Vous devez vous rendre à l'hôpital prochainement ? Dans ce cas, il est possible que l'on vous demande au préalable de répondre à quelques questions par voie électronique, via Bingli, afin de préparer et d'optimiser votre consultation. Dans le cadre de notre série estivale sur les Healthtech Innovators, nous sommes allés à la rencontre de Tom Van De putte, co-fondateur de Bingli. La mission de Bingli ? " Make consultations great again ".


Saviez-vous qu'en Belgique, un médecin dispose de quinze minutes en moyenne avec son patient ? Aux Pays-Bas, ce temps ne dépasse pas 9 minutes, en Allemagne 7 minutes et dans de nombreux autres pays, il ne dépasse pas 4 minutes, voire moins. Par conséquent, lorsque les patients ne sont pas correctement préparés ou ne vont pas directement droit au but, cela génère de la frustration et de l'impatience, tant du côté du médecin que du patient. " Il s'agit dès lors de tirer le meilleur parti du temps limité dont on dispose, " déclare Tom Van De putte. " Or, la collecte d'informations occupe une grande partie de la consultation à l'heure actuelle. Et ce, alors que cette collecte pourrait parfaitement être effectuée à l'avance, par voie numérique, de manière à ce que le médecin dispose de suite des informations adéquates. "

"Dans les soins de santé, l'intelligence artificielle a toujours été complémentaire à l'aspect humain. Notre but n'est pas de remplacer la consultation physique entre le médecin et le patient mais de la préparer."

Tom Van De putte, CEO Bingli

Bingli est un agent conversationnel, ou chatbot, qui prépare le patient à sa consultation chez le médecin en recourant à l'intelligence artificielle. " Nous capturons la manière dont les médecins raisonnent au moyen d'algorithmes, ce qui nous permet de poser les bonnes questions au patient. "

La version robot de Dr House

Les questions, toujours au nombre de 10, ne sont pas déterminées à l'avance mais calculées en fonction des réponses données par le patient. " La technique que nous utilisons à cet effet est le 'raisonnement diagnostique différentiel', " poursuit Van De putte. " Nous calculons les diagnostics possibles sur la base des informations que nous obtenons. La liste ne cesse de s'affiner au fil de l'entretien. À la fin de l'entretien, nous disposons d'un bon aperçu des diagnostics possibles. Le médecin peut ensuite utiliser cette liste comme un outil d'aide à la décision. Lorsque le temps est compté, par exemple aux urgences, il est particulièrement utile de disposer d'un diagnostic différentiel. Chaque liste contient au minimum 5 diagnostics possibles et peut aller jusqu'à 20. Cela permet d'élargir la vision du médecin sur le paysage diagnostique. " Selon l'application, l'entretien est proposé dans 3 à 15 langues différentes, ce qui facilite encore le transfert d'informations du patient au médecin. Le patient répond aux questions dans sa langue maternelle et le médecin lit les réponses dans sa propre langue.

Pas une consultation virtuelle mais une consultation physique optimisée

" Dans les soins de santé, l'intelligence artificielle a toujours été complémentaire à l'aspect humain, " souligne Van De putte. " Notre but n'est pas de remplacer la consultation physique entre le médecin et le patient mais de la préparer. Le manque de temps ne laisse que peu de place à l'empathie. Pour redonner plus de place à l'empathie, il est donc nécessaire de disposer de davantage de temps, et c'est précisément ce que permet l'application en posant la majeure partie des questions à l'avance. Interroger le patient à l'avance lui permet par ailleurs d'être mieux préparé à la consultation et plus impliqué lors de celle-ci. Il écoute davantage le médecin et se souvient mieux par la suite des informations communiquées. Cela permet également de passer plus de temps à discuter du diagnostic ou du traitement qu'à collecter des informations sur le patient. "

Efficacité et création de valeur

L'hôpital universitaire d'Anvers (UZA), l'AZ Alma d'Eeklo et l'hôpital du Limbourg oriental (ZOL) ne sont que quelques-uns des hôpitaux au sein desquels l'application Bingli sera déployée à partir de septembre. " Pour un hôpital ou un spécialiste, nous pouvons créer une valeur significative en ce qui concerne le tri des patients, " déclare Van De putte. " Les médecins spécialistes en orthopédie et les neurochirurgiens n'opèrent que 50% à peine des patients qu'ils reçoivent en consultation. Cela signifie que l'autre moitié des patients ne devraient pas être là, ont été mal orientés ou ont pris rendez-vous eux-mêmes, avec de longs délais d'attente à la clé. Nous pouvons éviter cela en retraçant l'anamnèse au préalable. À partir de là, nous pouvons évaluer si le patient se rend bien chez le médecin adéquat. "

Il en découle même un deuxième avantage. En effet, les infirmiers qui s'occupent actuellement du tri des patients pourront être déchargés de cette tâche administrative et consacrer plus de leur temps précieux à s'occuper des patients. Enfin, l'application permet aussi de réaliser un gain d'efficacité notable au moment de compléter le dossier médical. " Aujourd'hui, 800 personnes sont occupées à temps plein à générer des codes à partir des lettres de sortie des médecins, " explique Van De Putte. " Nous le faisons au moment où les informations sont recueillies. Cela pourrait permettre de supprimer 800 emplois d'encodeurs et d'en recréer autant dans les soins de santé. Mieux qu'un win-win, donc ! "

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