Au lieu de permuter les impôts entre eux, nous devons surtout continuer à les faire baisser, afin d'améliorer notre position concurrentielle, dans l'intérêt des entreprises et de leurs collaborateurs


Je plaide en faveur d'un 'tax cut' plutôt qu'un 'tax shift'. Et cela est possible, selon moi, en rendant les pouvoirs publics moins coûteux. Nous ne pouvons pas continuer à financer des pouvoirs publics aussi coûteux. Nous n'avons pas l'argent pour cela.

À cet égard, je prends surtout l'exemple des Pays-Bas. Les Hollandais mangent le fromage de notre pain, et ce n'est pas plaisant. Dans tout ce qu'ils font, ils sont proactifs, alors que nous sommes réactifs. Ils sont parvenus à attirer les activités e-commerce et nous les avons regardés faire.

Le handicap des coûts salariaux du secteur privé, comparé à la zone euro, est plus de deux fois plus élevé en Belgique qu'aux Pays-Bas. La part de la Belgique dans les exportations européennes de produits technologiques est plus de deux fois moins élevée qu'aux Pays-Bas. Et notre dette historique pèse deux fois plus sur les finances publiques.

Les dépenses de chômage et de pension exprimées en pour cent du produit intérieur brut (PIB) sont également plus élevées en Belgique qu'aux Pays-Bas. Dans un même temps, les Pays-Bas affichent des dépenses publiques moins élevées et un taux d'emploi supérieur. Il faut dès lors tout mettre en oeuvre pour éliminer notre handicap des coûts salariaux, moderniser notre marché du travail et préparer la transformation numérique. Il convient également de mener une politique d'innovation axée sur les entreprises et d'investir dans les infrastructures pour les télécoms, l'énergie et la mobilité.

La digitalisation va accroître le fossé entre demande et offre de compétences numériques. D'ici 2030, et c'est demain, 4,5 millions de travailleurs devront optimiser leurs compétences numériques, 310.000 travailleurs et demandeurs d'emplois devront se recycler et 584.000 postes vacants ne seront pas pourvus si aucune mesure n'est prise.

Si tous les objectifs visés plus haut sont menés à bonne fin, Agoria estime que cela aura un impact de 95 milliards d'euros sur le PIB, soit environ un cinquième du PIB actuel.

Pour cette année, je suis un peu plus positif. Le carnet de commandes continue de soutenir le chiffre d'affaires, même s'il s'inscrit en recul depuis l'été 2018. Parmi les risques pouvant exercer une influence négative, citons une escalade de la guerre commerciale, un nouveau ralentissement de la croissance économique en Chine et l'impact de la directive WLTP dans l'automobile (la nouvelle norme européenne pour les tests d'émissions).

Et vous, comment voyez-vous l'économie ou votre entreprise évoluer dans les années à venir ?

Marc Lambotte
CEO d'Agoria

Memorandum Élections 2019
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