Chaque semaine, Agoria lance une proposition qui bénéficie aux entreprises et à la société dans son ensemble, mais qui n’a pas d’impact substantiel sur les budgets publics. Cette semaine : stimulons ensemble le partage de données – dans le respect de la vie privée de chacun – pour une industrie plus forte et de meilleurs services publics.


L'utilisation des données pendant la crise du coronavirus a, à plusieurs reprises, prouvé son potentiel dans la surveillance de la pandémie et la détection de nouveaux foyers éventuels. Les données sont donc à la base du développement des technologies de soins de santé en faveur de la prévention et de l'endiguement de la menace.

Proposition 7: L’Open Data est un puissant vecteur de création d’emplois et d’innovation.  Stimulons ensemble le partage des données, dans le respect de la vie privée de chacun, pour une industrie et des services publics plus forts.

Quelles leçons tirer de la crise du coronavirus ?

Durant la crise du coronavirus, l’utilisation des données a prouvé à plusieurs reprises son potentiel : pour la surveillance de la pandémie et la détection de nouveaux foyers éventuels. Les données sont donc à la base du développement des technologies de soins de santé pour prévenir et circonscrire la menace.  Toutefois, nous n’avons nullement pu tirer tout le potentiel des données existantes, car il existe encore souvent de nombreux obstacles à un accès facile aux données ou à leur partage. Afin de pouvoir faire face à une future crise sanitaire, mais aussi pour résoudre d’autres problèmes sociaux, nous avons besoin de données plus ouvertes.

Elles nous permettent également de booster notre économie grâce à la digitalisation. Les données sont en effet une des matières premières indispensables à une digitalisation réussie. Notre pays n’est toutefois pas encore le meilleur élève dans l’utilisation de données ouvertes. Au contraire, la Belgique ne figure que dans la moyenne inférieure de l’indice DESI. Il s’agit du classement annuel de la Commission européenne de tous les États membres de l’UE en matière de compétitivité digitale.

Si nous suivions l’exemple d’un pays en pointe en matière de services publics digitaux, à savoir l’Estonie, nous pourrions exploiter un énorme potentiel économique nouveau. Cela peut se faire en adoptant quelques mesures politiques intelligentes.

Que proposons-nous ?

  • Encourager le partage de données en donnant le bon exemple. Dans la pratique, cela peut se faire en élargissant la plateforme de données ouvertes data.gov.be. Actuellement, elle contient principalement des données historiques, mais pour résoudre les problèmes de demain, il est nécessaire que les entreprises aient accès aux données actuelles et en direct.  En ce qui concerne le climat, la mobilité et les soins de santé, l’ouverture de plus de données a certainement de nombreux potentiels. Encourageons nos organisations de mobilité, comme la SNCB, à ouvrir leurs données plus facilement. De cette manière, des solutions et des services utiles pourront être mis en place et des algorithmes d’intelligence artificielle pourront être développés. Bien entendu, cela doit se faire dans le respect des règle sexistantes en matière de vie privée.
  • La stratégie européenne en matière de données définit une vision d’avenirpour plus de données accessibles. Il faut s’efforcer de rattacher les nouveaux projets et les projets existants autant que possible à une vision européenne, de sorte qu’à l’avenir, des données puissent également être échangées facilement, y compris en dehors de nos frontières nationales.
  • Il convient de faire en sorte que les entreprises bénéficient d’un accès aisé aux données, de préférence par le biais d’API (Application Programming Interface).

Pourquoi est-ce important ?

Les données ouvertes créent de la prospérité et des emplois et sont nécessaires à l’innovation. Pour que les entreprises puissent développer des produits et services innovants, des données sont nécessaires. Pour de nombreux projets, ces données sont disponibles en interne, mais la valeur ajoutée réside dans la combinaison de données d’entreprise et de données publiques. Cela permettra aux entreprises de réaliser des développements qui nous aideront à trouver des solutions aux défis sociétaux comme les risques sanitaires (COVID-19), le réchauffement climatique et les problèmes de mobilité.

Où en est actuellement la Belgique ? Il existe un certain nombre de bonnes initiatives telles que les SIG (données de géolocalisation), le site web fédéral data.gov.be et la plateforme de données ouvertes pour les soins de santé.  Mais pour chaque administration qui collabore bien, il existe encore trop d’instances qui ne mettent pas de données ouvertes à disposition ou le font seulement de manière limitée. Par rapport au reste de l’UE, nous pouvons certainement faire mieux.

Actuellement, les données ouvertes dans notre pays représentent un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros, 5760 emplois directs et 21.000 emplois indirects. Si nous venions à récupérer notre retard et à rattraper les pays figurant dans le top de l’UE, nous pourrions réaliser 9,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire pour notre économie dans les cinq prochaines années et créer ainsi 9.760 emplois directs et 24.600 emplois indirects supplémentaires.  Qu’attendons-nous encore ?  Faisons en sorte que notre pays devienne le meilleur élève de l’UE en matière de données ouvertes et donnons un véritable coup de pouce à la relance digitale.

Cela vous semble une bonne idée ? Téléchargez ici le PDF (89,7 kB)

Après plusieurs mois de crise du coronavirus, les dégâts deviennent évidents et des milliards d'euros d'aide sont distribués pour sauver l'économie. Mais tout ne doit pas forcément coûter cher. La campagne "#Letstechtogether" d'Agoria lance chaque semaine une proposition qui ne coûte rien de plus et qui pourtant peut rapporter rapidement beaucoup à la société.

Téléchargez notre texte de vision globale
 (39,4 kB)

Lisez les précédents articles de cette série :