La deuxième partie de notre débat politique organisé dans le cadre de l'événement #agoria2018 'REactiv8' a également donné lieu à de nombreuses déclarations intéressantes des hommes et femmes politiques présents. Durant cette deuxième partie, les thèmes de l'innovation, de l'énergie, de la mobilité et des talents ont été abordés.


Innovation

Que fait votre parti pour faciliter l'accès des entreprises de notre pays aux aides européennes à l'innovation ? Dans quelle mesure les autorités doivent-elles montrer l'exemple et opter pour une architecture innovante dans les bâtiments publics ?

Bart De Wever (N-VA) : " Le besoin de constructions et d'infrastructures innovantes se fait cruellement sentir et cela nécessite avant tout une politique financière saine. Notre pays ne parvient pas à économiser suffisamment sur l'exploitation et ne peut dès lors maintenir un niveau d'investissement suffisant. À Anvers, nous avons réduit nos coûts d'exploitation de 430 millions d'euros et renforcé notre portefeuille d'investissement à hauteur de 500 millions d'euros. Afin que les entreprises puissent accéder plus facilement aux aides européennes à l'innovation, je plaide pour que nos villes instaurent un " eurodesk " au sein de leur administration, chargé de suivre les projets et d'accompagner les entreprises. "

Frédéric Daerden (PS) : " Ce n'est que par l'innovation que nos entreprises belges resteront concurrentielles. Elles doivent toutes être soutenues dans leur R&D - quelle que soit leur taille - et notamment en matière de brevets. "

Gwendolyn Rutten (Open vld) : " La Belgique ne sera jamais le pays le moins cher. Par conséquent, nous n'avons d'autre choix que d'être les meilleurs. Nos cerveaux sont notre principal atout. Dans ce contexte, peut-être aurions-nous besoin d'un nouveau Flanders Technology. "

Wouter Beke (CD&V) : " De nombreuses initiatives sont prises au sein de nos villes et Régions dans le domaine de l'innovation. Je crois par exemple fermement dans le projet Smart Cities. Avec notre infrastructure publique, nous pouvons et devons faire figure de précurseurs dans l'utilisation de technologies intelligentes permettant d'améliorer la sécurité, la mobilité et la connectivité. Si bon nombre de nos villes et communes sont relativement petites, cela ne les empêche nullement d'unir leurs forces et d'obtenir des résultats ensemble. Dans le Limbourg, par exemple, 44 communes travaillent main dans la main afin de faire du Limbourg une Smart Region (S-LIM) : un exemple pour toute l'Europe ! "

Meyrem Almaci (Groen) : " Le projet Smart Cities nécessite avant tout une vision stratégique globale, non morcelée. Une telle vision fait défaut dans notre pays mais doit être développée pour pouvoir créer un pôle international d'excellence et de compétence : pas une Silicon Valley mais bien une Zinneke Valley. "

Coût de l'énergie

Quand la norme énergétique promise dans l'accord de gouvernement et devant assurer un approvisionnement à un prix compétitif sera-t-elle mise en oeuvre ? Comment votre parti garantira-t-il que l'approvisionnement ne sera pas interrompu pendant la transition ?

 

Gilles Vande Burre (Ecolo) : " Le choix des écologistes est clair : sortir définitivement du nucléaire et investir massivement dans les énergies renouvelables et un modèle d'entreprise qui consomme moins. "

Bart De Wever (N-VA) : " Selon moi, il est impossible de rompre à la fois avec les combustibles fossiles (ce qui est indispensable pour pouvoir réduire les émissions de CO2) et avec le nucléaire d'ici 2030 tout en poursuivant l'électrification de notre flotte automobile et de notre industrie. C'est totalement irréaliste, à moins de vouloir mettre en péril la sécurité d'approvisionnement et faire augmenter considérablement les prix. S'il y a bien une chose qui fait défaut au sein de la politique énergétique, c'est une vision à long terme. "

Georges-Louis Bouchez (MR) : " L'objectif du gouvernement fédéral est de garantir l'approvisionnement dans le cadre de la transition. On reproche au fédéral de ne pas sortir assez vite du nucléaire mais pour cela, les Régions doivent mettre en place du renouvelable. "

Meyrem Almaci (Groen) : " Il existe effectivement un plan en la matière mais la question est : voulons-nous le mettre en oeuvre ? Maintenir deux centrales nucléaires ouvertes permettra en effet de faire baisser le taux d'émission de CO2. Mais investir dans l'efficacité énergétique, ouvrir le marché aux énergies renouvelables et fermer les centrales nucléaires permettrait de réduire encore bien davantage les émissions de CO2. Des études réalisées par Elia et Febeliec démontrent que c'est possible. La question est : le voulons-nous ? L'Allemagne a fait ce choix, par exemple, et avec succès ! "

Mobilité

Les problèmes de mobilité nous font perdre beaucoup de temps. Outre l'aspect financier, cela génère également un stress important chez les citoyens. Que propose votre parti pour faire face à ces problèmes ?

 

Didier Gosuin (DéFi) : " Il faudrait confier à un comité stratégique de techniciens issus des sociétés de transports publics la mission de réfléchir ensemble à une véritable stratégie de mobilité au niveau de l'hinterland bruxellois. Sommes-nous assez matures pour le faire ? "

Gilles Vanden Burre (Ecolo) : " Il faudrait encourager le partage des voitures dans les villes. L'administration publique pourrait donner l'exemple. Il faut innover aussi dans la mobilité. "

Georges Bouchez (MR) : " Les voitures autonomes vont révolutionner la mobilité. Avec leur arrivée, le partage va être automatique. "

Talents

Des milliers de postes restent désespérément vacants au sein de nos entreprises. Que propose votre parti pour y remédier ?

 

Wouter Beke (CD&V) : " Nous sommes en train de créer un certain nombre de leviers importants avec la réforme de l'enseignement secondaire, au sein duquel on observe actuellement une forte augmentation du nombre de formations en alternance, les formations dites STEM gagnant elles aussi en popularité. Nous devons aussi veiller à ce que les nombreux demandeurs d'emploi que compte encore malheureusement notre pays soient dirigés vers un emploi adapté de manière bien plus active encore qu'aujourd'hui. Des cours de langue sont notamment indispensables à cet égard. "

Maxime Prévôt (cdH) : " On a beau avoir des entreprises de pointe, trop peu d'entre elles arrivent à trouver le personnel disposant des formations et compétences voulues. Dans certaines zones de notre pays, 40% des gens en chômage de longue durée ont fait au maximum leurs trois premières années secondaires. "

Gwendolyn Rutten (Open vld) : " D'un côté, le nombre de postes vacants est plus élevé que jamais et de l'autre, il y a encore beaucoup trop de chômeurs. Le moment semble plus opportun que jamais pour limiter dans le temps les allocations de chômage. Les mesures de ce genre doivent être mises en oeuvre lorsque le contexte économique est favorable. Nous devons également oeuvrer en faveur d'une meilleure mobilité du travail entre les différentes Régions. Le chômage des jeunes atteint des sommets à Bruxelles tandis qu'à Zaventem, on peine à trouver de la main-d'oeuvre. C'est absurde, non ? Troisièmement, nous devons investir davantage dans la formation : tout le monde doit se mettre à l'heure du numérique."

John Crombez (sp.a) : " Nous devons diriger plus rapidement les jeunes vers un emploi. Les entreprises ayant un fort besoin de main-d'oeuvre recrutent souvent déjà sur les bancs de l'école et cela porte ses fruits. Nous devons permettre aux jeunes de 16 ans qui en ont assez de l'école de poursuivre plus rapidement leur formation en entreprise. L'apprentissage en alternance constitue un pas dans la bonne direction mais ce n'est pas suffisant. L'on pourrait peut-être aller plus loin dans cette direction, en impliquant davantage les travailleurs âgés, par exemple, qui éprouvent plus de difficultés à travailler vu l'allongement des carrières, mais qui possèdent toute l'expertise nécessaire pour pouvoir former ces jeunes sur le terrain.

Si vous l'avez manquée, découvrez ici la première partie du débat ...

Vous pouvez retrouver les déclarations politiques concernant les 4 autres thèmes REactiv8 (coût salarial, financement, ancrage des centres de décision stratégiques et fragmentation des compétences) dans un précédent article. Visionnez ici les photos de REactiv8 ou replongez-vous dans l'ambiance de l'événement grâce à notre vidéo :