La congestion routière en Belgique est un fait avéré. Les chiffres ne mentent pas. Les automobilistes belges perdent environ 44 heures dans les embouteillages chaque année, les émissions de gaz à effet de serre liées au transport ont augmenté de plus de 25% depuis 1990, alors que les investissements en infrastructure ont diminué de moitié. Mais comment cela se traduit-il dans la politique ? Un péage à Bruxelles, non coordonné avec les autres régions. Des projets concernant le ring de Bruxelles étudiés par la Flandre et bloqués par Bruxelles. Pourtant, le fédéralisme coopératif profiterait à la mobilité, tout comme à l'énergie.


En 2016 déjà, la FEB avait, à la suite d’une concertation intensive avec tous ses secteurs, développé et remis aux responsables politiques une vision globale de la mobilité. Notre proposition de se mettre à table et parcourir tous les points sur lesquels on pouvait trouver un terrain d'entente, afin de développer une vision interfédérale de la mobilité, a été rejetée. Pourtant, cela n'apporte rien aux citoyens ni aux entreprises que les responsables politiques fassent usage de leur niveau de pouvoir pour s'opposer mutuellement plutôt que de rechercher des solutions largement soutenues. La mobilité est vraiment un domaine qui nécessite un fédéralisme coopératif.

Dans le cadre de la Semaine de la mobilité, la FEB formule à nouveau quelques propositions qui permettront d’encourager une mobilité plus durable : entre autres continuer de promouvoir le budget mobilité, des investissements en infrastructure, des innovations comme les voitures autonomes, une meilleure correspondance entre les réseaux actuels de transports publics et une réflexion globale sur la fiscalité en matière de mobilité.

Toutes ces propositions, et par extension notre vision globale de la mobilité, mettent en avant une responsabilité partagée.  Notre pays a besoin d'un plan de mobilité global plutôt que d'une politique au lance-flammes en fonction de qui est compétent et qui ne l’est pas. Tous les acteurs devront consentir des efforts. Ainsi, les pouvoirs publics doivent créer un cadre fiscal favorable et intensifier leurs investissements entre autres dans les transports en commun et l'infrastructure. Les employeurs peuvent pour leur part encourager leurs collaborateurs, via leur politique de mobilité, à utiliser différents moyens de transport (durables) et œuvrer au verdissement de leur parc automobile. Enfin, les travailleurs aussi devront adapter leur comportement, notamment en recourant au budget mobilité et en n'utilisant plus la voiture pour chaque petit déplacement. Le recours croissant à l'indemnité vélo est déjà un point positif à cet égard.

Le débat public se focalise sans cesse sur les voitures de société, comme si leur suppression ferait disparaître les embouteillages en un tournemain. Or ce n’est absolument pas le cas. La voiture de société est et reste une composante importante de la rémunération : sa suppression augmenterait les coûts salariaux pour les employeurs et impliquerait une baisse des revenus nets pour les travailleurs. Cela ne profite donc à personne. Toutefois, si nous voulons dénouer le nœud de la mobilité en Belgique et atteindre nos objectifs environnementaux, il importe de miser pleinement sur une mobilité durable. Une bonne solution serait une voiture de société plus écologique, complétée par plusieurs modes de transport durables, tels que l'abonnement de train. La voiture de société permet en outre un verdissement rapide du parc automobile.

En revanche, bon nombre de responsables politiques voient d'un mauvais œil la redevance kilométrique intelligente. À condition de supprimer la taxe de mise en circulation et la taxe de circulation, elle pourrait pourtant être envisagée. Cela permettrait de taxer l'utilisation plutôt que la possession d'un véhicule. Cette redevance varierait en fonction du lieu, du moment et de la pollution. Le péage à Bruxelles, une mesure isolée n'ayant fait l'objet d'aucune concertation entre les régions, n'est pas une bonne solution. Cela me ramène à mon plaidoyer en faveur du fédéralisme coopératif.

Article publié sur le site web de la FEB