Grâce à son écosystème d'entreprises de données et de cloud computing, Gaia-X vise à rendre l'économie européenne plus compétitive sur la scène mondiale. Le mardi 26 janvier, l’initiative d’Agoria Gaia-X for Belgium organisera un événement de lancement. Nous avons demandé à Hubert Tardieu, CEO par intérim, de nous parler des ambitions de Gaia-X et des raisons pour lesquelles il est essentiel que des entreprises belges rejoignent ce projet.


En lançant Gaia-X for Belgium, Agoria met en place un hub belge autour de ce projet européen en collaboration avec le secrétaire d'État à la Digitalisation Mathieu Michel. Son objectif ? Faire en sorte que les intérêts de l'industrie technologique belge soient intégrés dans le projet européen.

 

 « Nous voulons stimuler l'utilisation du cloud et des données en Europe », souligne Hubert Tardieu, CEO de Gaia-X. « À l'heure actuelle, seuls 26 % des entreprises et des organismes publics européens utilisent le cloud. À titre de comparaison, ce pourcentage avoisine presque les 50 % aux États-Unis. Nous sommes donc engagés dans une véritable course poursuite. »

« L'objectif de Gaia-X est de doubler notre utilisation du cloud d'ici quatre à cinq ans. » En tant que CEO par intérim, Hubert Tardieu (photo) est chargé de mettre Gaia-X sur les rails. En juin 2021,  la première assemblée générale réunissant pas moins de 200 membres élira le conseil d’administration définitif.

Pourquoi l'Europe accuse-t-elle un pareil retard?

« Il y a deux raisons à cela. La première est le manque de portabilité. Quiconque souscrit à un fournisseur de cloud en Europe batira ses applications pour tirer le meilleur parti possible à sa disposition s’interdisant ultérieurement de changer de fournisseur à cause du manque de portabilité. Il est donc impossible de faire appel à plusieurs fournisseurs successivement sans réécrire ses applications. La seconde est l'interopérabilité : il n'est pas possible d'échanger des données avec des clients, des partenaires ou des fournisseurs qui ont souscrit à un autre fournisseur de cloud. »

Comment Gaia-X va-t-elle remédier à ces problèmes?

En définissant avec les utilisateurs et les fournisseurs des « policy rules » qui garantissent la portabilité et l’interopérabilité.

Écosystèmes européens

Est-ce que GAIA-X se limite àces aspects de portabilité et d’interopérabilité dans le cloud; que fait GAIA-X en plus pour les entreprises européennes ?

« En stimulant la création d'espaces de données en Europe. Ces espaces de données permettent aux entreprises européennes de collaborer en échangeant des données et donc d'accroître leurs performances. Un exemple de la valeur ajoutée que peuvent apporter de tels espaces de données peut être observé dans le secteur automobile. De nombreux constructeurs automobiles connaissent par exemple des retards considérables dans l’identifiant des pannes rovenant de pièces détachées  parce que le partage des données est impossible entre les constructeurs et les fournisseurs de pièces détachées.

Si, par exemple, un composant présente un défaut, il peut s'écouler des semaines entre le moment où il est identifié et celui où le fournisseur reçoit les informations adéquates. Cela est préjudiciable pour toutes les parties concernées. Un écosystème commun permet de réaliser d'énormes gains de temps et d'efficacité, dans la mesure où ces problèmes sont résolus en temps réel. 

Pour éviter tout malentendu : Gaia-X ne construira pas l'infrastructure du cloud elle-même. Ce sont nos partenaires qui s'en chargeront. En revanche, notre mission est de créer un climat propice à l'épanouissement de cet écosystème. » 

« Nous allons stimuler la création d'écosystèmes. C'est la seule façon pour l'économie européenne de rester compétitive. » 

Hubert Tardieu, CEO, Gaia-X

Le projet sera lancé cette année. Quels sont les défis qui vous attendent?

« Trois jalons ont été posés pour 2021. Le premier consiste à élaborer une politique unique harmonisée qui respecte la législation européenne sur les données. Quelles règles et normes devons-nous instaurer pour favoriser la portabilité et l'interopérabilité ? Au troisième trimestre de 2021, nous publierons un ensemble de règles (« Architecture of Standards ».

« Gaia-X va définir une politique conforme aux lois européennes sur les données. Nous publierons notre note de politique dans le courant du troisième trimestre. »

Hubert Tardieu, CEO, Gaia-X

« Ensuite, nous allons développer des services fédérés autour de cette politique, à savoir des services "certifiés Gaia-X" permettant l'identification, la gestion des accès, le partage des données, la mise en conformité, etc.  Des prototypes de ces services open source seront réalisés par nos partenaires au cours de cette année. Ce sont ces services fédérés qui formeront le cœur même de Gaia-X et qui constituent la véritable plus-value pour les différents acteurs. »

« Enfin, nous allons jeter les bases des premiers espaces de données pour différents secteurs dont ceux de la finance, de l'énergie, de la mobilité, du voyage et de l'aviation. Cela permettra de remédier au problème de l'interopérabilité. D'ici la fin du premier trimestre, chacun de ces espaces de données disposera d'une feuille de route avec des cas d'utilisation. »

« Ce sont tous des domaines dans lesquels l'Europe est performante et qui nécessitent un partage de données plus efficace. La note de politique sera également adaptée aux spécifications de ces secteurs, telles que la législation très spécifique de lutte contre le blanchiment d'argent du secteur bancaire. »

Priorités belges

Quel rôle les entreprises belges peuvent-elles jouer dans Gaia-X?

« Tant les filiales belges des multinationales que les entreprises locales ont la possibilité de rejoindre l'écosystème. Environ 20 % des 750 milliards d'euros du plan de relance européen sont consacrés au développement du numérique. Nous disposons donc des ressources nécessaires pour donner à notre économie le coup de pouce dont elle a besoin. »

« Environ 20 % des 750 milliards d'euros du plan de relance européen sont consacrés au développement du numérique. Grâce à Gaia-X for Belgium, les entreprises peuvent participer à la définition des priorités pour l'industrie belge. »

Hubert Tardieu, CEO, Gaia-X

« Nous avons besoin d'un point de contact belge pour définir les domaines prioritaires pour l'industrie belge. C’est exactement ce rôle qu’endossera Gaia-X for Belgium. Les contributions ainsi obtenues nous permettront de définir les grandes lignes de la politique. À ce jour, très peu d'entreprises belges ont pris part au projet. Nous les encourageons donc à nous rejoindre. »

Vous souhaitez vous aussi contribuer à l'initiative Gaia-X ? Inscrivez-vous dès à présent à l'événement de lancement de Gaia-X.