L'écart grandissant entre l'offre et la demande de certains profils risque de freiner notre croissance économique. " Si nous ne voulons pas rester à la traîne, nous devons utiliser tous les talents disponibles et, dans le même temps, rapprocher l'enseignement et le monde du travail.", affirme Dominik Verrydt du bureau de sélection et formation Elevate People.


Le fondateur d'Elevate People, société soeur de 3-it à Westerlo, a remarqué ces dernières années que le monde IT était trop hermétique et que les talents atypiques se voyaient offrir trop peu d'occasions de percer. " De nombreuses entreprises mettent la barre trop haut pour les candidats ", indique Dominik Verrydt. " Si vous ne possédez pas deux ans d'expérience professionnelle pertinente, un diplôme de bachelier technique et les soft skills nécessaires, vous restez sur la touche. Parfois un seul aspect fait défaut aux demandeurs d'emploi mais cela les empêche d'être engagés. Afin de soutenir ce groupe de candidats 'laissés-pour-compte', nous avons créé en 2016 Elevate People. "

Formation sur le lieu de travail

" Nous engageons des informaticiens junior et nous les détachons chez nos clients où ils acquièrent 6 à 12 mois d'expérience professionnelle. Leur CV devient directement beaucoup plus attractif pour les autres employeurs du secteur.

Nous fournissons en outre durant cette période toutes sortes de formations personnalisées : depuis la façon de postuler jusqu'au coaching technique. La formation continue et le recyclage sont essentiels dans une branche qui évolue si vite. Les collaborateurs peuvent en outre compter sur deux équipes pendant leur formation : la nôtre et celle du client. Nos stagiaires ne se sentent ainsi jamais livrés à eux-mêmes. "

La persévérance vient à bout de tout

" Mais tout n'est pas rose pour autant. Encore trop peu de demandeurs d'emploi font appel à un bureau de sélection et formation. Le nombre de candidats adaptés pour notre programme est donc relativement faible. Malgré l'intérêt réciproque, certains facteurs mettent parfois des bâtons dans les roues. Le lieu de la mission n'est pas toujours idéal, le contenu de la fonction n'est pas (encore) assez stimulant ou le travail posté n'est pas compatible avec la vie privée. Il est regrettable que ces éléments 'temporaires' jouent un si grand rôle car notre investissement dans les talents atypiques paie : en deux ans, nous avons déjà aidé plus de 70 personnes à trouver un emploi fixe dans le monde IT. Pour les personnes persévérantes, le taux de réussite est très élevé. "

Tout le monde doit avoir sa chance

" Les employeurs doivent oser sortir des sentiers battus. Un exemple : Luna possède un diplôme d'enseignant en biologie mais passe d'un job d'intérim à l'autre. Sans nomination définitive, elle ne peut obtenir de prêt pour une maison et décide donc d'opérer une reconversion professionnelle. Elle se forme pour devenir informaticienne grâce à des organisations comme le VDAB et Syntra. Elle n'a toutefois pas le 'bon' diplôme de bachelier ni l'expérience professionnelle pertinente. Les employeurs n'osent donc pas l'engager. Grâce à un coaching poussé, nous tentons de la préparer au mieux et de trouver le 'match' parfait chez un de nos clients. "

Synergie entre enseignement et marché du travail

" Autrement dit : il ne faut pas surestimer l'importance du 'bon' profil. L'enseignement supérieur devrait lui-même évoluer également vers un rôle de coaching. Grâce à une offre plus large de formes d'enseignement numériques et de formations (continues), les travailleurs actifs pourraient se recyler plus rapidement. Les étudiants de jour doivent pouvoir goûter plus tôt à la vie professionnelle. C'est déjà possible grâce aux stages et projets traditionnels. Mais les entreprises devraient avoir encore plus le réflexe de soumettre leurs cas concrets aux écoles supérieures. Bref, si nous ne voulons pas rester à la traîne, nous devons utiliser tous les talents disponibles et, dans le même temps, rapprocher l'enseignement et le monde du travail. "

Agoria a élaboré quatre stratégie pour un marché du travail durable. Et invite chacun à être un acteur du changement via son appel 'Be the change'. Téléchargez ici l'étude 'Shaping the future of work' ou surfez sur info.agoria.be/fr/bethechange.