Quel regard portent les grandes fédérations de notre pays par rapport à l’étude ‘Shaping The Future of Work’ d’Agoria et sur la réalité du terrain ? Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, salue l’initiative et relève même une certaine prise de conscience au sein des entreprises. Il tempère toutefois : « Que ce soit du côté des entreprises, de l’enseignement ou de la population en général, il reste encore énormément à faire ».


Marché du travail : « mismatch » quantitatif et qualitatif

Pieter Timmermans:  “ Je pense que nous sommes confrontés à plusieurs défis en même temps. Tout d’abord, mentionnons le mismatch entre l’offre et la demande sur le plan quantitatif : beaucoup d’offres d’emploi d’entreprises restent vacantes. Dans le même temps, nous constatons que les profils orientés vers les nouvelles technologies à la sortie des études sont encore trop peu représentés. Mais pas uniquement : même des profils requérant peu de qualifications sont difficiles à trouver ».

Be the Change : « un travail crucial pour nos jeunes »

Pieter Timmermans:  « Dans ce contexte, je trouve que l’étude qu’a mené Agoria à travers Be the Change est vraiment très pertinente : cela permet d’expliquer à tous que certaines professions sont amenées à changer, voire disparaître, mais aussi que la digitalisation offre de nombreuses opportunités de carrière. Il s’agit d’un travail particulièrement crucial vis-à-vis de nos jeunes, qui doivent décider de la voie professionnelle qu’ils vont emprunter. »

Envie de découvrir les conclusions et recommandations de l’étude Shaping The Future of Work ?

Télécharger le rapport complet de cette étude ici

 

Prise de conscience ? Oui, mais « il reste encore énormément à faire »

Pieter Timmermans:  « Après des années de sensibilisation, j’observe que le sentiment d’urgence est bien présent dans le chef de tous les acteurs. C’est un fait bien établi désormais : la profonde transformation qui nous attend est inévitable. Nous ne pouvons malheureusement pas en dire autant sur le plan pratique, au niveau des actions engagées concrètement sur le terrain. Que ce soit du côté des entreprises, de l’enseignement ou dans la population active en général,  il reste encore énormément à faire ».

Renforcer le lien entre le monde du travail et l’enseignement

Pieter Timmermans:  « C’est l’une des raisons pour lesquelles Agoria et la FEB plaident pour davantage de synergies entre l’enseignement et les entreprises, la promotion des métiers STEM et la modernisation de filières d’enseignement de manière générale ».

Young Talent in Action, ou comment rapprocher les jeunes et le monde l’entreprise

L’initiative Young Talent in Action lancée en 2015 par la FEB a pour but de sensibiliser les jeunes sur les opportunités que peut leur offrir le monde de l’entreprise, et dans l’autre sens, sensibiliser les chefs d’entreprises aux attentes des jeunes. Aujourd’hui, ce sont près de 2400 jeunes belgesqui y participent. La campagne propose différents volets d’action :

  • Mettre en avant des emplois du futur
  • Présenter les actions menées par les différentes fédérations sectorielles
  • Organiser des workshops réguliers, dédiés aux rencontres et échanges d’expériences

Pieter Timmermans:  « Certains de nos jeunes deviendront les managers de demain. Il nous revient de les guider dès maintenant au plus proche du monde l’entreprise. Je trouve qu’à ce titre l’initiative Be the Change proposée par Agoria et Young Talent in Action se complètent parfaitement ».

Activation et up-skilling : pas des options, mais des obligations

Pieter Timmermans :  « Le vieillissement de la population, l’inactivité d’une partie de la population ainsi que la digitalisation qui touche tous les pans de notre société sont des aspects critiques qui requièrent de revoir complètement notre politique actuelle par rapport au marché du travail. Si nous voulons maintenir notre compétitivité, le taux d’emploi, le financement de notre sécurité sociale et in fine, notre prospérité à tous, nous devons absolument activer davantage la population et l’armer pour les enjeux de demain. Ce n’est ni un luxe, ni une option parmi d’autres : nous n’avons tout simplement pas d’autre alternative».

Encourager la culture d’innovation, et pas seulement la digitalisation

Pieter Timmermans :  « La productivité est un prérequis à toute croissance économique, et la digitalisation en est certainement un des leviers les plus importants. Ne nous trompons toutefois pas de priorités : pour amener les entreprises à lancer des projets digitaux judicieux, il est nécessaire d’encourager avant tout la culture d’innovation au sein de celles-ci. Il en va de même pour nos centres de recherche et développement et nos universités : les spin-offs sont en effet d’excellents moyens de permettre à des chercheurs de lancer leur propre entreprise. Tout cela ne sera pas possible que si les pouvoirs publics ne développent pas une politique multifactorielle, fondée sur un ensemble de mesures ».

Envie de savoir ce que peut faire maintenant votre entreprise pour se préparer aux enjeux de demain ? Découvrez trois engagements simples que vous propose Agoria dans sa charte Be the change, et obtenez le label 'Employer preparing the future of work'.