«Après 100 ans, le secteur est encore très dynamique», estime Yves Verschueren, administrateur délégué de la fédération sectorielle essenscia et orateur lors de l'événement Forecasting 2020 d'Agoria. Dans un même temps, il souligne quelques évolutions internationales qui tempèrent l’enthousiasme belge. Il nous expose ici les principales lignes de force. Tout savoir sur le sujet ? Rendez-vous le 10 septembre 2019 au BluePoint Brussels. 


Plus tôt cette année, essenscia a soufflé ses 100 bougies. À cette occasion, la fédération a publié un livre anniversaire, mais c’est aussi le moment idéal pour analyser la situation actuelle et se projeter dans le futur. 

Yves Verschueren : "C’est en misant sur l’innovation que nous assurerons un avenir prospère."

Comment le secteur résiste-t-il face au fort ralentissement de la croissance économique en Belgique ?

Incroyablement bien. L'an dernier, 1.840 nouveaux emplois ont été créés - la meilleure performance de cette dernière décennie. Par ailleurs, les dépenses en R&D continuent de croître et notre pays a progressé à la 11e place au classement mondial des brevets dans la chimie, la pharmacie et les biotechnologies. Enfin, les récents méga-investissements d’acteurs internationaux renommés dans l’industrie pharmaceutique et le cluster chimique anversois sont un signe très évocateur.  

En quoi ces investissements sont-ils bénéfiques pour nos entreprises belges ?

Cela accroît fortement la réputation de notre région. Mais plus important encore : la combinaison d’investissements propres et d’investissements internationaux conduit à un écosystème unique. Les entreprises nationales ont accès aux toutes dernières technologies, opèrent à partir d'installations de pointe et sont très performantes, entres autres en termes d'efficacité énergétique, d'émissions de CO2 et de productivité. Et ce dans l’ensemble du pays. Il ne faut dès lors pas s’étonner du fait que la chimie et les sciences de la vie demeurent le secteur exportateur le plus important (pas moins de 33%).  

Quel est l’atout majeur du secteur ?

 Les investissements dans la R&D ont doublé en 10 ans et ont atteint un niveau record de 4,5 milliards d'euros l'an dernier. Résultat : nous enregistrons près de 2 nouveaux brevets par jour ouvrable. On le doit non seulement à l'industrie pharmaceutique, mais également à l'ensemble du secteur de la chimie. Cet accent mis sur l'innovation est connu bien au-delà des frontières nationales et a joué un rôle majeur dans notre croissance ces dernières années. 

Le commerce international fait face à des temps incertains. Comment voyez-vous les choses ?

Les tensions entre les États-Unis et la Chine dominent actuellement l'économie mondiale, mais j'espère une avancée rapide. Les entreprises américaines et chinoises souffrent également de cette guerre commerciale. Le recul de l'économie allemande lié au ralentissement de l’industrie automobile est plus problématique. Près d’un quart des exportations de notre secteur sont destinées à ce pays, ce qui en fait  l'un des clients les plus importants pour nos exportateurs du secteur de la chimie. Doublement dommageable, donc. Pourtant, les membres d’essenscia ne sont pas inquiets. Ces mouvements cycliques ne sont en effet pas nouveaux. 

La chimie jouera-t-elle encore un rôle économique important en Belgique à l'avenir ?

Plus que jamais. Les produits chimiques jouent un rôle clé dans divers domaines : du sport à la médecine en passant par les technologies de l’information. Les applications vont bien au-delà de ce que la plupart des gens imaginent. Au niveau des solutions écologiques, notre secteur va également jouer un rôle de premier plan, notamment pour l’énergie verte et les plastiques durables. Nous devrons apprendre à intégrer nos émissions de CO2 dans une approche circulaire. Il existe encore beaucoup d’opportunités à ce niveau, mais c’est en misant sur l’innovation que nous assurerons un avenir prospère. 

Au cours de l'événement Agoria Forecasting 2020, nous aborderons plus en profondeur les défis et opportunités économiques pour l’année prochaine. Vous saurez tout sur l'inflation, les prix des matières premières, les coûts salariaux et les coûts de l'énergie. Vous préférez des informations se rapportant à des secteurs spécifiques ? Pas de souci ! Outre la chimie et les sciences de la vie, les secteurs de la construction, de l'alimentation et des technologies de l’information seront également abordés. Rendez-vous le mardi 10 septembre à BluePoint Brussels.Inscrivez-vous ici.