Rapide, précis et efficace, le nouveau 'scan scooter' à Bruges fournira des informations sur la qualité de l'air, le comportement de stationnement et l'occupation des parkings.


Pourriez-vous nous en dire plus sur ce projet ? Quel était votre objectif et quel est le résultat final ?

Renaat Landuyt, bourgmestre de Bruges : "Durant cette législature, nous avons lancé un nouveau plan de mobilité prévoyant une modification de la politique de stationnement. Les emplacements de parking situés en surface étaient souvent occupés toute la journée par les nombreux visiteurs, travailleurs et touristes, au détriment des habitants de la ville. De plus, le disque de stationnement était souvent utilisé de manière non réglementaire et la rotation était donc trop faible".

"Malgré le parking par SMS ou via l'application, force était de constater que le contrôle demeurait relativement inefficace. Les surveillants des zones de stationnement se déplaçaient à pied et rentraient les numéros de plaque manuellement, d'où un faible taux de contrôle et une marge d'erreur élevée. Suite au nouveau plan de stationnement lancé en février 2017, et à la multiplication par deux du nombre d'emplacements de parking à contrôler (environ 15.000), il nous est apparu nécessaire de contrôler de manière plus efficace".

"C'est pourquoi nous avons décidé d'utiliser un "scan scooter" permettant un contrôle plus précis, plus rapide et plus efficace. En outre, les données recueillies peuvent ensuite être réutilisées de différentes façons, afin de cartographier le comportement de stationnement et de mesurer et évaluer l'impact de la politique de stationnement. Cela nous permet par exemple de déterminer le taux d'occupation, le groupe cible, les pics et les creux de stationnement, l'impact des changements tarifaires, l'historique de stationnement, etc.".

De quel aspect du projet êtes-vous le plus fier ?

Renaat Landuyt : "Bruges est la première ville belge à utiliser un scan scooter pour contrôler les zones de stationnement. Les automobilistes ont davantage tendance à payer et le gain en termes d'efficacité est très important pour notre ville : des contrôles plus rapides et plus précis et une mine de nouvelles informations utiles".

"Nous constatons qu'une technologie intelligente peut, à elle seule, avoir un impact considérable sur la ville : nos planificateurs de mobilité disposent d'une meilleure vue d'ensemble du comportement des automobilistes et nous pouvons ainsi adapter nos tarifs et réglementations en fonction, de manière à mieux orienter la mobilité en ville. Cela nous permet également de suivre et de mesurer plus rapidement l'impact des décisions. Grâce à cette technologie, davantage d'emplacements sont disponibles pour les habitants et cela contribue également à une amélioration de la qualité de l'air pour tous ".

Quelles sont les prochaines étapes ?

Renaat Landuyt : "Pour l'instant, cette technologie n'est utilisée que pour le contrôle effectif du stationnement, mais nous souhaitons poursuivre son déploiement dans un avenir proche. Ainsi, un module de calcul est en cours de développement et nous permettra d'utiliser les données anonymes des voitures stationnées afin de disposer en continu d'un aperçu de la demande de stationnement dans les rues de la ville".

"Ces données "historiques" nous permettront par ailleurs de faire des prévisions quant au nombre d'emplacements libres et occupés dans une rue déterminée. Ces données pourront également être ouvertes afin d'aider les automobilistes à trouver plus facilement un emplacement libre en centre-ville. Nous souhaitons aussi examiner comment cet outil pourrait encore être développé davantage pour améliorer les décisions et la vision concernant l'utilisation des places et de l'espace. En équipant le scan scooter de capteurs, nous pourrions en outre mesurer la qualité de l'air en temps réel".

De manière générale, quelle importance le thème de la ville intelligente revêt-il pour Bruges ?

Renaat Landuyt : "Bruges opte délibérément pour des innovations et solutions technologiques sur mesure, rendant plus agréable la vie au sein de notre ville. Dans le cadre du projet "Huis van de Bruggeling", par exemple, nous misons très fortement sur le travail numérique et les services numériques".

"Nous relions directement les données que nous collectons chaque jour à la politique. Nous allons même encore plus loin : en ouvrant ces données, nous pouvons interagir avec nos entreprises. Nous organisons chaque année un "city hack" dans le cadre duquel nous mettons des entreprises et étudiants face à un défi urbain et les laissons relever celui-ci en leur fournissant les données nécessaires. Nous participons également au projet Smart Flanders, un programme de soutien des autorités flamandes pour des données ouvertes en temps réel au sein des autorités locales. Nous innovons pour et avec nos citoyens, entreprises et visiteurs".

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