Pourquoi les Pays-Bas affichent-ils une meilleure compétitivité, des coûts salariaux plus bas, une croissance rapide de leur part de marché, des dépenses publiques inférieures et un taux d'emploi plus élevé que nous ?


Plusieurs éléments temporaires ont provoqué un ralentissement dans le secteur technologique en 2018. Afin de sauvegarder et améliorer la performance et la compétitivité des entreprises belges, et créer encore davantage d'emplois, Agoria souhaite éliminer le handicap des coûts salariaux, moderniser le marché du travail, préparer la transformation numérique, mener une politique d'innovation  axée sur les entreprises et investir dans les infrastructures pour les télécoms, l'énergie et la mobilité. Pour une partie de ces objectifs, Agoria souhaite s'inspirer du modèle néerlandais.

La fermeture de Cartepillar a pesé sur les chiffres du secteur durant la première moitié de 2018, de nouveaux modèles ont été lancés chez Audi et Volvo, plusieurs grandes entreprises ont été confrontées à des incidents ou retards de production et les cours de certains métaux se sont inscrits en recul. Tous ces éléments ont entraîné un ralentissement de la croissance du chiffre d'affaires dans le secteur technologique.

Pour 2019, Agoria se montre plus positive. Il y a d'abord la croissance du chiffre d'affaires et des investissements des entreprises. Les entreprises de l'industrie technologique belge demeurent également confiantes sur ce point. Le carnet de commandes continue de soutenir le chiffre d'affaires, mais s'inscrit en recul depuis l'été 2018. Parmi les risques pouvant exercer une influence négative, citons un Brexit s'effectuant dans le désordre, une escalade de la guerre commerciale, un nouveau ralentissement de la croissance économique en Chine et l'impact de la directive WLTP dans l'automobile (car labelling).

Du 'tax shift' au 'tax cut'

Dans l'ensemble, Agoria note cinq années d'expansion pour l'industrie technologique belge, grâce à une légère diminution de notre handicap des coûts salariaux. Nous avons réalisé un chiffre d'affaires plus important, les investissements ont enregistré un pic, des emplois ont été créés, y compris dans les secteurs manufacturiers, et la perte de parts de marché a été endiguée, sans toutefois qu'une amélioration soit notée à ce niveau. " Le travail de nos gouvernements est loin d'être terminé ", prévient Lambotte à quatre mois des élections. Il plaide en faveur d'un 'tax cut' plutôt qu'un nouveau 'tax shift'. " Au lieu de permuter les impôts entre eux, nous devons surtout continuer à les faire baisser, afin d'améliorer notre position concurrentielle en réduisant le handicap des coûts salariaux, en rétablissant notre part de marché à l'exportation, pour permettre ainsi à nos entreprises de créer du travail. Ce dans l'intérêt de nos entreprises ET de leurs collaborateurs. "

Pour ce faire, Lambotte prend surtout l'exemple des Pays-Bas. " Pourquoi les Pays-Bas affichent-ils une meilleure compétitivité, des coûts salariaux plus bas, une croissance rapide de leur part de marché, des dépenses publiques inférieures et un taux d'emploi plus élevé par rapport à la Belgique ? Le handicap des coûts salariaux du secteur privé, comparé à la zone euro, est plus de deux fois plus élevé en Belgique qu'aux Pays-Bas. La part de la Belgique dans les exportations européennes de produits technologiques est plus de deux fois moins élevée qu'aux Pays-Bas. Notre dette historique pèse deux fois plus sur les finances publiques. Les dépenses de chômage et de pension exprimées en pour cent du PIB sont également plus élevées en Belgique qu'aux Pays-Bas. Dans un même temps, les Pays-Bas affichent des dépenses publiques moins élevées et un taux d'emploi supérieur ", souligne Marc Lambotte, CEO d'Agoria.

Ce n'est donc pas un hasard si les Pays-Bas possèdent une position concurrentielle nettement plus favorable. Dans le Global Competitiveness Index du Forum économique mondial, notre pays se trouvait à la 21e place l'année dernière, contre la 6e place pour les Pays-Bas. Au World Competitiveness Ranking 2018 de l'IMD, notre pays figure à la 26e place et nos voisins du nord à la 4e.  Enfin, dans le Global Innovation Index 2018, les Pays-Bas occupent la deuxième place et la Belgique l'avant-dernière. "Il est donc grand temps de mener une politique d'innovation plus axée sur les entreprises ", conclut Lambotte.

Augmentation du chiffre d'affaires, des investissements et de l'emploi

Le chiffre d'affaires, les investissements et l'emploi continuent de progresser dans les entreprises technologiques belges. Les entreprises ont peine à trouver suffisamment de personnel. Marc Lambotte souhaite surtout que davantage de personnes soient au travail. " Il y a 130.000 jeunes entre 15 et 24 ans qui ne travaillent ni n'étudient. D'autre part, un problème se pose toujours aussi chez les 55-64 ans : ils sont en effet 750 000 à ne pas travailler. S'il y a bien quelque chose qui est désastreux pour le renforcement de notre sécurité sociale et de notre économie, c'est cela. " À cet égard, il souligne notamment l'importance de la planification de la carrière, du travail faisable et de systèmes de rémunération plus flexibles.

Fin 2018, l'industrie technologique occupait 306 491 travailleurs, soit 3000 de plus qu'en 2017. Agoria s'attend à ce que ce nombre passe à 310 841 d'ici la fin de cette année. Entre 2015 et 2020, le secteur affichera ainsi un total net de 15 000 emplois supplémentaires.

Les analyses conjoncturelles semestrielles d'Agoria révèlent que le chiffre d'affaires des entreprises technologiques belges progresse de manière ininterrompue depuis 2014. L'année dernière, le chiffre a atteint près de 129,1 milliards d'euros, soit une hausse de 10,5 pour cent par rapport à 2014.

Cette année, le chiffre d'affaires augmentera principalement dans les solutions IT (5 pour cent), la construction mécanique (3 pour cent) et les produits métalliques (2 pour cent). Dans le commerce de gros TIC, par contre, il faut s'attendre à un recul de 2 pour cent. Les investissements dans l'industrie technologique se situent à leur niveau le plus élevé depuis 10 ans : 4,186 milliards d'euros, soit une hausse de 472 millions d'euros depuis 2014.

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