Depuis peu, deux nouveaux présidents sont à la tête du groupe d'entreprises Machines agricoles et horticoles et installations pour l'élevage. Kalina Hadzhieva se charge du suivi de la réglementation et des normes techniques tandis que Stefan Top est aux commandes des domaines commerciaux. " Le secteur est confronté à de grands défis et doit s'y préparer ", déclarent les deux présidents.


" Le groupe d'entreprises Machines agricoles et horticoles et installations pour l'élevage réunit 35 entreprises du secteur, qui représentent près de 5000 collaborateurs ", explique Kalina Hadzhieva. " L'une de nos tâches principales est de représenter nos membres, avec les experts Agoria, au sein du CEMA, le Comité européen du machinisme agricole. Nous suivons également de près la législation pertinente, comme la réglementation européenne sur les produits et l'homologation routière nationale. "

Une interaction à valeur ajoutée

" Par ailleurs, nous suivons de très près les tendances et nouveaux développements technologiques dans le secteur ", ajoute Stefan Top, coprésident.

" Nous nous concertons également avec les différentes parties prenantes, comme les fédérations agricoles et d'entrepreneurs. Nous communiquons toutes ces précieuses informations à nos membres. "

Stefan, vous avez déjà plus de 25 ans d'expérience dans le monde des PME. Kalina, vous travaillez depuis un certain temps pour une multinationale. Comment percevez-vous cette différence ?

 Stefan : " Comme une énorme plus-value. Grâce à son expérience chez le géant CNH, Kalina dispose d'un autre type de connaissances et d'expérience. À quelles difficultés de croissance les entreprises en expansion sont-elles confrontées ? Comment peuvent-elles les anticiper ? Je suis convaincu que son expertise peut être extrêmement enrichissante. Parallèlement, je souhaite défendre les intérêts des PME au sein de la communauté. Elles risquent parfois de passer inaperçues parmi les multinationales. "

Kalina : " Combiner nos deux perspectives n'offre en effet que des avantages. Mais il ne s'agit selon moi pas d'une dualité. L'échange de connaissances et d'expertise du secteur doit être maximal, sans faire de distinction entre PME et multinationales. Je considère ce transfert de connaissances comme le fer de lance du groupe d'entreprises. C'est la meilleure stratégie pour nous préparer, en tant que secteur, à plusieurs défis majeurs. "

La numérisation ça s'apprend

À quels défis l'agriculture et l'élevage sont-ils confrontés ?

Stefan : " L'internationalisation et la numérisation des entreprises doivent se poursuivre. Aujourd'hui, les innovations technologiques constituent le meilleur moyen d'optimiser les coûts et d'améliorer la production. Le secteur doit miser pleinement sur cet aspect. Pensons notamment à l'application variable de produits phytosanitaires, d'engrais et de semences. Ou aux récolteuses de haute technologie, qui génèrent des cartes de rendement. "

Kalina : " La législation à la traîne constitue un autre obstacle. La numérisation se poursuit à un rythme effréné ; la réglementation ne suit pas toujours. Le secteur agricole doit oser sortir des sentiers battus. Nous pouvons d'ailleurs nous inspirer d'autres secteurs, par exemple des normes pour les machines de construction et les camions. La condition essentielle est que nous adaptions cette réglementation à l'agriculture. "

Sécheresse : l'exception devient la règle

Nous en sommes à la troisième année consécutive marquée par la sécheresse estivale. Selon les modèles climatiques, les étés secs pourraient même devenir la norme. Quel est l'impact d'un risque de pénurie d'eau sur le secteur ?

Stefan : " En Flandre, les précipitations diminuent depuis quelques années. L'an passé, il est tombé 200 litres de moins par mètre carré qu'en 2013. La Flandre appartient en outre aux régions disposant des plus faibles réserves d'eau. Cette année, les dégâts agricoles dus à la sécheresse extrême se chiffrent déjà à au moins 50 millions d'euros. "

Mais le changement climatique ne se limite évidemment pas à la Flandre. Stefan : " Dans le monde entier, l'agriculture est confrontée à des conditions extrêmes qui risquent de générer à terme des pénuries alimentaires. Les agriculteurs doivent donc chercher des solutions numériques intelligentes pour mieux gérer les matières premières et optimiser leurs récoltes. Citons par exemple l'agriculture de précision et le geomapping, qui cartographie la composition du sol. "

Kalina : " L'impact du risque de pénurie d'eau et de raréfaction des matières premières est déjà perceptible dans la législation. De plus en plus de règles concernent l'efficacité du travail et une utilisation parcimonieuse des ressources. Cette tendance se poursuivra dans les prochaines années. "

La guerre des talents fait rage

Pour pouvoir faire face à ces défis, les membres ont besoin de profils spécifiques.

Stefan : " En effet, les constructeurs de machines éprouvent énormément de difficultés à attirer de nouveaux talents et à les garder. Le développement de machines pour l'agriculture et l'élevage est pourtant une branche d'activité intéressante, dans laquelle de prestigieux projets sont souvent lancés. Afin d'assurer leur croissance, les entreprises doivent continuer à miser sur le recrutement de collaborateurs qualifiés. "

Kalina : " La guerre des talents est encore plus vive dans les entreprises qui se consacrent à la réglementation technique. Trouver les bons profils relève de l'exploit. Le travail nécessite des connaissances très spécifiques et le processus est lent. Bref, la recherche du talent idéal est un problème auquel l'ensemble du secteur est confronté. "

Préparer les entreprises à l'avenir

Le secteur entre dans une période passionnante, c'est évident. Quelles sont vos ambitions en tant que coprésidents ?

Kalina : " Je souhaite me concentrer davantage sur la législation technique et diffuser ces connaissances parmi les membres. Concrètement, je me focalise depuis quelques années déjà sur l'homologation de machines automotrices, dans l'agriculture ainsi qu'en dehors. Il reste encore beaucoup à faire, mais j'espère que nous réaliserons de solides progrès dans les prochaines années. "

Stefan : " Mon ambition est de préparer les entreprises de manière durable à l'avenir. Les piliers de cette évolution sont connus : internationalisation, numérisation, homologations et bonne gestion des entreprises. Concernant ce dernier point, par exemple, j'aimerais organiser un séminaire : comment les chefs d'entreprise s'entourent-ils de collaborateurs compétents ? Et comment forment-ils correctement ces nouveaux talents ? J'entends contribuer à renforcer la croissance de nos membres en leur permettant d'acquérir ces connaissances. "

Kalina Hadzhieva en bref

Depuis 2010, Kalina est Product Safety & Compliance Engineer chez CNH Belgium et fait partie des différents groupes de travail du CEMA pour l'élaboration d'homologations. CNH Industrial est un leader mondial dans la conception et la production de machines agricoles, camions et autres véhicules (utilitaires). Le CEMA est le Comité européen des groupements de constructeurs du machinisme agricole.

Stefan Top en bref

Stefan a rejoint le département de développement d'AVR en 1993 ; il est aujourd'hui directeur général de la PME. Il siège également au conseil d'administration du CEMA. AVR est spécialisée dans le développement et la production d'arracheuses mécaniques de pommes de terre.

Vous souhaitez en savoir plus sur le groupe d'entreprises " Machines agricoles et horticoles et installations pour l'élevage "?

Contactez Nathalie Nicolas au 02/706 79 82 ou via nathalie.nicolas@agoria.be .