Agoria souhaite que la Belgique déploie rapidement le programme de relance de l'UE. "C'est un bon plan. Ne tombons pas dans des discussions sur 'quelle région ou quel pays' pourra attirer les quelques derniers millions. Soyons le pays qui met en œuvre les plans le plus rapidement. Par exemple, le fonds de relance plaide pour le développement rapide de réseaux 5G, pourtant nous n'y sommes toujours pas. Il est également temps que la Belgique assume enfin son mandat au sein de la Banque européenne d'investissement", déclare Bart Steukers, directeur Context d'Agoria.


La fédération technologique Agoria s'intéresse au fonds de relance européen de 750 milliards d'euros, car les nouveaux projets doivent être en accord avec les priorités européennes en matière d'écologie, de numérisation et de résilience de l'économie. De plus, il existe de nombreuses opportunités pour notre pays. Par exemple, l'UE mise sur une vague de rénovation des bâtiments, le déploiement de projets d'énergie renouvelable (en particulier l'énergie éolienne et solaire et le lancement d'une économie propre de l'hydrogène en Europe), des transports et une logistique plus propres (notamment l'installation d'un million de points de recharge pour les véhicules électriques et une relance du trafic ferroviaire). Dans le même temps, l'UE veut renforcer le marché intérieur et s'adapter à l'ère numérique. Nous devons investir dans une connectivité plus importante et de meilleure qualité, en particulier dans le déploiement rapide de réseaux 5G. "Ainsi, les tracasseries, chez nous, autour de la 5G devraient s'arrêter pour de bon", estime Bart Steukers.

La reprise économique passe aussi par la hausse des compétences numériques. Le programme de relance d'Ursula von der Leyen se concentre sur un programme de compétences pour faire en sorte que tous les Européens soient numériquement éduqués. "Un programme pour les compétences en Europe et un plan d'action pour l'éducation numérique garantiront que tous les citoyens de l'UE possèdent des compétences numériques".

Ce 27 mai, Agoria lançait un nouveau programme pour aider les entreprises et les travailleurs avec la numérisation. Willy Borsus, Hilde Crevits et Bernard Clerfayt, les ministres wallon, flamand et bruxellois de l'économie ou de l'innovation, sont les parrains et marraine du projet, dont le "DigiSkills Passport" fait partie. C'est la première fois que ces ministres s'associent pour donner un coup d'accélaration à la digitalisation, et ce sans un euro de subvention.

Après l'appel de von der Leyen, Agoria donne maintenant à chacun dans notre pays la possibilité de créer un "DigiSkills Passeport " personnel. Sur une plateforme en ligne, vous avez un aperçu de vos compétences numériques. Vous pouvez découvrir à quel niveau une formation complémentaire est nécessaire à court terme afin de rester à jour. Vous aurez également une idée des attentes concernant votre profil d'ici 2030. Ce passeport devrait devenir un document standard qui permet de montrer aux autres quelles sont vos compétences numériques.

Bart Steukers : "Mais pour atteindre ce rythme, il faut plus que des compétences et un réseau numérique. En tant que pays, nous devons travailler sur notre réseau humain, notamment au sein de la Banque européenne d'investissement, où nous devons de toute urgence assumer notre mandat. En effet, cette banque accorde désormais des prêts supplémentaires aux pays européens, mais la Belgique n'a pas réussi à nommer de vice-président depuis plus de deux ans. Notre pays a pourtant beaucoup de gros dossiers en suspens auprès de la Banque européenne d'investissement (dont Oosterweel) et nous pouvons également financer de nouveaux prêts dans le cadre du fonds de relance. Cela représente des milliards d'euros pour notre industrie, et aucun Belge n'y veille."