Le chiffre d’affaires, les exportations et l’emploi des entreprises technologiques belges poursuivent leur croissance. Mais les entreprises peinent à trouver du personnel en suffisance. Marc Lambotte, CEO de la fédération technologique Agoria, souhaite avant tout mettre plus de gens à l’emploi.


« Il y a 130.000 jeunes entre 15 et 24 ans qui ne travaillent ni n’étudient. D’autre part, un problème se pose toujours aussi chez les 55-64 ans : ils sont en effet 750.000 à ne pas travailler. Il s’agit là d’une situation catastrophique pour le renforcement de notre sécurité sociale et de notre économie. » Il souligne notamment l’importance de la planification de carrière, du travail soutenable et des systèmes de rémunération plus flexibles.

Fin 2017, on estimait à 303.500 le nombre de personnes travaillant dans l’industrie technologique en Belgique, soit 5.000 de plus qu’un an plus tôt. Cette année, l’année prochaine et en 2020, quelque 2.000 emplois supplémentaires viendront s’y ajouter chaque année, selon Agoria. Entre 2015 et 2020, le secteur affichera ainsi un total net de 15.000 emplois supplémentaires.

Selon Agoria, il y a en outre 30.000 postes vacants cette année dans l’industrie technologique : 8.000 experts numériques (tels que consultants TIC), 15.000 profils techniques (comme des ingénieurs, des monteurs et des techniciens de maintenance) et 7.000 autres profils (management, logistique et vente, par exemple).

Durant la semaine écoulée, Agoria a mené une enquête auprès de 341 entreprises de l’industrie technologique : 272 d’entre elles (soit 79,8 % des réponses) ont déclaré éprouver des difficultés à recruter du personnel actuellement.

Marc Lambotte trouve inacceptable que tant d’entreprises soient à la recherche de collaborateurs alors que tant de personnes sont sans emploi. « Il y a 130.000 jeunes entre 15 et 24 ans qui ne travaillent ni n’étudient. D’autre part, un problème se pose toujours aussi chez les 55-64 ans : ils sont en effet 750.000 à ne pas travailler. C’est désastreux pour notre économie et pour le renforcement de notre sécurité sociale. » Il souligne notamment l’importance de la planification de carrière, du travail soutenable et des systèmes de rémunération plus flexibles. Pour Agoria, le nombre élevé de chômeurs de longue durée est également un problème à résoudre d’urgence. « Pour maintenir leur motivation et leur volonté de travailler au même niveau, nous pourrions activer les chômeurs, après un certain temps, dans un environnement de travail qui a du sens, comme du bénévolat, ou dans un programme de formation en vue de se recycler et d’acquérir de nouvelles compétences. Cela doit aider ces personnes à se réinsérer facilement sur le marché du travail », estime Marc Lambotte.

 

Vers un chiffre d’affaires de 129 milliards d’euros

 

L’analyse semestrielle de la conjoncture d’Agoria montre que le chiffre d’affaires des entreprises technologiques belges est en augmentation constante depuis 2014. L’an dernier, le chiffre d’affaires a augmenté jusqu’à près de 126 milliards d’euros, soit + 3,7 % par rapport à 2016. Pour cette année, Agoria prévoit une hausse de 2,5 % à 129 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires va surtout progresser dans la première transformation, les fonderies et les non-ferreux, ainsi que dans le commerce de gros ICT et les solutions IT (de 5 % dans chacune de ces branches).

 

Dans la première transformation, les fonderies et les non-ferreux, la hausse des cours des métaux en 2017 a entraîné une augmentation des prix de vente. Ce facteur s’est superposé à une forte reprise du volume d’activité. Les produits métalliques ont bénéficié de l’expansion de l’industrie et des investissements. Dans la fabrication des machines, la plupart des activités ont enregistré une forte croissance. La fermeture de Caterpillar a pesé au second semestre. Dans le secteur automobile, nous avons observé chez deux grands assembleurs une transition dans l’assemblage et un ralentissement de la demande de voitures particulières et de véhicules utilitaires. L’industrie aéronautique a quant à elle continué de croître. Le commerce de gros ICT et les solutions IT ont connu une croissance structurelle liée au développement des technologies numériques telles que Big Data, Industrie 4.0 et Internet des objets.

 

Exportations : hausse de 7 % les dix premiers mois de 2017

 

Durant les dix premiers mois de 2017, les exportations ont augmenté de 7 %, ce qui est comparable à la situation dans nos pays voisins. La croissance a été de 5 % en France, de 9 % aux Pays-Bas et de 2 % en Allemagne. En Europe, la Suède (20 %), la Pologne (20 %) et l’Italie (17 %) font figure de locomotives. Dans le monde, le Canada (45 %), la Russie (41 %), le Brésil (31 %), la Chine (23 %), l’Inde (13 %) et le Japon (12 %) affichent les plus fortes croissances. Au sein de l’Union européenne, la part de marché de la Belgique dans les exportations de produits technologiques vers le reste du monde se redresse lentement mais sûrement. Notre part de marché était encore de 4,23 % en moyenne en 2015, contre 4,27 % en moyenne au cours des 10 premiers mois de 2017. 

Record d’investissements

Les investissements dans l’industrie technologique ont atteint leur plus haut niveau en 10 ans. Tant en 2017 qu’en 2018, il s’agit d’un montant de 3,98 milliards d’euros. Le taux d’utilisation des capacités dans l’industrie technologique s’élève à 82,2 % en moyenne pour 2017. En 2014, la moyenne était de 80,4 %.

L’an dernier, les principaux investissements ont été réalisés dans le commerce de gros ICT et les solutions IT (+ 16 %) ainsi que dans l’automobile et les autres moyens de transport (+ 39 %).

Pour cette année, Agoria prévoit une croissance nulle des investissements dans l’industrie technologique globale, avec toutefois une baisse des investissements dans la première transformation, les fonderies et les métaux non ferreux (- 7 %), dans les produits métalliques (- 8 %) et dans l’automobile et les autres moyens de transport (- 14 %).

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