Le conférencier principal lors de la Digital Connect Week d’Agoria sera le Professeur Dr. Ivanka Visnijc, professeur en innovation de la ESADE Business School et directrice de l’Institute for Innovation and Knowledge Management. Elle est experte en innovation des modèles d’entreprise pour l’industrie manufacturière. Lors de sa conférence, elle se concentrera sur les facteurs de succès de l’innovation digitale. « Une véritable innovation est impossible sans transformation de votre modèle d’entreprise. »


Digital Connect Week 2020

Dans quelle phase votre entreprise se trouve-elle sur la voie de l'innovation technologique ? Dans son keynote, le Prof.  Dr.  Ivanka Visnjic dévoilera ce modèle dans les détails, identifiera les principaux défis de chaque phase et proposera des solutions pour passer à l’étape suivante. 
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« Bien que l’attention portée à la digitalisation a fortement augmenté ces dernières années en Europe, il existe encore un énorme potentiel d’innovation dans les entreprises », souligne Ivanka Visnjic. « Certainement par rapport à leurs collègues américains et asiatiques. Les principaux facteurs de succès pour l’innovation résident dans votre modèle d’entreprise. » Ivanka Visnjic identifie trois phases dans la maturité de l’innovation.  Durant sa conférence, elle se penchera sur les défis et opportunités de chacune d’entre elles.   

Phase 1 : efficacité dans la chaîne de valeur

« L'innovation technologique ne se fait pas du jour au lendemain, mais nécessite des investissements et une approche étape par étape », explique Ivanka Visnjic. « La première phase met l'accent sur l'efficacité au sein de la chaîne de valeur, lorsque les entreprises utilisent des outils numériques pour améliorer le développement de leurs produits.

 La digitalisation de processus, tels que la communication interne ou la gestion des produits, accroît l'efficacité au sein de l'entreprise, par exemple grâce à l’application d’un système ERP. La COVID-19 a considérablement accéléré cette tendance. De nombreuses entreprises ont changé leur vision des outils numériques, passant du Nice to have à une priorité absolue. Dans cette étape, les entreprises continuent de s'appuyer sur des modèles de production classiques dotés d'une chaîne de valeur orientée vers le marché : un trajet à sens unique, du fournisseur au client final en passant par le producteur. »

Phase 2 : transformation digitale dans la chaîne d’approvisionnement

« La plupart des entreprises manufacturières européennes se trouvent actuellement dans cette phase : l’évolution d’une approche basée sur les produits vers une approche basée sur les solutions », précise Ivanka Visnjic. « Autrement dit : un glissement d’une chaîne linéaire vers un modèle agile orienté client. Ce glissement est généralement dicté par les besoins spécifiques des clients. Les utilisateurs finaux attendent des solutions sur mesure, et les méthodes de production standardisées ne suffisent pas à les développer.

Alors que la première phase augmente l'efficacité au sein de l'entreprise, la seconde est axée sur l'efficacité et la flexibilité dans l’ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Les technologies digitales comme la RFID (étiquettes intelligentes) soutiennent la complexité accrue dans cette chaîne. Ce modèle fait reposer davantage de responsabilité sur les épaules des fournisseurs : leur qualité et leur efficacité exercent un impact direct sur le processus de développement. » 

Phase 3 : un écosystème génératif

« Le plus grand défi pour les entreprises manufacturières au cours de la phase 2 est l'étape vers un véritable modèle de collaboration », explique Ivanka Visnjic. « L’Industrie 4.0 englobe un ensemble complexe de technologies et solutions intelligentes. Les méthodes classiques des entreprises manufacturières ne leur permettent pas de les développer elles-mêmes. Le modèle d’entreprise ultime pour l’innovation technologique est dès lors un écosystème au sein duquel entreprises manufacturières et acteurs digitaux œuvrent au développement. » 

« Les entreprises manufacturières ne fonctionnent pas comme des donneurs d’ordre, mais comme plateforme d’innovation : elles partagent leurs données, leur infrastructure digitale et leurs connaissances R&D avec des développeurs spécialisés. Le système classique de la sous-traitance cède la place à la cocréation.

Ce modèle repose sur la confiance : construire un écosystème est un saut dans l’inconnu, les entreprises perdant une partie de leur contrôle.  Sur la voie de l’innovation, il s’agit sans doute du changement le plus radical et du plus grand défi. 

Bref, l'innovation technologique n'est possible que si vous transformez radicalement votre modèle d’entreprise. La bonne nouvelle, c’est que cette approche offre du rendement à chaque étape du processus », conclut Ivanka Visnjic.