Jamais un accord commercial de l’UE n’a attiré autant l’attention que le TTIP : le Transantlatic Trade and Investment Partnership ou Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement. Malheureusement, le débat public actuel se cantonne généralement à quelques controverses symboliques ou éléments accessoires. Il est donc grand temps d’attirer l’attention sur les avantages du traité pour les entreprises belges qui font des affaires avec les USA.

L’importance des États-Unis pour l’économie belge ne fait aucun doute. Les USA constituent notre principal marché non européen et notre principal lieu d’exportation après l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Dans les exportations vers les USA, l’industrie technologique détient une part de pas moins de 30,5 %. De plus, il ne faut pas sous-estimer non plus l’importance de nos exportations indirectes vers les USA. Il est donc logique que nous suivions de près les négociations TTIP chez Agoria.

Les sceptiques dominent

Nous constatons hélas que les sceptiques dominent le débat public. Ils cataloguent le TTIP de "race to the bottom". Ils s’attaquent à des domaines comme la sécurité des produits, la protection des consommateurs, la vie privée, les normes environnementales, la sécurité alimentaire et l’emploi, sans démontrer concrètement en quoi le TTIP exercerait un effet préjudiciable sur tous ces aspects.

L’accord serait aussi non démocratique, notamment parce que de nombreux documents demeurent confidentiels. Mais lorsque la Commission européenne a publié en janvier de cette année des propositions de textes de traité, les sceptiques ont alors indiqué qu’ils étaient trop complexes, ce qui ne paraît pas illogique pour les textes d’un traité commercial. Ce qu’on oublie aussi, c’est que le projet final doit recevoir l'aval du Conseil (c.-à-d. des gouvernements des 28 États membres de l’UE), du Parlement européen et des parlements de tous les États membres (en Belgique, tant le parlement fédéral que les parlements des entités fédérées).

Débat équilibré

Il va de soi que nous ne devons pas fermer les yeux sur les risques, inconvénients ou carences possibles du TTIP. Celui-ci ne doit pas voir le jour à n’importe quel prix. Le résultat final devra être évalué de manière approfondie par tous les acteurs concernés avant d’être approuvé.

C’est précisément pour cette raison qu’il faut d’urgence un débat équilibré dans le cadre duquel le potentiel pour nos entreprises et la société dans son ensemble doit être abordé. Démontrer les avantages du TTIP s’avère toutefois beaucoup plus complexe que de pourfendre l’accord.

Avant d’avoir des chiffres parfaitement étayés, il faut en effet effectuer de profondes analyses juridiques et économiques. Le fait que certains acteurs aient jonglé un peu trop facilement avec les chiffres ou aient fait appel à des arguments émotionnels et moins bien fondés a évidemment apporté de l’eau au moulin des détracteurs. Mais vu l’importance des exportations pour l’industrie belge, nous croyons fort chez Agoria à l’impact positif que pourrait avoir le TTIP.

Pas un accord vidé de sa substance

Aussi l’accord TTIP constitue-t-il un des points fixes inscrits à l’ordre du jour des négociations d’Agoria avec les fédérations sectorielles européennes, les membres du gouvernement et les membres belges du Parlement européen. Lors d’un entretien personnel avec un des principaux négociateurs américains, nous avons pu exposer nos préoccupations majeures.

En tête de notre liste de priorités figurent une meilleure collaboration en matière de réglementation ainsi que les fameuses barrières commerciales techniques. Nous suivons la possible harmonisation des normes de très près, mais nous excluons que les règles soient vidées de leur substance. Les mécanismes de certification, les marchés publics et les règles d’origine constituent aussi des points essentiels pour nous, tout comme l’accès aux sources d’énergie et matières premières. Enfin, une baisse de tarifs grâce au volume des échanges commerciaux transatlantiques peut également faire diminuer sensiblement les coûts.

Nous demeurons bien entendu aussi attentifs aux autres problèmes qui se posent et étudions attentivement quelles solutions le TTIP peut éventuellement apporter aux obstacles que nos membres rencontrent lorsqu’ils entrent ou opèrent sur le marché américain.

Vitesse supérieure

Maintenant que les phases de négociation se succèdent à un rythme toujours plus rapide, nous devons toutefois, en tant que fédération sectorielle, passer à la vitesse supérieure en vue d’informer activement nos membres et le grand public au sujet de l’accord. Nous entendons prouver noir sur blanc aux sceptiques pourquoi le TTIP peut s’avérer une bonne chose pour l’UE.

C’est la raison pour laquelle nous organisons le 29 juin 2015 un événement consacré à ce TTIP, lors duquel toutes les instances concernées exposeront l’état d’avancement des négociations ainsi que leurs priorités pour les mois à venir. Nous dialoguerons ensuite avec des entreprises européennes et américaines quant à leurs expériences concrètes dans le domaine des exportations et à leurs attentes à l’égard du TTIP. Nous clôturerons l’événement par un large débat qui couvrira toutes les informations et positions. 

Vous souhaitez participer à notre événement TTIP du 29 juin 'TTIP - What's in it for Belgium?'

Toutes les informations et le formulaire d'inscription sont disponibles ici.