Maintenant que le télétravail est la règle, beaucoup de personnes font également de leur habitation leur lieu de travail. Cela requiert plus de chauffage, de conditionnement d’air, de ventilation, d’éclairage,... On recherche plus de confort, mais il convient dans un même temps de veiller à que cela n’entraîne pas une hausse des gaz à effet de serre. Comment y parvenir, alors que plus de nonante-cinq pour cent des habitations doivent être rénovées ou reconstruites pour répondre à la « norme de neutralité climatique »?


Cette question est à la base d’une étude que Johan Albrecht, professeur et docteur en économie à l’Université de Gand, a réalisée à la demande de la fédération technologique Agoria. Le professeur Albrecht a étudié les obstacles financiers aux rénovations climatiques et de confort. L’étude a été présentée aujourd’hui en présence de la ministre flamande de la Justice et du Contrôle, de l’Environnement, de l’Énergie et du Tourisme Zuhal Demir.

La Flandre est confrontée à l’important défi de la réduction des émissions de gaz à effet de serre de ses bâtiments de près de 30 pour cent. Représentant près de quatre-vingt pour cent, le logement est de loin la principale source d’émissions de gaz à effet de serre provenant des bâtiments. Cependant, les résultats de l’étude montrent que la rénovation climatique ne coule pas encore de source. Quelque quarante à cinquante pour cent des propriétaires actuels ne possèdent pas les moyens financiers leur permettant de rendre leur habitation compatible avec les objectifs climatiques. Cette situation préoccupe tout particulièrement Agoria. La fédération technologique estime qu’une approche politique axée sur les groupes cibles, un travail à la fois sur le confort et la neutralité climatique et veiller à ce que l’habitat climatiquement neutre soit récompensé constituent les trois principaux facteurs de succès d’un parc d’habitations neutre sur le plan climatique.

Peter Demuynck, directeur général d’Agoria Vlaanderen : « La stratégie flamande en matière de rénovation y répond déjà bien en rendant la rénovation climatique aussi attrayante que possible au moment de l’acquisition du logement. Cette stratégie se classe donc parmi le top trois en Europe selon le BPIE, un centre d’études européen indépendant pour les bâtiments. Afin de convaincre les propriétaires actuels, Agoria entrevoit des opportunités dans le plan de relance flamand. Pour les propriétaires possédant le budget nécessaire et l’envie de réaliser une rénovation climatiquement neutre, on pourrait par exemple délivrer un certificat de performance énergétique et de bonnes explications concernant les solutions possibles. Les propriétaires ne possédant pas un budget suffisant pour recourir à des technologies neutres sur le plan climatique devraient pouvoir bénéficier d’un financement complémentaire, le risque étant couvert par les pouvoirs publics.

Selon Agoria, il demeure important de souligner que rendre une maison plus neutre sur le plan climatique fait non seulement baisser les factures d’énergie, mais augmente également considérablement le confort. Les technologies de construction telles que le chauffage, le conditionnement d’air, la ventilation, la domotique, l’éclairage et la protection solaire offrent de telles solutions. Par exemple, pour assurer la bonne température à votre lieu de télétravail durant toute l’année. Ou pour vous procurer un air sain chez vous. En recourant à des énergies renouvelables, l’application de ces technologies est en outre rendue climatiquement neutre.

« Il est important de prendre conscience du fait que des logements climatiquement neutres se vendront également mieux à long terme. Il vaut dès lors la peine de vérifier quel est le degré de neutralité climatique de votre habitation et de bien vous informer sur les solutions technologiques possibles. Dans un premier temps, vous pouvez vous rendre sur le site du Woningpas pour savoir quelles informations sont disponibles concernant votre habitation. Non seulement pour bénéficier d’une vie plus confortable maintenant, mais aussi pour faire en sorte que votre habitation conserve sa valeur sur le long terme », conclut Peter Demuynck.