Qu’en est-il de l’impact du COVID-19 sur les membres du Food Technology Club d’Agoria et leurs activités de développement commercial et de vente ? Entre la fin mars et début avril, nous avons recueilli les réactions de la plupart de nos membres, mais aussi de certaines entreprises intervenues lors de précédents événements : Danone, Barry Callebaut ou Lantmännen-Unibake.


Le 2 avril 2020, l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a publié des informations sur les perturbations au sein de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Tendance globale début avril : situation normale mais pour combien de temps encore ?

Perturbations au sein de la chaîne d’approvisionnement

  • Pas de problèmes majeurs au sein de la chaîne d'approvisionnement, mais les risques seront très élevés à partir de fin avril et en mai, en particulier pour les composants en provenance de la France/l’Italie/l’Espagne (fournisseurs de rang 2/3/4). Délais de livraison retardés de jusqu’à 4 à 6 semaines.
  • Certains fournisseurs locaux (en Flandre), entre autres, poursuivent leurs activités.
  • PCB et autres composants électroniques importés d’Asie de nouveau disponibles
  • Les entreprises alimentaires continuent de produire, mais l'approvisionnement en certains composants, comme les emballages, pourrait poser problème (par exemple, une entreprise belge de produits laitiers dispose encore de 15 jours d'emballage, après quoi...), de même que les coûts de transport (par exemple, hausse des coûts du transport par avion jusqu'à 300%).
  • Le taux d'absentéisme de 15 à 20% reste gérable, mais s’il se maintient, cela posera problème.
  • Il faut repenser la chaîne d'approvisionnement logistique.

Projets actuels et stratégiques : se poursuivent mais la prospection de nouveaux projets est très difficile

  • Les équipes de vente continuent à envoyer des offres aux clients actuels. La prospection de nouveaux clients est très difficile.
  • Pour certains membres : le carnet de commandes est plein jusqu'à fin septembre ou fin décembre.
  • Investissements : stratégiques : maintenus comme prévu. Non stratégiques : mis de côté.
  • Différence entre les sociétés cotées et les autres.
  • Les entreprises disposant d'une infrastructure numérique à valeur ajoutée tireront leur épingle du jeu.
  • Accent sur les changements de ligne de production en ligne afin de réduire le taux de rejet!
  • Solutions de maintenance à distance

Quelques bonnes nouvelles malgré tout :

  • Un premier « contrat de vente à distance » a été signé par un membre du Club avec un nouveau client rencontré lors de l'un de nos événements.
  • Nous avons mis en relation un membre du Club avec une grande entreprise belge d'ingrédients pour la boulangerie, qui a été invitée à envoyer une demande de prix.
  • Un troisième membre du Club est en attente de signature finale pour un 1er projet test avec un autre leader européen des produits de boulangerie surgelés.

Que se passera-t-il lorsque les affaires reprendront ?

  • Des questions se poseront concernant la priorisation de la gestion de projet. Le retard pris par rapport au calendrier devra être rattrapé pour tous les projets : comment gérer l’effet entonnoir ? Quid des pénalités ?
    Quid des déplacements au sein de l’UE pour les équipes techniques, commerciales, de vente, etc. ?
  • Les entreprises devront garantir à leurs travailleurs que toutes les mesures nécessaires ont été prises sur le lieu de travail. Il faudra rassurer les travailleurs !

Qu’en pensent nos précédents orateurs invités, tels que Barry-Callebaut, Danone et Lantmännen-Unibake ?

Barry Callebaut : la production se poursuit pour des clients tels que Nestlé, Unilever, Mondelez, etc. Starbucks revient à des volumes élevés.

Le « gourmet business » est en baisse.

Changement de comportement des consommateurs : accent sur les produits précuits.

Des sites web en ligne pour les boulangeries, etc., comme Bakeronline, en collaboration avec Puratos, qui est spécialisée dans les ingrédients pour la boulangerie et la pâtisserie, lancent un service gratuit pour aider les boulangers à créer une boutique en ligne.

Danone : Le taux d'absentéisme sur les lignes de production était de 30% à la mi-mars, mais il est revenu à 7-8% aujourd'hui.

Les produits Danone font partie des catégories Premium et Danone s’attend à une baisse du pouvoir d'achat des consommateurs dans quelques mois. Ils se tourneront vers les produits laitiers de magasins de hard discount comme Lidl ou Aldi.

Renforcement de la diversification des produits mais avec moins de SKU (Stock Keeping Units).

Lantmännen-Unibake : Les produits de boulangerie surgelés à travers leur service food ont un impact notable sur les usines belges (Londerzeel, Bruxelles et Mouscron) et les pâtisseries françaises, qui sont principalement destinées au service retail, ont moins d’impact.

Pas de problèmes de livraison de matières premières ? Pas d'arrêt de la production mais quelques inquiétudes pour leurs travailleurs français (50% dans l'usine de Mouscron) car les règles de confinement sont plus strictes en France.

La principale préoccupation est désormais la planification de la production car les produits ont une durée de conservation spécifique. Réflexion sur la base de scénarios « Et si... ? ».

 Enfin, voici quelques liens vers des articles pertinents :

de foodprocessing.com : cliquez ici

de VMTfood.nl : cliquez ici

de Nestlé : cliquez ici