G et, dans un avenir proche, 5G), ont permis l’émergence de nouvelles possibilités. Les données peuvent être transférées instantanément vers un système central où elles seront stockées ou traitées sur-le-champ. Auparavant, il fallait attendre de pouvoir lire les données d’un appareil à un endroit où l’on pouvait brancher un câble. Cela prenait du temps et il était alors parfois trop tard pour prendre des décisions.

Grâce à l’Internet des objets (Internet of things ou IoT en anglais), qui traduit précisément cette connexion immédiate avec un appareil, par exemple via Internet, il est possible de prendre des décisions et des mesures immédiatement à partir des données transmises.

De très nombreuses entreprises présentes à la foire d'Hanovre en avril dernier, développent activement ce type de solutions IoT. Certaines entreprises rendent leurs produits intelligents et exploitent davantage les données recueillies. D’autres proposent des solutions aux entreprises qui cherchent à rendre leurs produits plus intelligents ou à lire les données disponibles afin d’effectuer des tâches supplémentaires à partir de celles-ci.

Une épandeuse intelligente

Une entreprise qui fabrique des épandeuses pour l’épandage de sel sur les routes a ainsi équipé son épandeuse d’un processeur collectant l’ensemble des données de l’appareil, telles que : la composition du sel présent, les routes empruntées, la quantité de sel épandue, l’état des routes et bien d’autres. Cela permet par exemple de calculer l’itinéraire de l’épandeuse, de sorte que lorsqu’elle commence à manquer de sel, elle puisse revenir à sa zone de ravitaillement. Dans le même temps, cela permet de savoir en temps réel où le sel a été épandu, et ainsi de travailler plus efficacement et d’éviter de traiter deux fois la même zone.

En d’autres termes, l’épandeuse est devenue une source d’informations et ces informations, dont on ne disposait pas auparavant, ont permis de réduire la quantité de sel utilisée de 30% et d’optimiser le temps d’épandage, ce qui a conduit à des économies substantielles en termes de coûts et de matières premières. Enfin, cela a également permis d’occuper le personnel de manière plus efficace. (AWS IoT)

Ce n’est là qu’un exemple parmi les nombreuses possibilités de l’IoT qui permettent l’émergence de nouveaux modèles d’entreprise ou encore qui permettent à des appareils ou machines de fournir des informations conférerant une dimension complètement différente à leur utilisation.

L’on constate ainsi que de nombreux appareils ou produits «classiques» offrent de nouvelles possibilités grâce à l’IoT. Si vous avez des questions concernant la manière dont vous pourriez rendre votre produit plus intelligent, contactez Alain Wayenberg chez Agoria ou Pieter Beyl de Sirris. 

Cet article s’inscrit dans le cadre du projet WAT SLIM, lancé par Agoria et Sirris avec le soutien de la VLAIO.