La technologie donnera un nouveau visage au lieu de travail, à tout point de vue. Geert Ostyn, Vice President Technology & Operations de Picanol Group à Ypres, tient à mettre l'accent sur les collaborateurs : " Le plus grand défi, ce n'est pas la technologie qui nous arrive, mais c'est de veiller à ce que tous nos collaborateurs puissent participer à cette évolution. "


Un futur lieu de travail constitué uniquement de machines et de robots angoisse et rend incertains les travailleurs d'aujourd'hui et de demain. En préparation de l'Agoria Annual Event 2019 'Be the change', nous avons rassemblé différents experts autour de la table afin de baliser la voie vers le marché du travail en 2030 et de la concrétiser de manière proactive. Les idées de Geert Ostyn à ce propos étaient claires : " L'idée que les gens deviennent superflus n'est pas correcte. Si nous embrassons la technologie, personne ne doit en avoir peur. Nous relevons les défis avec des gens, et la technologie ne les remplacera pas, mais les épaulera. C'est une histoire d'inclusion, pas d'exclusion. "

"La quatrième révolution industrielle ne rend pas l'homme superflu, mais le soutient pour le savoir-faire qu'il possède."

Bienvenue dans " The Cube "

Pour rendre l'avenir tangible, Picanol Group, qui est spécialisé dans la fabrication de métiers à tisser, a installé un conteneur sur son site et l'a baptisé " The Cube ". Une manière conviviale pour oeuvrer à  l'usine du futur de concert avec tous leurs travailleurs. Par groupes de 4 à 6, ceux-ci partent à la découverte du box pendant une heure. Lucky, un robot blanc d'une cinquantaine de centimètres de haut, souhaite la bienvenue à tout le monde et explique avec force gestes tout ce qu'on peut y faire. " Ils peuvent jouer avec de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée, le cobot est à leur disposition, mais également des exosquelettes qu'ils peuvent essayer – s'ils en ont envie. Le dernier coin est occupé par une imprimante 3D ouverte avec laquelle ils peuvent imprimer eux-mêmes et suivre tout le processus. Entretemps, les travailleurs ont déjà proposé l'idée de ne pas commander un raccord défectueux, mais de l'imprimer, " raconte le responsable de Picanol. " Une visite à The Cube n'est considérée en aucun cas comme une formation. Ce qu'ils y apprennent, ils ne doivent pas l'appliquer sur le lieu de travail. En découplant ces aspects, nous supprimons cette pression (à la performance). La seule chose qui compte, c'est qu'ils peuvent voir la technologie, l'entendre, la toucher et la sentir. "

Les quatre applications sont expliquées à l'aide d'images de collègues qui les ont déjà mises en pratique. " Voir un collègue dans un exosquelette, permet de le rendre plus proche de son propre monde. L'exosquelette sera-t-il devenu courant chez nous d'ici trois ans ? Sans doute pas, mais ce n'est pas une raison pour ne pas laisser nos collaborateurs essayer cet équipement, " poursuit Geert Ostijn.

Pas de vaines promesses

Depuis 2017, le groupe façonne le projet global " Let's Make it Together " sur 3 piliers : investir dans un parc de machines tourné vers l'avenir, numériser l'usine et être une entreprise qui met l'accent sur l'homme. " The Cube en constitue un élément. Nous organisons aussi des journées portes ouvertes, nous invitons des conférenciers, nous engageons la discussion avec nos travailleurs, nous organisons des forums sur lesquels une section présente leurs nouvelles machines, et bien d'autres choses encore, " explique Geert Ostijn. " Lors de la présentation du projet, les travaux d'infrastructure étaient déjà bien engagés. Nous avons ainsi investi dans des toilettes, par exemple. Pourquoi cet endroit précis ? Parce que nos travailleurs les utilisent tous les jours et que nous entendons investir en eux. Dès le premier jour, ils ont remarqué le " changement ". Le ton était donné : ce n'est pas une histoire creuse avec de vaines promesses. "

Mission accomplie

Créer une acceptation, voilà ce qui, selon Geert, constitue un défi plus important que la technologie qui nous arrive. Geert insiste cependant sur le fait qu'il faut un certain temps pour amener un changement de culture. " Il s'agit d'un processus long et continu, dans lequel la diversité des personnes tient un rôle important. L'un de nos collaborateurs estimait qu'un exosquelette n'était pas en mesure d'alléger son travail. Mais quelque temps après, il nous demanda s'il pouvait en emprunter un pendant le week-end ; il voulait en effet peindre son plafond. À ce moment-là, je n'ai eu qu'une seule pensée : mission accomplie ! "

Nous sommes prêts

" Lorsque nous envisageons l'avenir, nous voyons un paysage qui change. Picanol Group est une entreprise de haute technologie dont 2 travailleurs sur 3 travaillent à Ypres, et ce n'est certainement pas parce que nous sommes le pays le moins cher pour produire. La technologie nous aide à ce faire, à condition que nous l'embrassions. À l'heure actuelle, la technologie n'est toujours pas utilisable à 100 %. Mais une fois qu'elle sera au point, nous serons tout à fait prêts à la mettre en oeuvre. "

Vous savez déjà comment vous allez vous y prendre avec le futur ? Venez participer le 22 mai à l'Annual Event d'Agoria dans le Docks Dome de Bruxelles et façonnez les jobs de demain. Inscrivez-vous dès maintenant via info.agoria.be/fr/bethechange.