Quelque 14.000 postes sont actuellement vacants dans le secteur technologique, ce qui signifie que nos entreprises ne peuvent pas exploiter au maximum leur potentiel de croissance, et donc maximiser leur contribution à notre prospérité. La diversité constitue le levier par excellence pour combler le fossé entre l’offre et la demande de talents, et les femmes en particulier, qui sont en majorité, ont un rôle majeur à jouer à cet égard.


Le 28 février 1909, New York célébrait la première Journée de la femme. Un an plus tard, le Danemark proposait à son tour d’organiser chaque année une « Journée internationale de la femme ». Le principal objectif de cette initiative était de défendre le droit de vote des femmes, un droit qui leur a été accordé 10 ans plus tard en Belgique au niveau communal, puis en 1948 à tous les niveaux.

Depuis lors, les femmes ont franchi de nombreux jalons dans le secteur technologique, d'Ada Lovelace, la toute première programmeuse informatique à l'équipe de programmation de l'ENIAC, composée exclusivement de femmes mathématiciennes, en passant par Grace Hopper, qui a créé le tout premier compilateur, les fameuses icônes intuitives d'Apple de la designer Susan Kare, jusqu'à notre Ingrid Daubechies, qui est à l’origine du très populaire format photo JPEG.

Plus de cent ans plus tard, l’on serait en droit de se demander s’il est toujours pertinent d’organiser une « Journée internationale de la femme ». Le fait est qu’en dépit de tous les progrès enregistrés, tout n’est pas si rose pour les femmes dans le secteur technologique.

Pendant des décennies, les femmes n’ont pas vraiment été accueillies à bras ouverts dans ce secteur et dans d'autres domaines des STEM. L’on observe un énorme écart entre les hommes et les femmes dans ces domaines. Cet écart se reflète dans différents aspects, tels que les possibilités d'emploi et de carrière, la rémunération, les possibilités de leadership, les préjugés sur le lieu de travail, etc.

Alors que les femmes représentent près de la moitié de la main-d'œuvre totale, elles ne représentent que 20% des emplois dans l'industrie technologique. Si l'on considère les postes de direction, ce chiffre avoisine même plutôt les 5%. Et ce, alors même que les femmes belges font partie du top mondial dans le domaine de la technologie, avec notamment Sophie Vandebroek, CTO de Xerox et COO d'IBM Research ou Pattie Maes, responsable académique du MIT Media Lab et l'une des conférencières TED les plus populaires de tous les temps.

Quelque 14.000 postes sont actuellement vacants dans le secteur technologique, ce qui signifie que nos entreprises ne peuvent pas exploiter au maximum leur potentiel de croissance, et donc maximiser leur contribution à notre prospérité. La diversité constitue le levier par excellence pour combler le fossé entre l’offre et la demande de talents, et les femmes en particulier, qui sont en majorité, ont un rôle majeur à jouer à cet égard.

En outre, la diversité permet d’atteindre une meilleure productivité et une plus grande satisfaction des travailleurs. Une étude du groupe McKinsey réalisée en 2019 a révélé que les entreprises présentant un niveau élevé de diversité culturelle, ethnique et de genre affichaient une rentabilité meilleure de 36% en moyenne que celle des entreprises qui ne faisaient que peu ou pas d'efforts dans ce sens. Les entreprises dont les équipes de direction se caractérisent par un bon équilibre hommes-femmes enregistrent, elles aussi, des résultats nettement meilleurs en termes de rentabilité.

"Sur le lieu de travail proprement dit, la diversité conduit à une plus grande satisfaction : les opportunités et les problèmes sont considérés sous différents angles et le respect et la tolérance sont encouragés. Une bonne raison de mettre la diversité à l'ordre du jour au sein de votre entreprise !"

Agoria est heureuse d’apporter, elle aussi, sa pierre à l’édifice.

Ainsi, nous travaillons notamment en étroite collaboration avec des chercheurs de l'Arteveldehogeschool afin de cartographier la diversité au sein du secteur des TIC dans le cadre d'un projet du FSE. Nous allons établir une mesure de référence sur la base d'une enquête, mettre en place un réseau d'apprentissage et développer les instruments nécessaires pour permettre aux entreprises de se mettre au travail.

Mais n’hésitez pas à prendre vous-même des initiatives ! Agoria souhaite faire connaître les possibilités de carrière au sein du secteur technologique à tous les groupes cibles, et en particulier aux femmes. Les modèles féminins sont essentiels à cet égard. Présentez-nous les femmes talentueuses qui travaillent au sein de votre entreprise et nous les mettrons à l’honneur.Vous pouvez également partager avec nous des initiatives visant à encourager la diversité.

Le secteur technologique offre une myriade de possibilités de carrière intéressantes, et pas seulement pour les personnes issues d’une filière STEM. Tous les domaines d’études, de l’économie à la philologie en passant par les sciences du sport et la sociologie, peuvent conduire à une carrière dans le secteur technologique. Les entreprises technologiques, comme toute autre entreprise, ont besoin de profils commerciaux, marketing, juridiques, financiers, administratifs, de soutien, de gestion et d'une foule d'autres profils.

En dépit des progrès réalisés, de nombreuses choses pourraient encore être améliorées et il est de notre responsabilité collective de nous y atteler dès à présent. Aidez-nous à façonner un avenir plus empreint de diversité en partageant avec nous vos expériences ou vos contributions.

La FEB tient également à mettre en avant les initiatives de ses fédérations sectorielles Agoria, Denuo, Febelfin, Federgon et Fedustria. Vous trouverez plus d'informations à ce sujet ici.