Décrochage scolaire ne signifie pas nécessairement décrochage du marché de l'emploi. C'est ce que prouve le succès de la 'coding school' lancée au sein de Molengeek, à Molenbeek. Une belle réponse à l'appel Be the change d'Agoria.


Molengeek. Un bâtiment moderne, lumineux, posé en plein coeur du vieux Molenbeek industriel. A l'intérieur, un bouillonnement dans une atmosphère très 'start-up' : gros coussins, murs décorés par des street artists, cuisine équipée et travailleurs solitaires ou groupes animés. A l'image du lieu qu'il a co-fondé voici trois ans, Ibrahim Ouassari nous reçoit casquette vissée sur la tête et tasse de café à la main. " A l'origine, le but était de créer un incubateur permettant aux jeunes du quartier de développer leur projets digitaux, explique-t-il. Mais rapidement s'est développée l'idée de lancer une 'coding school' : orientée vers les jeunes de 18 à 25 ans en décrochage scolaire, nous voulions leur prouver que le monde des technologies est accessible, pour autant qu'ils soient motivés. Avec une promesse : décrocher un job à la fin de la formation, d'une durée de six mois. " " Nous nous inscrivons ainsi parfaitement dans la stratégie 'activation' de l'appel d'Agoria, Be the change, ajoute-t-il.

Pratique avant tout

Le succès de l'initiative est fulgurant. " Lors de la dernière session, nous avions 120 candidats pour seulement 15 places ! La sélection se fait avant tout sur la motivation, avec une priorité pour les demandeurs d'emploi (nous n'allons pas inciter quelqu'un à lâcher ses études ou un job…). " La pédagogie est adaptée au public, rétif à un apprentissage scolaire : un peu de théorie, énormément de pratique, beaucoup d'interactivité et de travail en groupe – un vrai sentiment de communauté est ainsi créé. Résultat : 93% des étudiants de la coding school décrochent un job à la sortie de la formation (ou avant…) ou reprennent des études (" comme Ismail et Salahedinne, par exemple, à qui la formation a donné confiance et qui sont maintenant à l'Ephec ").

Des prolongements à l'étranger

Succès aidant, Ibrahim Ouassari veut peaufiner le programme… et l'exporter. " Nous allons lancer trois promotions d'un coup, précise-t-il. A côté de la coding school, nous développons un programme orienté sur le front-end (CRM) et un autre sur le marketing digital (design, emarketing). Des entreprises, comme Salesforce, viennent également donner des formations sur mesure. "

Et le concept fait des petits : en Belgique (avec des projets à Schaerbeek, Laeken, Borgerhout), mais aussi à l'étranger, avec des antennes prévues en Italie (Padoue) et au Maroc (notamment suite à la récente mission conduite par la Princesse Astrid).

Futures startups

La formation finie, le volet 'startup' de Molengeek est pour certains un prolongement naturel – il n'est pas rare que l'un ou l'autre veulent créer leur propre entreprise, comme une web-agency, par exemple. Au hasard de la découverte des espaces de Molengeek, Ibrahim Ouassari pointe ces deux jeunes passionnés qui ont lancé une société de vélo cargos (150 à 250 kg) – déjà une dizaine de coursiers – ou cet Africain qui rêve de lancer une app recensant tout ce qui se fait en matière de culture africaine en Belgique et en Afrique même.

Téléchargez ici l'étude'Shaping the future of work – La digitalisation et le marché de l'emploi en Belgique' et devenez vous aussi un acteur du changement. Suivez-nous sur info.agoria.be/fr/bethechange et sur Twitter (#bethechange2030)

 

www.molengeek.com