Le vendredi 3 février, l’Agoria Energy Technology Club a organisé, en collaboration avec le SPF Économie, PME, Classes moyennes et Énergie, la 3e édition du World Energy Outlook (WEO). Quels sont les défis inhérents au passage à l’énergie renouvelable ? Et quelles sont les nouvelles opportunités que présente cette transition ? Dr. Fatih Birol, Executive Director de l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), a donné, dans le style engagé qui lui est propre, un aperçu des principales tendances sur le marché de l’énergie.


WEO #TakeAways

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(In)Sécurité énergétique ?

  • Le Moyen-Orient affiche la production de pétrole la plus élevée depuis les années 1970. Mais l’instabilité de la région place la sécurité énergétique face à un premier grand défi.

  • Les États-Unis ont clairement fait le choix du pétrole et veulent devenir indépendants des importations de pétrole, ce qui implique une augmentation de leur production intérieure. D’une part, les importations vont donc diminuer sous l’effet de la politique menée et d’autre part, la baisse de la demande va également découler de la transition inévitable vers les énergies renouvelables.

  • Au sein de l’UE, l’accent est davantage mis, contrairement aux États-Unis, sur le gaz pour le chauffage et la production d’électricité. Le nombre de ménages a augmenté de 20 %, mais la consommation de gaz n’a pas suivi cette tendance. Au contraire, la part du gaz a reculé grâce à des normes plus efficaces et à une meilleure isolation des bâtiments.

  • Aujourd'hui, 20 % de la population mondiale (en Afrique, en Inde...) n’a toujours pas accès à l’électricité.

    La sécurité énergétique demeure l’un des plus grands défis. Le nombre de régions vulnérables croît, mais c’est également le cas des instruments pour remédier à ce problème. Transition vers les voitures électriques, passage aux énergies renouvelables, amélioration de l’efficacité,... Et parallèlement, les autorités ont un rôle important à jouer, notamment en faisant de cette thématique une priorité politique.

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Marché du pétrole : bientôt la fin ?

Ce marché est soumis à des changements majeurs. Après que l’OPEP a décidé de réduire sa production, on a enregistré en 2015-2016 le nombre le plus bas de projets approuvés depuis 1950. Si les investissements restent également à ce faible niveau en 2017, un écart va apparaître entre l’offre et la demande, ce qui aura à nouveau un impact sérieux sur le prix du pétrole.

Faut-il y voir la fin du pic enregistré par les stocks ? Malgré l’essor des énergies renouvelables, la demande de pétrole va continuer de croître. Cette croissance est à attribuer au secteur du transport (camions, avions et transport maritime) et à l’industrie pétrochimique. Pour ces secteurs, il n’existe que peu ou pas d’alternatives.

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Le gaz et le charbon pas encore enterrés

La part du LNG a augmenté de pas moins de 30 %. Ce bond provoque une deuxième révolution gazière et exerce un impact important sur les prix et les contrats.

Le charbon demeure lui aussi un marché très important. La Chine représente la moitié de ce marché, bien que la demande ait baissé dans ce pays ces deux dernières années. La demande est également en hausse en Inde ainsi que dans d’autres pays de l’Asie du sud-est. Le charbon constitue l’alternative la moins coûteuse pour l’électricité qui n’y est pas disponible.

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L’énergie renouvelable, le carburant nouveau

La part des énergies renouvelables dans la croissance totale de la nouvelle production d’électricité en 2015 a été supérieure à celle du charbon, du gaz, du pétrole et de l’énergie nucléaire pris ensemble. Et la Chine a pris la position de leader de l’Europe en tant que principal producteur et exportateur. Selon le scénario généralement accepté, une politique énergétique forte va contribuer à ce que le photovoltaïque et l’éolien représentent 37 % de la production d’électricité en 2040. Selon un 2e scénario, cette part atteindrait même près de 60 %.

Mais pour que celui-ci se concrétise, il faut à nouveau qu’il puisse s’appuyer sur une politique énergétique forte. Les autorités doivent miser clairement sur le renouvelable. L’avenir de ce segment en dépend totalement.

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Accord sur le climat de Paris : plus qu’un cadre ?

L’accord de Paris est une réponse diplomatiquement parfaite aux énormes défis que nous devons relever. Mais son impact dépendra de nos décideurs. Ils doivent saisir la balle au bond et traduire les objectifs de Paris dans une législation bien ficelée et dans des actions concrètes.

Intéressé(e) par les slides de la présentation des World Energy Outlook? Demandez-la à Patricia Desmeth!